L'Arche de Zoé : "l'Esprit Sapeur-Pompier"
Par W. Nepigo le jeudi 1 novembre 2007, 01:04 - développement/humanitaire - Lien permanent
Un extrait du rapport-récit des activités de l'ONG en Indonésie, sous le sous-titre l'"Esprit Sapeur-Pompier", donne une première indication.
" L’action humanitaire d’urgence au profit des victimes de grandes catastrophes naturelles est une activité qui ne s’improvise pas.
La dimension très particulière du Tsunami a fait intervenir plusieurs centaines d’organisations sur le terrain dans une certaine confusion. Entre les grandes institutions faisant preuve de lenteur et d’inertie à se mettre en action et les petites associations inexpérimentées n’arrivant pas à « trouver leur place », L’Arche de Zoé a su, dès les premiers jours, se rendre efficace et apporter une aide concrète et précieuse aux victimes.
L’état d’esprit Sapeur-Pompier qui anime L’Arche de Zoé a en effet permis de cibler très rapidement les priorités et de définir un plan d’action cohérent entre les besoins réels des victimes et les ressources disponibles sur place.
C’est un enseignement qu’il ne faudrait jamais oublier, quelque soit les réussites auxquelles une ONG ou une institution humanitaire peut prétendre, elle doit savoir faire preuve de cœur, de sincérité et rester suffisamment humble pour prendre en compte les besoins réels des personnes dans la détresse. Certaines institutions devraient avoir l’honnêteté de donner la priorité à l’action sur le terrain au service des victimes plutôt qu’à leur gestion financière, cela ne pourra que faire honneur à leurs donateurs et à leurs partenaires.
L’éthique et le sens du devoir des Sapeurs-Pompiers, tout comme leur devise « Courage et dévouement », devraient être les maîtres mots de toute ONG qui se respecte."
On sent l'exaspération de qui a déjà été confronté à une situation d'urgence et constaté que les grandes ONG internationales ont des intérêts propres en-dehors des victimes. Je comprends vraiment bien ce reproche : on ne peut pas demander à une structure internationale de milliers de personnes d'agir à l'échelle d'une seule, l'empathie est dépassée par un sentiment de distanciation plus professionnel (sans lequel il n'est peut-être pas possible de supporter psychiquement une telle accumulation de situations traumatisantes). Cela détermine les relations sur un mode très utilitaire, brutal, que l'on peut retrouver en Europe chez les infirmières quand, et c'est souvent le cas, elles ont la charge de trop de patients en même temps. C'est aussi ce qui explique que j'aie entendu parler d'exclamations satisfaites dans le bureau d'une grande ONG française à l'annonce de telle ou telle catastrophe humanitaire : les affaires reprenaient. J'en avais conclu, pour ma part, à la nécessité de ne plus chercher à travailler dans le développement (ce n'était pas la seule raison). Éric Breteau et ses collègues en ont tiré une conclusion inverse : ils feraient de l'humanitaire à leur manière, directement.
Les images tournées par Marc Garmirian, le reporter de l'agence CAPA qui suivait les membres de l'ONG (et a été emprisonné avec eux) montrent des images de personnes sincères. Tellement sincères qu'elles livrent le projet à nu, dans toutes ses failles. Non, ils ne sont pas sûrs que tous les enfants sont orphelins. Oui, les enfants sont mieux avec eux que dans leur village, parce qu'ils y sont pauvres et en mauvais état sanitaire. Non, pas de problème de conscience avec ça. Au journaliste qui leur fait remarquer qu'ils s'assoient sur les règles internationales, une première jeune fille répond : "Pourquoi? Quelles règles?..." Un homme (assez jeune, le crâne ras, le même que sur les photos d'Indonésie; Éric?) prend la parole et enchaîne, très animé : "Ce ne sont pas des règles! Ce n'est pas parce que les autres sont frileux, ce n'est pas parce que les autres ne font rien et laissent mourir des gens qu'ils suivent les règles! Qui dicte les règles?"
Eux, en tout cas, n'ont considéré que les leurs, n'hésitant pas à mentir quand cela les arrangeait, la fin justifiant les moyens ("ils meurent!"). On imagine l'énergie qu'il a fallu mobiliser pour monter un projet pareil, le budget qu'il a fallu réunir (plus de 500.000 euros), les personnalités qu'il a fallu corrompre pour qu'elles ferment les yeux (l'avion qu'ils avaient loué disposait d'un plan de vol officiel...). Éric Breteau, en plus d'être pompier, est président de la Fédération française de 4x4, ce qui lui a sans doute permis de recueillir le soutien d'Hubert Auriol, ancienne gloire française du Paris-Dakar. De l'allant, donc, beaucoup d'énergie et un tempérament de justicier motorisé. C'est typiquement sur ce genre d'indignation baroudeuse qu'est né MSF, il y a près de 35 ans.
Mais le 4x4 n'est décidément pas un engin sensible : l'Arche de Noé a accumulé les erreurs. Des familles françaises engluées dans les terribles procédures d'adoption internationales (il faut compter des années de démarches) y ont vu l'opportunité de court-circuiter, peut-être, les étapes qui les séparaient de leur rêve d'enfant. Des intermédiaires ont probablement dû flairer les pigeons faciles à flouer, razziant (revendant?) quelques dizaines d'enfants au hasard et les faisant passer pour des enfants en provenance du Darfour (il faut imaginer que toute la scène se passe au Tchad, à des centaines de kilomètres des combats vers lesquels ils n'ont pas le droit de se diriger). Demander leur avis aux tchadiens, aux habitants du Darfour? À quoi bon, puisqu'ils sont pauvres et que, de toute façon, l'association est là pour les aider... Figures classiques du colonialisme civilisateur.
