Par W. Nepigo le mercredi 6 août 2008, 19:09
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Mise à jour du 6 août 2008 :
Le meilleur de l'histoire : ce n'est même pas Siné qui a écrit ces lignes mais
Christophe Ayad et Antoine Guiral, journalistes de Libération dans leur
article du
23 juin dernier "Sarkozy comme chez lui en Israël". L'on y lit, information qui
a été démentie depuis :
"Patrick Gaubert, président de la Licra et ami de Nicolas Sarkozy, assure
n’avoir jamais parlé de ces questions avec lui.
«Nous partions parfois en
vacances ensemble avec une bande de copains juifs à moi, mais ne parlions
jamais de religion.» Il remarque qu’aujourd’hui, le fils de
Nicolas Sarkozy, Jean, vient de se fiancer avec une juive, héritière des
fondateurs de Darty, et envisagerait de se convertir au judaïsme pour
l’épouser. «Dans cette famille, on se souvient finalement
d’où l’on vient», s’amuse-t-il."
La seule chose que Siné a ajouté est : "
il fera du chemin dans la vie, ce
petit!". Ce n'est pas pour une telle ligne que l'on renvoie quelqu'un.
Tout ce tintamarre n'est peut-être que le fruit de la lâcheté d'un directeur
des ressources humaines qui a voulu garder le beau rôle en licenciant un
employé... En fait, accuser Siné d'antisémitisme était le moyen le plus
économique, moralement et financièrement, de le virer : pour faute grave,
puisqu'une opinion publiée, en France, peut être condamnée pénalement. Il
serait peut-être temps d'arrêter de jouer avec le feu : il est minable et
dangereux qu'une chose comme la mémoire de la Shoah puisse être utilisée à des
fins de gestion du personnel.
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(Article original)
Quelques mots, très brefs et, pour une fois, à propos d'une polémique
médiatique, à la lecture de la tribune de Bernard-Henri Lévy (BHL) publiée par
Le Monde d'aujourd'hui sur l'affaire du licenciement du caricaturiste
Siné par son journal, Charlie Hebdo, au motif qu'une chronique qu'il aurait
publiée avait un caractère "antisémite".
Voici le passage de la chronique qui fait débat, tel qu'il a été publié par le
journal le 8 juillet dernier :
« Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de
l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en
correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa
relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout : il vient
de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive,
et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit !
»
En d'autres termes, Jean Sarkozy, fils du Président de la République
Française du moment, se déclare prêt à se convertir à la religion de la femme
qu'il aime et qui, ce qui permet de joindre l'utile à l'agréable, est
milliardaire. Il se trouve que cette dernière, en plus d'être l'héritière des
entreprises Darty, est de confession juive. Jean Sarkozy veut donc se convertir
au judaïsme.
Voici maintenant comment BHL
présente l'affaire :
"
Voilà un humoriste - Siné - qui donne à son journal une chronique où
il dit, en substance, que la conversion au judaïsme est, dans la France de
Sarkozy, un moyen de réussite sociale et qu'il préfère "une musulmane en
tchador" à "une juive rasée" (sic)."
Siné ne dit pas que "la conversion au judaïsme est [...] un moyen de réussite
sociale" mais qu'un homme, et pas n'importe lequel, est prêt à se convertir au
judaïsme pour épouser une milliardaire ! Pas que tous les milliardaires sont
juifs, ou que tous les juifs sont milliardaires ! C'est incroyable, quand même,
une telle myopie ! Notez le "
en substance" hautain qui permet de ne
pas citer le texte.
Une telle omission qui n'empêche pas monsieur BHL d'affirmer sans rougir que
"
Ce qui compte ce sont les mots"... Et d'enchaîner sur un
vaste panorama historique teinté de moralisme sur ce qu'il convient de dire, et
de ne plus dire, aujourd'hui, se payant même le luxe de terminer sur un
méprisant tutoiement au caricaturiste concerné - "
Allons, Siné. Tu as
encore le choix." - pour lui enjoindre de choisir entre l'antisémitisme,
donc, et un humour qui soit "
l'aventure d'une liberté retrouvée et ajustée
aux libertés du jour - jeunesse à volonté, talent, modernité." On croit
rêver : monsieur BHL, bientôt 60 ans, qui vient donner des leçons d'humour, de
jeunesse et de talent alors qu'il ne m'a jamais fait rire et que son œuvre
philosophique durera probablement bien moins longtemps que le souvenir de sa
chemise blanche entrouverte. Bref. Fin de la parenthèse.