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  <title>La technique et la peur</title>
  <link>http://blog.nepigo.net/</link>
  <description>Les innovations technologiques nous donnent un pouvoir d'intervention immense sur notre environnement et sur nous-mêmes. L'humanité est ainsi devenue une &quot;force géologique&quot;, capable d'influer sur des paramètres aussi énormes que l'évolution de la température de l'atmosphère terrestre ou la biodiversité planétaire. Notre nombre, couplé à la puissance de notre technologie, nous a permis d'accéder à cet état, pour le meilleur comme pour le pire. Pour le moment nous découvrons avec effarement que ce serait plutôt pour le pire; faut-il pour autant céder à la peur? La peur est un indicateur précieux du danger qu'il ne saurait être question d'éviter; aussi ce blog a-t-il pour vocation d'étudier ce danger et ses multiples implications. Mais la peur est aussi un état qui nous rend particulièrement sensibles à la manipulation et amoindrit nos capacités de jugement. Ce blog se propose donc, en plus de donner des connaissances susceptibles de mieux nous renseigner sur ce qui nous effraie, de remettre dans leur contexte les diverses tentatives de détournement de cette peur à des fins politiques.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Mon, 30 Jun 2008 15:34:25 +0200</pubDate>
  <copyright></copyright>
  <docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>
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  <item>
    <title>&quot;La Tyrannie technologique&quot;</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2008/05/21/A-lire-%3A-La-Tyrannie-technologique</link>
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    <pubDate>Sun, 01 Jun 2008 00:00:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
        <category>livre</category><category>technique</category>    
    <description>&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;Paru fin 2007 chez &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.lechappee.org&quot;&gt;L'Échappée&lt;/a&gt;, maison d'édition basée à Paris,
&lt;em&gt;La Tyrannie Technologique&lt;/em&gt; est un livre important regroupant quatre
textes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'appuyant sur les travaux de penseurs de la technique comme Jacques Ellul,
Ivan Illich, Günther Anders, Bernard Charbonneau, Lewis Mumford et Paul Virilio
(entre autres), ils reprennent le grand axe de cette critique : la technique
comme système s'auto-déployant de façon partiellement autonome, en
accélération, colonisant des secteurs toujours plus vastes de la réalité
humaine et naturelle, au-delà des capacités d'intervention des principaux
systèmes politiques actuels qui ne se présentent que comme des dispositifs
d'accompagnement et de régulation... au plus près, au sens figuré comme au sens
propre à l'ère des nanotechnologies et de leurs capacités de surveillance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.nepigo.net/public/tyrannie_techno.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'illusion d'une technique neutre, dont les conséquences ne seraient
jugeables qu'en fonction de l'utilisation qui en est faite par les hommes, doit
être dénoncée (&amp;quot;&lt;em&gt;Peut-on bien se servir d'une bombe atomique&lt;/em&gt; ?&amp;quot;);
l'illusion d'une histoire linéaire et progressiste, allant d'un Moyen-Âge
obscurantiste à la modernité triomphant dans les lumières de la connaissance,
également (le livre cite Ivan Illich qui rappelait judicieusement que l'on
passe toujours autant de temps dans les systèmes de transport aujourd'hui qu'au
Moyen-Âge : seules les distances parcourues ont augmenté). Comme l'indique la
quatrième de couverture de l'ouvrage, &amp;quot;&lt;em&gt;les technologies contemporaines
préparent et organisent un monde fondé sur la vitesse, l'immédiateté, la
superficialité, le profit et la mort.&lt;/em&gt;&amp;quot;&lt;/p&gt;    &lt;br /&gt;
Un apport du livre, outre ce rappel, est de rappeler - peut-être trop
brièvement - que la situation de surplomb de la technique est aussi le produit
d'un rapport social : l'idée d'une science &amp;quot;pure&amp;quot;, désintéressée, est apparue
au cœur de la IIe Révolution Industrielle, dans la seconde moitié du XIXe