Encore une fois, l'enfer est pavé de bonnes intentions. L'Arche de Zoé n'a malheureusement pas fini de faire parler d'elle, car, en plus d'avoir commis un crime grave (on n'arrache pas ainsi des enfants à leur pays sans l'accord de celui-ci), d'autant plus terrible qu'il a été commis avec la meilleure foi du monde (comme quoi la foi peut faire faire beaucoup de bêtises), elle se retrouve monnaie d'échange dans un jeu qui la dépasse. Otage de fait, elle est aux mains du gouvernement tchadien qui récupère là un pouvoir de négociation avec Paris qui doit prochainement prendre le commandement d'une force de maintien de la paix dans la région. L'État français s'est d'ailleurs empressé de faire savoir à quel point il désapprouvait le projet... Les autres ONG humanitaires se tairont ou condamneront ces collègues maladroits et encombrants. La presse ne parle que des journalistes, traitant déjà l'Arche de Zoé de "pieds nickelés de l'humanitaire" (ce qui n'est pas faux)... Pour les membres de l'ONG, la désillusion doit être terrible. Espérons pour eux qu'ils ne paieront pas trop cher leur leçon : ils ne sont pas coupables d'avoir inventé la morale humanitaire, seulement de l'avoir mise en œuvre grossièrement.


Commentaires
Quand on reparle du devoir d'ingérence:
http://www.historia-nostra.com/inde...
Rien à redire... Merci pour ce lien.
"Le reporter de Capa, qui participait à l'opération, accuse les responsables de "L'Arche de Zoé". Inconscience.
Marc Garmirian, le reporter de Capa qui a regagné la France dimanche avec l'avion de Nicolas Sarkozy, a affirmé lundi que les responsables de "L'Arche de Zoé" au Tchad "ont quand même menti à tout leur staff. Ils avaient plus de 100 personnes travaillant pour eux. Jamais, ils n'ont affiché l'objectif final de leur opération, ni à leur personnel, ni aux gens qui leur ont confié les enfants, ni aux enfants eux-mêmes". Pour le président de l'association Eric Breteau, relève-t-il, "le point de départ, c'est la Convention de Genève de 1951 qui justifie le sauvetage d'enfants menacés. Pour lui, ça justifie tout, ça justifie qu'on les sorte sans procédure administrative du Tchad". Pour Marc Garmirian, toute la question de l'enquête est de savoir "si les enfants sont orphelins de père et de mère et s'ils sont soudanais ou pas. Il y a une enquête à mener, il faudra la faire vite". Le journaliste admet toutefois avoir "une vision forcément partielle des choses", étant resté à la base d'Abéché.
L'enquête au Tchad du journaliste de l'agence Capa a été diffusée dimanche sur la chaîne française M6. Les séquences montrent que l'illégalité de l'opération était "parfaitement assumée" par les membres de "L'Arche de Zoé", a commenté le PDG de l'agence, Hervé Chabalier. Le film montre notamment le convoi des enfants qui s'apprête à prendre la route de l'aéroport d'Abéché, dans l'est du Tchad, le 25 octobre. On peut voir le personnel de l'association maquiller les enfants en faux blessés de guerre, afin de faire croire aux autorités tchadiennes qu'il s'agit d'une évacuation sanitaire. Dans une autre scène, le président de "L'Arche de Zoé" et sa collègue dévoilent la destination finale au personnel local à seulement quelques heures du départ. "Est-ce que l'Etat tchadien est au courant ?", demandent leurs collègues tchadiens. "Notre opération ne va pas les déranger parce que ce ne sont pas des enfants tchadiens mais soudanais", rétorque M. Breteau. "
http://www.lalibre.be/article.phtml...
http://corporate.m6.fr/m6pro/page.p...
" Éric Breteau, 37 ans, est le fondateur et chef de file de L'Arche de Zoé. Pompier volontaire à Argenteuil (Val-d'Oise), il créa une première association au lendemain du tsunami de décembre 2004 en Asie. Charismatique et déterminé, selon ceux qui l'ont approché, "c'est un humanitaire pur, un homme qui n'a jamais pu rester passif quand il voit la misère et la souffrance autour de lui, il n'a pas d'autre motivation", expliquait son ex-épouse Agnès Breteau, lors de la manifestation de soutien, dimanche à Paris. "J'ai tout de suite vu que c'était un fonceur, qu'il irait jusqu'au bout", a confié au Monde, samedi, Dominique Gladin, médecin urgentiste à l'hôpital d'Argenteuil, rentré du Tchad deux jours avant l'arrestation de ses collègues. "
"Humanitaire pur", "fonceur"... Cette affaire est vraiment un cas d'école du droit d'ingérence (intéressante définition du GERM). C'est une histoire parfaitement ambivalente : nous sommes enclins à respecter l'héroïsme de qui n'écoute que sa conscience et sa générosité, et nous ne pouvons que constater les bêtises que ce même héroïsme provoque. Il y a des manifestations de soutien en France, et des manifestations de protestation au Tchad...
très chouette !
et encore, quel beau site !!! oufti!
L’affaire de l’arche de zoé interpelle les kémites à plus d’un titre.
Elle nous aide à comprendre comment le mécanisme de la traite négrière a pu prendre corps en Afrique durant la période du commerce triangulaire.
