Paru fin 2007 chez L'Échappée, maison d'édition basée à Paris, La Tyrannie Technologique est un livre important regroupant quatre textes.
S'appuyant sur les travaux de penseurs de la technique comme Jacques Ellul, Ivan Illich, Günther Anders, Bernard Charbonneau, Lewis Mumford et Paul Virilio (entre autres), ils reprennent le grand axe de cette critique : la technique comme système s'auto-déployant de façon partiellement autonome, en accélération, colonisant des secteurs toujours plus vastes de la réalité humaine et naturelle, au-delà des capacités d'intervention des principaux systèmes politiques actuels qui ne se présentent que comme des dispositifs d'accompagnement et de régulation... au plus près, au sens figuré comme au sens propre à l'ère des nanotechnologies et de leurs capacités de surveillance.

L'illusion d'une technique neutre, dont les conséquences ne seraient jugeables qu'en fonction de l'utilisation qui en est faite par les hommes, doit être dénoncée ("Peut-on bien se servir d'une bombe atomique ?"); l'illusion d'une histoire linéaire et progressiste, allant d'un Moyen-Âge obscurantiste à la modernité triomphant dans les lumières de la connaissance, également (le livre cite Ivan Illich qui rappelait judicieusement que l'on passe toujours autant de temps dans les systèmes de transport aujourd'hui qu'au Moyen-Âge : seules les distances parcourues ont augmenté). Comme l'indique la quatrième de couverture de l'ouvrage, "les technologies contemporaines préparent et organisent un monde fondé sur la vitesse, l'immédiateté, la superficialité, le profit et la mort."