siècle. Et en effet, cette &amp;quot;expulsion&amp;quot; de la réflexion technique et
scientifique de la sphère publique et politique, coïncidant avec l'apparition
de la forme juridique de société à responsabilité limitée, s'est révélée un
vecteur extraordinairement efficace de progrès technique et scientifique. Grâce
à celui-ci et aux nouveaux &amp;quot;champs&amp;quot; qu'il a permis de délimiter, de nouveaux
marchés ont été créés à un rythme jamais vu jusqu'alors, faisant de l'humanité
une force de dimension géologique. Ce paradigme est encore renforcé aujourd'hui
par l'organisation internationale de la mise en concurrence généralisée, qui
rend très difficile de remettre en cause ce fonctionnement puisqu'en sortir
immédiatement et localement supposerait, vœu potentiellement dangereux au
regard de la citation qui va suivre, de pouvoir s'extraire complètement de
l'ensemble des institutions politico-économiques modernes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le texte introductif, qui rappelle en partie tout cela et évoque encore
d'autres aspects du problème, pèche parfois par esprit de système. Les auteurs,
sans doute excités de se mesurer à si formidable ennemi, lui prêtent beaucoup
et peut-être trop. J'aurais aimé trouver au moins une allusion à la capacité
que nous avons à nous saisir des outils techniques, à notre aptitude, certes
sans cesse entamée au fur et à mesure que le processus s'accélère, à nous y
adapter, à nous ménager de nouvelles marges de manœuvre, que ce soit en leur
sein (même si ces espaces sont qualitativement décroissants : il se passe plus
de choses d'un point de vue humain dans une réunion de famille que sur un forum
internet) ou à leurs frontières (que l'on se souvienne du film &amp;quot;&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.rienfoutre.cabrule-lefilm.com/&quot;&gt;Volem rien foutre al
pais&lt;/a&gt;&amp;quot;).  S'ils se gardent, et c'est heureux, de sombrer dans la
prophétie apocalyptique, le ton qu'ils emploient en emprunte certains accents.
Cependant, leur texte comporte de très beaux passages, notamment celui-ci que
je trouve excellent :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;&lt;em&gt;Les avatars fleurissent sur les forums, télévision et jeux vidéo
permettent de se forger à loisir des doubles virtuels, et l'isolement gagne
chaque jour du terrain puisque le réel du social est ainsi peu à peu déserté.
C'est l'idée même de société qui disparaît lentement sous nos yeux, alors que
les téléphones portables permettent de combler tous les interstices encore
vides de notre existence afin de ne plus laisser aucune prise à la rêverie et à
l'imprévu. L'étrangeté nous gagne tous, les visages impassibles du métro
parisien en sont le plus fidèle témoignage.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&lt;em&gt;En ruinant les espérances révolutionnaires, en focalisant la vie sur les
bonheurs privés, la civilisation du présent a déclenché, paradoxalement, une
volonté de la spécificité conférée par les racines collectives.&lt;/em&gt;&amp;quot; (Gilles
Lipovetsky, &lt;em&gt;Les Temps Hypermodernes&lt;/em&gt;, Grasset, 2004)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;L'ère de l'individualisme est justement l'époque où il faut s'inventer
une identité issue d'un collectif qui n'existe plus autrement que fantasmé :
communautarismes et fondamentalismes religieux et nationalistes font leur lit
du déracinement quotidien qu'opèrent les nouvelles technologies. L'oumma
virtuelle sur Internet, analysée par l'islamologue Olivier Roy (L'Islam
Mondialisé, Seuil, 2002) est un signe patent de ce besoin communautaire, recréé
via des technologies, afin de pouvoir à la fois conserver un semblant
d'identité collective encore nécessaire à l'individuation (le fait de devenir
soi-même de façon saine et viable) tout en évitant les contraintes collectives
liées à la sociabilité de groupe. Chacun se bricole son identité, quitte à
essayer d'être le plus &amp;quot;vrai&amp;quot; et le plus &amp;quot;authentique&amp;quot; possible, c'est-à-dire
inapte à l'acceptation d'autrui et donc fanatique.&lt;/em&gt;&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre apport du livre est d'inscrire cette critique dans notre monde actuel.