A l’époque les occidentaux au nombre duquel se trouvaient les Français, encouragés par la papauté venaient bible à la main apporter aux nègres païens animistes, les lumières du christianisme.
Ce sont les Français qui ont les premiers organisé le trafic négrier par des lois (le code noir), pour évincer la concurrence des israélites marranes enrichis par le commerce du sucre esclavagiste dans les Antilles françaises (art1 du code noir) et pour placer juridiquement le nègre d’Afrique au rang de marchandise.
Les Nègres étaient des marchandises qu’on pouvait vendre, louer, prêter, utiliser,ou détruire.
Après l’abolition de l’esclavage, les Français ont substitué au commerce et au trafic d’être humain le colonialisme.
Par la constitution d’Etats Fantoches en Afrique et la mise en place de relais surs, partout en Afrique (des dictateurs appuyés de milice armés et conseillés par la France), le pays des droits de l’homme exploitent les richesses de l’Afrique.
Par le mécanisme de l’endettement soigneusement camouflé sous le nom d’aide au développement, le pays des lumières maintient les kémites dans le servage à l’aide de prêts bidon, qui enrichissent les castes au pouvoir, et qui retournent dans les Banques du pays de l’humanitaire grossis d’intérêts.
Aujourd’hui les Français de l’arche de zoé du fond de leur cellule démentent le rapt d’enfants, arguant plutôt être venue au Tchad pour sauver des enfants.
La question est de savoir de quoi et de qui ces enfants étaient censés être délivrés.
a) Si c’est de la misère que les Enfants devaient être sauvés
Je demande qui organise et entretien cette misère depuis des siècles, par l’endettement et le pillage de L’afrique.
B) Si c’est de la guerre
Qui organise et entretien la guerre et le chaos en armant et soutenant des dictateurs
Qui formente des troubles et des guerres civiles, un peu partout en Afrique.
Il vaut mieux le traitement direct des causes, qu’une pseudo gestion des conséquences pour entretenir de manière usurpée, une image fictive de pays des droits de l’homme.
Au fait c’est une véritable guerre que les Français békés les juifs et les autres occidentaux mènent à l’Afrique depuis des siècles.
Les Causes de cette situation catastrophique pour la quasi-totalité des kémites d’Afrique, c’est ce que le Pays des droits de l’homme et les Zorro de L’humanitaire Français se sont bien gardé de dire
La réalité c’est que le Responsable de cette arche est allé chercher des enfants en Afrique la main sur le cœur sous le déguisement humanitaire comme jadis le faisait ses ancêtres, les Français békés sous le déguisement religieux, moyennant argent bien sur, assurant les familles que « tout se vend et s’achète en Afrique ».
Le commerce Triangulaire s’est instauré en Afrique noire, au moment ou la plupart des états Africains étaient fragilisés du fait des incursions et des razzias des arabes, ou en voie de disparition du fait de bouleversements politiques et de migration des populations.
Profitant d’une avance technique, les occidentaux au nombre desquels figuraient les Français ne tardèrent pas à substituer à la bible, la traite négrière, qui consistait simplement à vendre des hommes et des femmes contre de l’argent, à tuer, décapiter, écharper, brûler, mutiler ceux qui s’y opposaient, et à violer ceux qui trouvaient grâce à leur yeux.
Aujourd’hui nous sommes en 2007, c’est le même schéma : des Français, des déportés, une transaction commerciale, les mêmes ingrédients pour une même finalité et les mêmes conséquences.
Ce que d’autres ont qualifié de « concurrence mémorielle » c’était pour empêcher que la tragédie des kémites ne se reproduise.
Si les historiens occidentaux marginalisent la traite, c’est parce qu’elle se perpétue toujours u n peu partout en Afrique sous des formes diverses, avec la même finalité qui est de vendre ou d’utiliser des gens pour accumuler de l’argent.
" L’ARCHE de Zoé illustre la réelle trame historique du rapport Europe Afrique"
Pour être plus clair, on peut dire que l’arche de zoé illustre de façon visible et compréhensible par tous, le schéma de pensée que les Français et les autres occidentaux entretiennent à l’égard de l’Afrique.
Autrement dit Les enfants du Tchad ne sont aux yeux des Français békés et autres occidentaux, que des nègres comme les autres.
Il existe à Nantes en France, une place que les Français et les Békés Nantais, ont nommée : "place du Commerce" : c’est une place ou l’on voit un grand homme nègre debout qui brise ses chaînes de l’esclavage, sans autres commentaires précisions, ou explication sur la dite place. C’est une concession faite par cette ville carrefour du trafic négrier, aux associations de devoir de mémoire et communauté nègre vivant en France.
On Imagine bien l’émoi et l’hystérie suscitée dans les milieux bourgeois Français et békés, si à N’djamena,Douala,Dakar, ou Cotonou il existait une place Fritz Saukel, ou Barbie, ou l’on voie un Français et un béké pesant 20 kilos sortant d’Auschwitz, après que les armées d’Afrique les en eu délivrés, sans autres formes de précisions et d’explications.
Bonjour Socrate.
Merci pour votre commentaire. Je partage votre sentiment, par contre j'ai de fortes réserves à faire sur votre analyse historique, j'y reviendrai plus loin.
