Les 7 et 8 mai prochains, le Parlement européen va débattre puis voter le
"Rapport sur le développement du cadre régissant les activités des
représentants d’intérêts (lobbyistes) auprès des institutions de l'Union
européenne" (2007/2115(INI)). (télécharger
le rapport)
Il s'agit d'un vote très important pour l'avenir des politiques de l'Union
Européenne car le rapport recommande de mettre en place un registre de
transparence des lobbyistes, obligatoire et commun aux trois institutions
(Commission, Parlement et Conseil). En d'autres termes, toute personne ou
organisation qui voudra contribuer à l'élaboration des politiques de l'UE, ou
les orienter dans un sens qui serve ses intérêts, devra dorénavant publier dans
un registre libre d'accès sur Internet un certain nombre d'informations sur son
identité, les intérêts qu'elle représente et le budget dont elle dispose pour
cela. Jusqu'à présent, les quelque 15.000 lobbyistes travaillant à Bruxelles
n'étaient pas tenus à une telle transparence de leurs activités, avec des
conséquences que l'on peut imaginer : certaines décisions prises par l'UE
étaient préparées par d'autres qu'elle, sans que cela se sache.
Amateurs de complots, de manipulations, paranoïaques persuadés que l'on vous
nuit et conspire à vous nuire, ce livre est pour vous. Paru en 1864 à Bruxelles
sous un pseudonyme, ce pamphlet violent de Maurice Joly, avocat, contre
Napoléon III est un dialogue entre les conceptions libérales de la politique,
incarnées par Montesquieu, et les apologues de la force et de la ruse incarnés
pour l'occasion par Machiavel. Les deux penseurs sont aux enfers et discutent
de leurs conceptions politiques respectives, et sur les moyens d'acquérir et de
conserver indéfiniment le pouvoir. C'est l'occasion pour Machiavel d'énoncer
quelques-unes de ses recettes, qui sont en fait une description crue des
pratiques du pouvoir impérial de l'époque : créer sa propre opposition pour
mieux identifier et contrôler les opposants, manipuler constamment la presse en
entretenant le flou sur les actions et les finalités du pouvoir, étourdir
l'opinion publique par le mouvement perpétuel, associer au pouvoir personnel
l'image de la jeunesse, du dynamisme et de la rupture... Tout parallèle avec
des gouvernants actuels ne serait bien sûr que fortuit.
On a coutume de représenter l'Europe d'une certaine façon. En voici une
autre...
qu'affectionne certain général russe, semble-t-il. On le comprend :
Impossible d'échapper au fait que la Russie, dans cette configuration, est
évidemment le plus vaste pays d'Europe.
Pour changer un peu de ton, après la peur, je vous propose de regarder ce
superbe film de Frédéric Back, inspiré d'une histoire de Jean Giono et raconté
par Philippe Noiret. L'histoire d'un homme qui, à lui seul, régénère un pays,
de la façon la plus simple qui soit.
Première partie :
Seconde partie :
Vous pouvez lire le texte original de la nouvelle, déposé dans le domaine
public dès sa création par son auteur, ici.
Pour mémoire : les résultats du scrutin sur le projet de loi sur les OGM à
l'Assemblée Nationale française, le 9 avril 2008. Que ces messieurs-dames ne
l'emportent pas en paradis!
En effectuant des recherches sur la peur, je viens de tomber sur ce
très beau texte d'Albert Camus, un éditorial pour Combat de 1948. 1948
: débuts de la guerre froide, reconstruction d'une Europe en ruines, les
cendres d'Hiroshima et de Nagasaki viennent à peine de refroidir ; l'année
suivante, l'URSS mettra à son tour au point la bombe H.
Mes grands-parents mettent au monde leur premier
enfant.
La distance dans le temps permet de mesurer ce qui a changé, en quoi
Camus s'est trompé, en quoi il a eu raison. Les accents apocalyptiques de ce
texte ne sont pas sans rappeler ce que l'on peut lire aujourd'hui, y compris
sur ce blog. Une raison de se rassurer ?
La peur est une émotion de base, au même titre que la colère, la tristesse, la
joie, le dégoût et la surprise. Il s'agit d'une réponse émotionnelle à un ou
plusieurs dangers tangibles et immédiats ; c’est un mécanisme de survie, lié à
la douleur et à la perspective de celle-ci. Il s’agit d’une réaction ancienne
du point de vue de l’évolution des espèces, puisque, par exemple, tous les
mammifères la connaissent.
Préliminaire : "Pour être efficaces, les politiques doivent être
humbles."
Si.
Dans le sommaire, le mot "transparence" n'apparaît que sous la rubrique
"Comparaisons internationales". :-)
L'enregistrement des lobbyistes est volontaire, avec déclaration de l'identité
des intérêts poursuivis... avec un seul lobbyiste responsable par personne
morale. Il n'est bien entendu tenu à aucune mesure de transparence
financière.
"Réaction unanime et positive des professionnels"
"L’enjeu [du lobbying] est de servir les intérêts de notre pays, de servir une
société de progrès pour l’homme. Or cela est parfois incompris."
Petit coup de griffe aux associations et marquage de territoire des
"professionnels" :
"Le lobbying remplit une fonction démocratique à part entière, mais il se
différencie des stratégies des groupes de pression qui mobilisent des citoyens
en dehors de la communauté politique dans le but d’influencer les décisions
publiques. Que des groupes de pression cherchent à influencer les politiques,
par lettre, par pétition, par manifestation, est une chose. Que des
professionnels informent les décideurs en est une autre."
Le registre français naît sur la pointe des pieds...
Nom masculin. Est un emprunt savant de la Renaissance (1546) au grec
enthousiasmos "transport divin", "possession divine", formé sur le
verbe enthousiazein "être inspiré par la divinité". C'est un dérivé de
l'adjectif enthous, forme contractée de entheos "animé d'un
transport divin", composé de en "dans" et theos "dieu"
(->athée, théologie).
- Au XVIe siècle, le mot est employé avec la valeur de l'étymon, au sens de
"délire sacré qui saisit l'interprète de la divinité" (l'enthousiasme de la
Pythie); à la même époque, enthousiasme est attesté avec le sens
étendu de "transport, exaltation du poète sous l'effet de l'inspiration" (1546;
Rabelais), d'où vient un emploi littéraire du mot en parlant de la force qui
pousse l'homme à créer.
- Au XVIIe siècle, par une seconde extension de sens (1664, Molière),
enthousiasme prend la valeur moderne d'"exaltation poussant à agir
avec joie" (élan, mouvement d'enthousiasme), d'où le sens
d'"admiration passionnée" (1689, Mme de Sévigné). Le mot est employé depuis le
XVIIe siècle en parlant d'une émotion collective suscitant une excitation
joyeuse (débordement d'enthousiasme). Enthousiasme a perdu,
dans la langue courante, sa force originelle.
Notez la transition : on passe de "délire sacré" à "exaltation" pour en arriver
à "excitation"; est-ce le mot qui a faibli ou nous qui nous dirigeons vers
l'apathie ?
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« Delightful as the pastime of measuring may be, it is the most futile of all occupations, and to submit to the decrees of measurers the most servile of attitudes »