Écrans, informatique, téléphones portables et biométrie sont ainsi le sujet de
textes solides et parfois même très efficaces, comme celui du collectif
&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.piecesetmaindoeuvre.com/&quot;&gt;Pièces et
main-d'œuvre&lt;/a&gt; (région grenobloise) sur les conséquences sociales,
psychologiques, économiques, environnementales et humaines de la téléphonie
sans fil (&lt;em&gt;Le Téléphone portable, gadget de destruction massive - Pourquoi
il n'y a plus de gorilles dans le Grésivaudan&lt;/em&gt;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;&lt;em&gt;Non seulement le téléguidage rend le territoire virtuel, mais le bavardage
incessant dans le portable transforme la vie en son commentaire - partagé
malgré eux par les voisins du bruyant babillard. Une extraction de la réalité
qui culmine avec les fonctions appareil photo et caméra désormais intégrées à
tous les téléphones. L'important n'étant plus ce que l'on est en train de
vivre, mais les images que l'on en tire. Même les chanteurs pop se troublent de
ces forêts de portables tendus à bout de bras par des spectateurs pressés de
les mettre en boîte.&lt;/em&gt;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À la suite de la lecture de cet article, peut-être serez-vous tenté d'imiter
les participants du &lt;a hreflang=&quot;en&quot; href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Mobile_phone_throwing&quot;&gt;Mobile Phone Throwing
World Championship&lt;/a&gt; ? :-)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;object data=&quot;http://www.youtube.com/v/I_AzZSEJ5uk&amp;amp;hl=en&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; height=&quot;326&quot; width=&quot;400&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/I_AzZSEJ5uk&amp;amp;hl=en&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Merci à tous les auteurs pour leur travail, en espérant que ce livre rencontre
ses lecteurs et parvienne à faire connaître ces problématiques au-delà des
initiés.&lt;br /&gt;
Qu'un livre parvienne à rendre la monnaie de sa pièce à internet, voilà qui
serait un joli démenti à la citation d'exergue!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>La Belle Verte</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2008/05/24/La-Belle-Verte</link>
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    <pubDate>Sat, 24 May 2008 00:46:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
            
    <description>    &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Est un film de Coline Serreau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sorti en 1996, il raconte l'arrivée sur Terre, à Paris, d'une femme en
provenance d'une autre planète de couleur verte abritant une civilisation
d'humains beaucoup plus évolués dans le temps. Vivant paisiblement dans une
nature aimable, ces humains cultivent la télépathie, les jeux acrobatiques et
poétiques, les voyages interstellaires et les légumes frais. Leur grand plaisir
: les concerts de silence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De temps en temps, l'un d'entre eux part visiter les autres planètes, pour voir
comment ça se passe. Cela fait 200 ans que personne n'a été sur Terre. Mila,
une mère de beaux enfants, décide d'aller voir comment les choses évoluent chez
nous. Elle arrive à l'endroit prévu. Utilisons-nous encore la monnaie?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;object data=&quot;http://video.google.com/googleplayer.swf?docid=-7170118742684265402&amp;amp;hl=en&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; height=&quot;326&quot; width=&quot;400&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://video.google.com/googleplayer.swf?docid=-7170118742684265402&amp;amp;hl=en&quot; /&gt;
&lt;/object&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Lobbying au Parlement Européen : l'heure des comptes</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2008/04/30/Lobbying-au-Parlement-Europeen-%3A-lheure-des-comptes</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:b53ce989f82dd8e8ba0e46b7bb002346</guid>
    <pubDate>Wed, 30 Apr 2008 01:34:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
        <category>Union Européenne</category>
        <category>lobbying</category><category>UE</category>    
    <description>&lt;p&gt;Les 7 et 8 mai prochains, le Parlement européen va débattre puis voter le
&amp;quot;Rapport sur le développement du cadre régissant les activités des
représentants d’intérêts (lobbyistes) auprès des institutions de l'Union
européenne&amp;quot; (2007/2115(INI)). (&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//NONSGML+REPORT+A6-2008-0105+0+DOC+PDF+V0//FR&quot;&gt;télécharger
le rapport&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'un vote très important pour l'avenir des politiques de l'Union
Européenne car le rapport recommande de mettre en place un registre de
transparence des lobbyistes, obligatoire et commun aux trois institutions