J'ai vécu en Afrique enfant - au Nigeria, précisément, et peu parmi la communauté expatriée - ce qui m'a peut-être un peu "immunisé" contre les conceptions néo-coloniales et paternalistes des français à l'égard de l'Afrique - c'est pourquoi cette affaire de l'arche de zoé me touche particulièrement. Arrivant d'Afrique, j'ai vécu à... Nantes! Pendant 10 ans. Je n'y suis pas retourné depuis quelque temps, je n'ai pas le souvenir de la statue dont vous parlez. En revanche je me souviens d'une statue décrivant la même chose, un homme noir brisant ses chaînes, les bras au ciel en regardant le fleuve - l'ancien port - qui avait été érigée sur le quai de la Fosse, et qui avait été renversée et vandalisée à peine 10 jours après, soi-disant par des "skinheads". Il y a encore pas mal de familles à Nantes où l'on préfère ne pas trop évoquer ce genre de souvenirs. Vous pouvez consulter l'excellent site les anneaux de la mémoire sur cette question.
Première réserve : les français n'ont pas inventé la traite négrière, elle existait déjà dans l'Antiquité; en revanche, il est vrai qu'avec les anglais, ils l'ont porté à un degré d'industrialisation jamais atteint.
Ensuite : je trouve que l'emploi que vous faites du terme "kémite" est très attristant. Renseignements pris, il semblerait qu'il s'agisse d'un terme générique pour désigner les hommes noirs, j'avais initialement pensé à quelque chose de biblique comme "sémite" mais apparemment c'est dérivé du mythe de l'origine égyptienne des africains. Pourquoi réunir tous les africains sous un même mot, une même origine? D'abord c'est historiquement faux, l'Afrique a connu plusieurs foyers de peuplement distincts, plusieurs vagues successives d'expansion territoriale. Il n'y a pas grand-chose de commun entre un Bantou et un Peul, entre un Ibo et un Masaï, entre un Touareg et un Bochiman. Les civilisations africaines sont hélas parmi les plus muettes de l'histoire, n'ayant pas connu l'écriture, elles ont cependant laissé des traces (vous pouvez regarder le très beau film Les statues meurent aussi sur la question, on peut le trouver sur emule). Mais surtout, créer une identité à partir de la couleur de la peau revient à légitimer le cliché raciste occidental : "c'est un noir, alors..." Pourquoi donner raison à quelque chose d'aussi stupide et dangereux? Peut-être faut-il être un afro-français pour penser de la sorte car, la culture d'origine ayant été en grande partie perdue (après avoir été entamée par la colonisation), il ne reste guère que les attributs physiques comme marqueur, comme différence. Cela me rappelle une amie antillaise qui souffrait de se voir traite de "bounty" (noir dehors, blanc dedans) parce qu'elle avait des amis blancs... Insulter quelqu'un au nom de la couleur de sa peau, fût-elle blanche, c'est reproduire la connerie, pas la combattre. Il faut, je crois, comprendre, dans cette affaire de l'arche de zoé, que les gens qui sont allés "sauver" ces enfants l'ont fait en toute sincérité, en toute générosité. Et c'est bien cela qui est tragique.
Vous dites quelque chose d'extrêmement important : "Profitant d’une avance technique, les occidentaux au nombre desquels figuraient les Français ne tardèrent pas à substituer à la bible, la traite négrière, qui consistait simplement à vendre des hommes et des femmes contre de l’argent, à tuer, décapiter, écharper, brûler, mutiler ceux qui s’y opposaient, et à violer ceux qui trouvaient grâce à leur yeux."
C'est la clé du problème : vous pouvez être sûr que l'empire du Bénin, au sommet de sa puissance, n'agissait pas autrement avec les peuples qu'il soumettait, et que s'il avait eu accès à une domination technique sur l'Occident comparable à celle qu'eut celui-ci sur l'Afrique, c'est nous, occidentaux, qui serions aujourd'hui en train de nous débattre avec les séquelles du pouvoir colonisateur africain et les restes de notre culture massacrée... Il existe un livre majeur pour comprendre à quel point les dominations de certaines civilisations sur d'autres n'ont que peu de choses à voir avec les qualités morales/spirituelles/culturelles des unes et des autres, c'est Guns, Germs & Steel de J. Diamond (en français De l'inégalité parmi les sociétés, Essai sur l'homme et l'environnement dans l'histoire, (Gallimard, NRF essais, 2000) ISBN 2070753514 )
j'en ai fait un commentaire ici : http://blog.nepigo.net/post/2007/07... )
Bien à vous,
W.N.
Le scandale des enfants du Tchad
Vidéo du reporter Marc Garmirian de Capa sur wmedia.cameroon-info.net
Partie 1
http://wmedia.cameroon-info.net/mm/...
Partie 2
http://wmedia.cameroon-info.net/mm/...
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Intéressant aussi : "Ces voyous à qui Dieu a donné la peau blanche"
http://www.courrierinternational.co...
L’Afrique entre le procès de la race et le procès des systèmes de gouvernance
Le scandale provoqué par une poignée d’aventuriers européens qui ont affrété un avion pour aller s’emparer d’une centaine d’enfants en territoire, sous le prétexte de l’action humanitaire, sans droit ni titre, et sans morale ni raison, arrive à point nommé pour coller à un autre fait d’actualité marquant voire brûlant. Cette affaire est à elle seule, tout un symbole de la contradiction dans laquelle baigne l’Occident. Comment comprendre qu’au moment où les portes de tous les pays européens semblent se fermer à l’Afrique par des législations d’enfer contre l’immigration, l’on nous annonce que par charité, des centaines de gamins nègres vont être accueillis par des familles blanches ? S’agit-il d’une entreprise de pédophilie à grande échelle ? S’agit-il de les transformer une fois parvenus à destination, en esclaves dans des maisons closes, en jouets pour petits blancs, ou en bonne chair pour des fauves des cirques ?
