"Avant, le snobisme était la manifestation de la vanité des riches couches bourgeoises, désireuses de ressembler aux aristocrates et de les imiter.
Aujourd'hui, on pourrait définir le snobisme comme la manifestation d'un besoin de paraître ce qu'on n'est pas, du désir de se montrer différent de ce qu'on est en réalité et d'imiter une autre catégorie sociale, majoritaire ou plutôt minoritaire; il y a un snobisme conservateur et un autre qui suit aveuglément le dernier cri de la mode, il y a le snobisme artistique, sexuel, sportif, pacifiste, touristique et même révolutionnaire; ce dernier, évidemment, blêmit à toute vitesse lorsqu'un gouvernement de droite ou même un chef de police grossier arrivent au pouvoir.
Toujours à la recherche de l'excentricité, de l'exclusivité et de la bizarrerie, le snobisme a ouvert les yeux des marchands d'art sur la possibilité de gagner de l'argent même avec l'art d'avant-garde
".

Citation tirée de Karel TEIGE, "Le Marché de l'Art", 1935, éd. ALLIA, 2000 pour la traduction française