(Commission, Parlement et Conseil). En d'autres termes, toute personne ou
organisation qui voudra contribuer à l'élaboration des politiques de l'UE, ou
les orienter dans un sens qui serve ses intérêts, devra dorénavant publier dans
un registre libre d'accès sur Internet un certain nombre d'informations sur son
identité, les intérêts qu'elle représente et le budget dont elle dispose pour
cela. Jusqu'à présent, les quelque 15.000 lobbyistes travaillant à Bruxelles
n'étaient pas tenus à une telle transparence de leurs activités, avec des
conséquences que l'on peut imaginer : certaines décisions prises par l'UE
étaient préparées par d'autres qu'elle, sans que cela se sache.&lt;/p&gt;    &lt;br /&gt;
Les acteurs les plus puissants sont souvent avantagés par le jeu de la
&amp;quot;gouvernance européenne&amp;quot;, faite de compromis permanents, d'autant plus que
l'expertise publique de l'UE est très limitée. On compte environ moitié moins
de lobbyistes à Bruxelles qu'à Washington, mais les effectifs de la Commission
représentent &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.repid.com/IMG/pdf/Bruxelles-Washington.pdf&quot;&gt;environ 2% de ceux de
l’administration fédérale américaine&lt;/a&gt;. Soit &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.lalettrevolee.net/article-11872992.html&quot;&gt;25 fois&lt;/a&gt; plus de
lobbyistes par fonctionnaire européen que par fonctionnaire américain... Les
lobbyistes, qui d'après le rapport et la Commission sont tous ceux qui exercent
des &amp;quot;&lt;em&gt;activités qui visent à influer sur l'élaboration des politiques et les
processus décisionnels des institutions de l'UE&lt;/em&gt;&amp;quot;, sont divers : unions
professionnelles, représentants d'entreprises, organisations syndicales, unions
patronales, bureaux d'avocats, ONG, think-tanks (groupes de réflexion)...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;Il est peu probable que la transparence permette d'empêcher la domination
des plus puissants. Mais il est certain que l'opacité les décharge de toute
responsabilité à l'endroit des décisions qu'ils prennent, et permet les abus de
pouvoir. Savoir qui est à l'origine de telle ou telle politique est essentiel
pour que les vrais auteurs des décisions soient responsables de leurs actes, et
non toujours les politiques qui, s'ils signent et prétendront toujours le
contraire, ne connaissent pas toujours le dessous des cartes. À cet égard, une
proposition très intéressante du rapport est d'assortir chaque rapport du
Parlement d'une &amp;quot;empreinte législative&amp;quot;, c'est-à-dire &amp;quot;&lt;em&gt;une liste indicative
(jointe à chaque rapport), des représentants d'intérêts accrédités qui ont été
consultés et ont eu un rôle important durant la préparation du rapport&lt;/em&gt;&amp;quot;.
Le rapport précise également qu'il souhaite que la Commission fasse de même en
ce qui concerne ses initiatives législatives; cela serait une avancée
importante. Pour citer le premier paragraphe de l'exposé des motifs du rapport
:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;&lt;em&gt;La transparence des institutions politiques est une condition
indispensable de leur légitimité. Il doit être facile de savoir comment les
décisions sont prises, de quelles influences elles sont le fruit et, enfin,
comment les ressources, c'est-à-dire l'argent du contribuable, sont attribuées.
Par conséquent, la réglementation des activités des groupes de pression est
fondamentalement une question de légitimité.&lt;/em&gt;&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;Il y a plusieurs façons de dissimuler une information. Le plus simple est de
ne rien dire. Mais ce n'est pas toujours facile ni possible, particulièrement
avec le développement des technologies de l'information. Aujourd'hui,
dissimuler une information importante peut aussi se faire en la noyant dans un
flot d'autres plus anecdotiques, en détournant les mots de leur sens ou en la
communiquant de telle sorte qu'elle soit indéchiffrable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, dans le cas qui nous intéresse, les lobbyistes devront déclarer
leur budget de lobbying mais il est précisé, au point 23 de la proposition de
résolution du Parlement Européen, que l'exactitude de ces chiffres &amp;quot;&lt;em&gt;n'est
pas nécessaire&lt;/em&gt;&amp;quot; mais doit se faire suivant des &amp;quot;&lt;em&gt;paramètres
judicieux&lt;/em&gt;&amp;quot;, sans plus de détails, ceux-ci étant laissés à la discrétion
d'un groupe de travail. C'est là l'une des faiblesses du rapport, qu'il faudra
que le Parlement améliore en séance plénière. Aux États-Unis, qui disposent
d'une réglementation bien plus stricte que l'UE dans ce domaine, les lobbyistes
sont tenus de déclarer leurs revenus de lobbying par client et par période de
six mois, en arrondissant à 10.000$ près (environ 6.500€). En février dernier,
les services de la Commission (qui prépare elle aussi un registre de