Qui croira qu’aux échelons les plus élevés, cette entreprise n’avait pas de quitus ? Combien y a-t-il eu de vols antérieurs et où sont passés les enfants, ces victimes africaines innocentes dont le seul malheur, est d’avoir été condamnés à la misère, l’errance et la souffrance ? Le Gouvernement tchadien a pu stopper l’opération, en procédant à l’arrestation des aventuriers impliqués dans l’opération, et en confiant ensuite les enfants à la garde de l’Unicef. Mais de quel gouvernement tchadien s’agit-il, celui protégé, supervisé et entretenu en vie par la France, ou un autre capable d’indépendance et capable de juger puis de condamner des trafiquants européens ? Bien évidemment, aucune illusion ne devrait être entretenue sur la libération arrangée de ces voyous à qui Dieu a donné la peau blanche. Ils sont citoyens des pays Maîtres des potentats qui écument le continent, y compris le petit soldat du Tchad et surtout lui.
Sans doute inspirés par toutes les histoires et toutes les images qui remplissent les bulletins d’information à travers le monde sur la misère totale du continent africain, un véritable commerce de la pitié s’est mis en place dans les pays riches. L’excitation a dorénavant gagné toutes les couches sociales et les bancs des académies. Il y a ceux qui se sont assigné pour mission, et sans que mandat leur soit donné pourquoi que ce soit, de sauver des enfants africains traités à tort ou à raison d’orphelins. Il y a ceux qui se battent dans les assemblées intergouvernementales pour des programmes inventer des programmes de sauvetage, tantôt pour la Somalie, tantôt pour l’Est du Congo démocratique en proie à une rébellion sans fin, tantôt pour le Tchad et la Centrafrique où des Accords de paix succèdent à des Accords de paix, mais jamais sans taire les armes. On se bat donc partout, au nom de l’Afrique.
Mais, et c’est édifiant, on cherche aussi, pour comprendre, pour cadrer, pour dompter la misère, donner une couleur aux souffrances, affecter une religion à la pauvreté, et inventer une gêne pour la violence.
Par où faudrait-il dorénavant orienter les recherches sur les causes de la misère de l’Afrique ? Faudrait-il continuer dans une critique intellectuelle des systèmes de gouvernance ou recourir à une étude approfondie des traits génétiques des peuples africains ? Voilà en substance qu’elle problématique semble se dégager des débats feutrés dont nous sommes l’objet à notre corps défendant.
Le monde ne parle plus que de nous, de l’Afrique. Le monde ne voit plus que nous comme le problème, la honte éternelle de l’espèce humaine, l’humiliation des continents, la source de toutes les maladies. Il y a une trentaine d’années, alors que je résidais à Washington, je découvris un article fort significatif dans le très sérieux Washington post, sans doute le plus prestigieux et le plus important quotidien de l’Amérique. L’auteur de l’article dont j’ignore maintenant le nom et que l’on présentait de toute façon comme un scientifique éminent, décrivait les différentes espèces de cafards en prenant le soin de mentionner leurs capacités de nuisance, leur dangerosité et leur origine. Une bonne dizaine de ces bêtes étaient ainsi répertoriées, provenant de tous les continents. La plus douce, la plus fine et en même temps la moins nuisible, était arrivé aux Etats-Unis dans les bagages des immigrants européens. La plus nuisible, grossière, méchante et envahissante provenait d’Afrique, importées malencontreusement dans les baluchons des esclaves.
Ma réaction à la lecture de l’article, fut tout de suite d’écrire au journal pour demander de plus amples explications sur cette affaire. Pourtant, je réussi à me calmer, renonçant à me mettre en exergue dans un pays aussi vaste qui comptait quinze millions de citoyens descendants d’esclaves, et convaincus que quelqu’un sortirait de leur rang pour protester ou au moins réagir de n’importe quelle façon. Rien ne se produisit, me confinant finalement dans le sentiment que le scientifique avait raison, puisque des gens de bien plus grande réputation intellectuelle que moi n’avaient trouvé rien à redire, y compris les africains américains que je croyais être les premiers insultés.
Plus tard, lors de la découverte du virus du Sida en 1981, j’étais toujours sur le sol américain, et les médias commençaient déjà à raconter sans trop insister, des histoires sur ses origines qui se situeraient en Afrique. Les années 1990 allaient amplifier l’information et l’on ne citait plus que les multiples études scientifiques établissant avec certitude cette fois, les origines du virus sur une espèce de singe africain.
Avant cela, et bien longtemps avant que je ne commence à percevoir réellement le monde dans toutes ses traductions idéologiques, ses antagonismes politiques et ses conflits culturels, mon séjour d’étudiant en Occident fut très souvent troublé par les injures des bailleurs qui pour nous refuser la location de leurs minuscules chambres insalubres, révélaient que les mets des africains sont trop épicés et dégagent une forte senteur gênante pour les voisins d’immeuble.
Aujourd’hui, en 2007, nouveau siècle, nouveau millénaire, et alors que le monde a évolué dans tous les compartiments de la recherche scientifique, de la technologie et de l’information, et alors que les peuples sont préoccupés par leur positionnement dans l’agencement des grands défis de la globalisation et de la mondialisation, notions ou concepts rassemblant toutes les exigences d’uniformisation des intelligences, des échanges, de la production industrielle, de la commercialisation et de la circulation de l’argent, l’Afrique se voit rappelée brutalement ses insuffisances.
Ce dont il est question dans l’actualité du monde, dépasse dorénavant la simple expression du sentiment individuel des hommes d’Etat, des hommes des lettres et des sciences sur la situation d’un peuple ou d’un continent. Ce qui est en cause, c’est la présentation d’un nouveau déterminisme non pas purement philosophique et sujet de polémique quelconque, mais d’un matérialisme cartésien relevant de l’idéologie d’exclusion et d’accusation. Nous entrons dans la phase finale du procès cruel des peuples, lequel mettra à mort les parents incestueux, les gouvernants incapables, et les continents misérables, et les races maudites, après avoir fait le bilan de la contribution de chacun
Mais alors, en lieu et place des systèmes et des formes de gouvernance, c’est la race qui est projetée au-devant de la scène. La vérité que cache le discours de Sarkozy à l’Université de Dakar, c’est la mise en cause de la race noire. Il ne s’agit point de mettre en cause à notre tour le Président d’un pays dont la main est, de façon inévitable, historiquement associée aux malheurs du continent, du moins partiellement. Ce que nous proposons comme grille de lecture, ambitionne de prendre en considération l’ensemble des éléments psychologiques et factuels de ce que nous traitons dorénavant comme l’initiative de Dakar. En réalité, nous avions déjà fait l’effort de dépasser Dakar, pour faire autre chose et penser autrement nos urgences, lesquelles, étions-nous convenus, ne sauraient se cantonner sur des querelles d’antériorité de notre civilisation par rapport aux autres, ou encore sur la recherche de justification de notre infamante indigence.
L’évolution du monde sonne dorénavant, comme l’étalage d’une succession d’affirmations que certains porteurs analystes prolifiques, ont longtemps étouffé, retenu, et même caché.
A suivre…
Par Shanda Tomne
Le 31-10-2007
Tout d'abord W.N je tiens à vous remercier d'avoir pris la peine de me répondre.
Je respecte votre point de vue même si je ne partage pas entièrement votre analyse.
Je tiens seulement à vous apporter quelques précisions, que vos interrogations ont soulevées, lors de notre discussions.
L’Afrique n’est pas seulement composé de population négro Africaine, il y’a aussi les Arabes, les berbères, et les descendants de colons blancs en Afrique du sud notamment et aussi des coolies indiens descendants de serfs employés dans les plantations de Thé en Afrique Australe et aux Kenya.
Le terme Kémite est un vocable qui désigne simplement la population Nègro Africaine, et qui serait le nom autodéterminée des Négros Africains issu de leur berceau ÉGYPTIEN Pharaonien.
Voir l'ouvrage de cheik anta diop :"nègres et culture".
Au reste les historiens occidentaux admettent que six pharaons noirs ont régné sur l'Égypte:
Six pharaons noirs, issus de Nubie ont régné sur l'Égypte durant la XXVe dynastie, dite koushite, à la Basse Époque :
* Piânkhy
* Shabaka (Chabaka)
* Shabataka (Chabataka)
* Taharqa
* Tanoutamon (Tantamani)
Ensuite vous dites:
"l'Afrique a connu plusieurs foyers de peuplement distincts, plusieurs vagues successives d'expansion territoriale. Il n'y a pas grand-chose de commun entre un Bantou et un Peul, entre un Ibo et un Masaï, entre un Touareg et un Bochiman"
C'est vrai, mais vous avez tort de conclure que les Négros Africains n'étaient pas un peuple homogène à l'origine.
De meme chez les européens que peut il y'avoir de commun entre les populations germaniques, latines et slaves, absolument rien à mon avis, mais il se revendique d'un même ensemble homogène du fait que tous ces peuples se revendiquent de l'héritage Gréco romain et puis il y'a le christianisme comme élément fédérateur, même si il a constitué un ferment important de division par la suite.
De même chez les Kémites le ferment d'union se concrétise à travers nos ancêtres égyptiens, dans les mêmes conditions que les occidentaux, et ensuite tout les peuples Négro Africains étaient à l'origine des animistes, ce qui est frappant c'est que cette animisme conserve de grandes similitudes et de pratiques religieuses au sein des différents peuples Négro Africains que vous évoquez notamment.
2)"Les civilisations africaines sont hélas parmi les plus muettes de l'histoire"
Vous faites une erreur içi, car vous transposez un schéma de pensée Occidental, à un cadre différent qui à une pratique et une conception de l'univers spatio temporel différent de l'occident, cela s'appelle de l'ethnocentrisme.
Le mode de transmission oral à toute sa pertinence dans la philosophie et l'idéologie des négros Africains.
L'histoire proprement dites ce sont les témoignages écrits d'après les historiens ocidentaux, or l'histoire apparait en occident grâce à la civilisation Romaine ( à cause du développement du juridique et des conventions commerciales notamment), elle (l'histoire disparait en 476 à la chute de l'empire romain en 476 sous la pression des germains, l'occident retombe alors dans l'obscurité, ce n'est que grâce à l'organisation chrétienne que l'occident reviens à l'histoire.
Dans le mode de pensée ce sont les Grios qui portent témoignage de l'histoire.
A ce propos je te fais lecture de ce passage admirable du phèdre de platon:
"J’ai donc oui dire qu’il existait près de Naucratis, en Égypte, un des antiques dieux de ce pays, et qu’à ce dieu les Égyptiens consacrèrent l’oiseau qu’ils appelaient ibis. Ce dieu se nommait Theuth. C’est lui qui le premier inventa la science des nombres, le calcul, la géométrie, l’astronomie, le trictrac, les dés, et enfin l’écriture. Le roi Thamous régnait alors sur toute la contrée ; il habitait la grande ville de la Haute-Égypte que les Grecs appellent Thèbes l’égyptienne, comme ils nomment Ammon le dieu-roi Thamous. Theuth vint donc trouver ce roi pour lui montrer les arts qu’il avait inventés, et il lui dit qu’il fallait les répandre parmi les Égyptiens. Le roi lui demanda de quelle utilité serait chacun des arts. Le dieu le renseigna ; et, selon qu’il les jugeait être un bien ou un mal, le roi approuvait ou blâmait. On dit que Thamous fit à Theuth beaucoup d’observations pour et contre chaque art. Il serait trop long de les exposer. Mais, quand on en vint à l’écriture :
« Roi, lui dit Theuth, cette science rendra les Égyptiens plus savants et facilitera l’art de se souvenir, car j’ai trouvé un remède pour soulager la science et la mémoire. »
Et le roi répondit :
« Très ingénieux Theuth, tel homme est capable de créer les arts, et tel autre est à même de juger quel lot d’utilité ou de nocivité ils conféreront à ceux qui en feront usage. Et c’est ainsi que toi, père de l’écriture, tu lui attribues, par bienveillance, tout le contraire de ce qu’elle peut apporter.
[275] Elle ne peut produire dans les âmes, en effet, que l’oubli de ce qu’elles savent en leur faisant négliger la mémoire. Parce qu’ils auront foi dans l’écriture, c’est par le dehors, par des empreintes étrangères, et non plus du dedans et du fond d’eux-mêmes, que les hommes chercheront à se ressouvenir. Tu as trouvé le moyen, non point d’enrichir la mémoire, mais de conserver les souvenirs qu’elle a. Tu donnes à tes disciples la présomption qu’ils ont la science, non la science elle-même. Quand ils auront, en effet, beaucoup appris sans maître, ils s’imagineront devenus très savants, et ils ne seront pour la plupart que des ignorants de commerce incommode, des savants imaginaires au lieu de vrais savants. »"
Platon ,phèdre 274b c- 275b
Ensuite l'ethiopie qui était un royaume très ancien pratiquait le mode de transmission par l'écriture depuis des millénaires.
"Cela me rappelle une amie antillaise qui souffrait de se voir traite de "bounty" (noir dehors, blanc dedans) parce qu'elle avait des amis blancs... Insulter quelqu'un au nom de la couleur de sa peau, fût-elle blanche, c'est reproduire la connerie, pas la combattre"
L'universalisme philosophique des Lumières considère que tous les citoyens du monde doivent être respectés.
L'universalisme ce n'est pas l'abandon de toutes les cultures et origines au profit de celle occidentale considérée comme horizon indépassable.
L’universalisme philosophique des lumières a donné naissance à L'universalisme républicain, doctrine d'origine française, qui décrit la république comme une et indivisible dont tous les citoyens sont égaux en droits, propose son modèle comme idéal universel.
Sous couvert de tous ses idéaux apparemment noble, il est important d’analyser le véritable mobile de ces hommes des « lumières » :C’est la classe Bourgeoise Française roturière qui a inventée la philosophie universaliste, pour s’affranchir de l’oppression et l’arbitraire du clergé et de la classe des nobles dans une société Française d’ancien régime fonctionnant selon les principes de la féodalité.
Pour renverser le système féodal et prendre le pouvoir les bourgeois Français d’anciens régime avaient besoin du concept de l’universel, car ils savaient qu’ils ne pouvaient renverser la noblesse et la monarchie sans le concours de la masse du tiers états (Les paysans, les ouvriers, les prolétaires, la masse du peuple).
L’universalisme des lumières n’est donc pas une considération philanthropique, mais c’est une conception purement tactique de lutte des classes.
L’universalisme est donc une considération tactique de la bourgeoisie française pour renverser le système féodal dominé par le roi, le clergé et la noblesse.
Faire du touareg un vigile dans un supermarché de banlieue, dans lequel le paysan vietnamien converti en vendeur de Nêms se fait chaparder son étalage par le petit orphelin de Calcutta coiffé d'une casquette de rappeur, est-ce bien une solution pour créer une unité entre les peuples ?
Dans ce dur combat de la vie, nous sommes tous de fait solidaires. Le mondialisme niveleur en nous proposant un consommateur déshumanisé nous prive de la richesse de l'humanité.
II convient donc à la fois de jeter un regard réaliste sans pour autant perdre sa vision spirituelle et humaine.
"Première réserve : les français n'ont pas inventé la traite négrière, elle existait déjà dans l'Antiquité; en revanche, il est vrai qu'avec les anglais, ils l'ont porté à un degré d'industrialisation jamais atteint."
Ce qui est nouveau avec la traite négrière c'est l'industrie ,sa codification par des textes de lois, et de plus la déportation et le fait que les Nègres sont par naissances des choses qui n'ont pas d'âme et cela légitimé par l'église, et cela justifie leur mise en esclavage (voir la controverse de valladolid)
"Vous dites quelque chose d'extrêmement important : "Profitant d’une avance technique, les occidentaux au nombre desquels figuraient les Français ne tardèrent pas à substituer à la bible, la traite négrière, qui consistait simplement à vendre des hommes et des femmes contre de l’argent, à tuer, décapiter, écharper, brûler, mutiler ceux qui s’y opposaient, et à violer ceux qui trouvaient grâce à leur yeux."
Nous sommes d'accord et nos propos progressent sans se contredirent, l'avance technique et un mode d'organisation plus "efficace" pour poursuivre des objectifs de domination sont des constantes des peuples et ccivilisation dans l'histoire .
"C'est la clé du problème : vous pouvez être sûr que l'empire du Bénin, au sommet de sa puissance, n'agissait pas autrement avec les peuples qu'il soumettait, et que s'il avait eu accès à une domination technique sur l'Occident comparable à celle qu'eut celui-ci sur l'Afrique, c'est nous, occidentaux, qui serions aujourd'hui en train de nous débattre avec les séquelles du pouvoir colonisateur africain et les restes de notre culture massacrée"
C'est exact, nous sommes d'accord, mais convenez quand même qu'il y'a des dominations préférables à d'autres.
Jamais le gauleiter Nazis à paris sous la période que les historiens Français apellent : "l'occupation" n'a dit nous irons chercher des criminels Allemands en France quoi qu'ils aient fait.
Ce que fait pourtant Sarkozy en tenant des propos digne d'attila (Remarquer que la base des Huns en Europe était en Hongrie, Panonnie à l'époque).
Les Tchadiens aimeraient de ce point de vue une domination Nazi qui est largement préférable.
Pour lors je vous remercie pour vos conseils de lecture,que je vais de ce pas consulter.
Bien à vous
Socrate
Merci pour vos informations (je vais me procurer le livre de cheikh anta diop) et pardon de vous répondre un peu tard. J'ai diverses remarques à faire à votre commentaire.
Votre thèse sur les origines égyptiennes des peuples négro-africains est très proche des théories qu'on trouvait dans les années 70 autour de mouvements comme les Black Panthers et les panafricanistes... Pourquoi pas, c'est une question historique et je ne suis pas qualifié pour la trancher - même si cela m'apparait un peu comme une tentative pour conférer des origines "acceptables" aux africains selon des critères... occidentaux. Mais quand vous dites : "vous avez tort de conclure que les Négros Africains n'étaient pas un peuple homogène à l'origine", je ne vois pas comment l'on pourrait prétendre que l'origine d'un peuple, quel qu'il soit, soit autre chose qu'une invention mythologique : notre origine à tous, c'est la bactérie, il y a trois milliards d'années... La question des origines, c'est une question politique qu'il faut assumer comme telle, pas une vérité scientifiquement démontrable. Qu'il y ait des similitudes, des ressemblances, des expériences partagées entre les différents peuples africains (et européens, puisque vous en parlez), cela va de soi, mais vous remarquerez que l'appel à l'unité se double toujours de la définition d'un ennemi extérieur... C'est ce mouvement, pourtant assez naturel, dans lequel je pense qu'il ne faut pas se laisser entraîner car c'est celui qui mène à la guerre.
Ainsi, je suis bien d'accord avec vous pour dire que l'universalisme des droits de l'homme est à la fois un mouvement tactique et un instrument de domination symbolique; est-ce une raison pour prôner la création d'un semblable mouvement concurrent? Vous m'expliquez, à raison, que les sociétés africaines ne sont pas "les plus muettes de l'histoire" car elles sont de tradition orale - j'aime beaucoup ce passage de platon sur l'écriture. Et que l'Histoire, dont en occident on considère qu'elle commence avec l'écriture, est une construction ethnocentriste. Pourtant, je maintiens... Pour plusieurs raisons : les "griots" existent toujours en Afrique, mais ils n'occupent plus le sommet de la pyramide sociale. Nkrumah, Lummumba, Houphouët, Senghor, Sankara... ces grands indépendantistes africains avaient tous été instruits dans les universités européennes, et rêvaient de modernité. Les élites africaines actuelles - au moins celles que j'ai eu l'occasion de côtoyer - ont le plus grand mépris pour les "paysans", surtout quand ils sont illettrés. Les histoires des griots sont aujourd'hui en concurrence avec MTV... Et les jeunes africains préfèrent les histoires de gangsters (regardez les photos des vêtements des jeunes dans les villes). La colonisation est faite, en Afrique; et rêver d'un retour aux origines participe d'une nostalgie bien contemporaine (qui ne concerne pas que les africains! regardez le programme nationaliste sur lequel sarkozy a été élu...) mais, à mon avis, illusoire et dangereuse. Ce qui ne veut pas dire - surtout pas - qu'il faut tout accepter béatement; mais qu'il faut se battre aux bons endroits. Je suis d'accord avec vous sur le mondialisme niveleur et le consumérisme, par exemple...
je voudrais comprendre comment des personnes dites "responsables" ont pu croire pouvoir "adopter "des enfants à partir d'une association qui ne fait pas partie de celles reconnues pour les adoptions ...
Quel pays pourrait valider une "adoption " à partir d'un "rapt" =
( enlèvement illégal d'une personne )
Nous sommes dans des pays dit de "droit" enfin , je crois ! on ne peut pas tout faire et n'importe comment ?!
Toutes les argumentations plus ou moins oiseuses des protagonistes me laisse perplexe ...
Parents qui avez été complice de ces "rapts" vous auriez s'en doute changer aussi leur prénom en plus de les déraciner de leurs proches ... ce sont des "enfants " pas des "objets" j'ai honte pour vous ....
Regardez au fond de votre coeur ... et parrainez des enfants dans leur pays au lieu de les déraciner ... JP