transparence du lobbying) pensaient demander aux lobbyistes de déclarer leurs
revenus sous deux formes : soit en valeur absolue mais en arrondissant à
50.000€ près (soit près de 8 fois plus qu'aux USA), soit en valeur relative,
sous forme de pourcentage de leur revenu par tranches de 10%. Ni dans un cas ni
dans l'autre, ces deux systèmes de mesure ne permettent d'obtenir des
informations utiles car ils arrondissent beaucoup trop large (on peut faire
énormément de choses avec 50.000€, et le système ne fera pas la différence avec
des actions de 100€...)&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
Ce rapport suggère que le registre soit obligatoire. C'est un élément très
important, et qui vient trancher &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.euractiv.com/fr/affaires-publiques/initiative-transparence/article-140895&quot;&gt;
de longs mois de débats&lt;/a&gt; dans un sens positif : le projet de résolution
suggère que le Parlement &amp;quot;&lt;em&gt;considère que l'enregistrement obligatoire
devrait être une exigence pour les lobbyistes qui souhaitent avoir
régulièrement accès aux institutions, comme cela est déjà le cas, de fait, au
Parlement&lt;/em&gt;&amp;quot;. Le caractère obligatoire ou facultatif de ce registre a fait
l'objet d'empoignades vigoureuses entre les associations de lobbyistes
professionnelles comme la &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.seap.eu.org/&quot;&gt;SEAP&lt;/a&gt; ou l'&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.epaca.org/&quot;&gt;EPACA&lt;/a&gt;, qui se prononçaient pour une auto-régulation
des lobbyistes au moyen de codes de conduite, et les militants d'&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.alter-eu.org/fr&quot;&gt;ALTER-EU&lt;/a&gt;, une coalition de la
société civile qui suit ce dossier de très près depuis le début et s'est battue
pied à pied pour le rendre le plus transparent possible. Que le Parlement se
prononce pour un registre obligatoire n'était pas évident, et il est
remarquable de sa part de l'avoir fait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que le Parlement se prononce pour un registre commun aux trois institutions, la
Commission, le Parlement et le Conseil (qui représente les États-membres) est
également très positif car cela permettrait de mieux savoir ce qui se passe au
Conseil, une vraie &amp;quot;boîte noire&amp;quot; en matière de transparence, et de mettre la
pression sur la Commission. Cette dernière, qui poursuit de son côté
l'élaboration de son propre registre et devrait le lancer en juin prochain,
proposait en effet depuis plus d'un an que l'inscription à son registre soit
volontaire. Elle avait même été jusqu'à proposer, en février dernier, que les
noms des lobbyistes individuels n'y soient pas mentionnés, contrairement à ce
qui se pratique aux USA, au Canada et... au Parlement Européen puisque celui-ci
possède déjà, depuis 1996, &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.europarl.europa.eu/parliament/expert/lobbyAlphaOrderByOrg.do?language=FR&quot;&gt;
un embryon de registre&lt;/a&gt; au sein duquel sont listés les noms des lobbyistes
et les organisations auxquelles ils appartiennent. Le motif affiché,
&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.euractiv.com/fr/affaires-publiques/commission-defie-critiques-transparence-lobbying/article-170304&quot;&gt;
selon la porte-parole de la Commission Valérie Rampi&lt;/a&gt;, était que cette
information n'était &amp;quot;&lt;em&gt;pas nécessaire&lt;/em&gt;&amp;quot; puisque des éléments de
transparence financière étaient présents dans le registre. Le vrai
motif?...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il semble que la Commission ait un peu de mal à faire coïncider les mots avec
les actes en ce qui concerne la transparence. Ainsi, l'on vient d'apprendre
qu'elle se préparerait à &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.statewatch.org/news/2008/apr/com-access-1049-statewatch-analysis-April.pdf&quot;&gt;
proposer des amendements&lt;/a&gt; à un règlement essentiel pour les citoyens de l'UE
: le règlement &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.europarl.europa.eu/register/pdf/r1049_fr.pdf&quot;&gt;1049/2001&lt;/a&gt;, qui
organise l'accès des citoyens aux documents internes des institutions
européennes. Cette disposition est cruciale pour tous ceux qui effectuent des
recherches sur les politiques de l'UE : universitaires, chercheurs,
journalistes, étudiants, militants... Aujourd'hui, on a le droit de demander à
la Commission tout document sur tout sujet sans devoir justifier sa démarche,
sous réserve qu'il ne soit pas couvert par les exceptions prévues à l'article 4
(surtout secret défense, protection de la vie privée, des intérêts
commerciaux...). Le délai est long (15 jours ouvrables, que la Commission a
tendance à proroger), mais le système fonctionne tant bien que mal. Un projet
d'amendement prévoit ainsi de ne plus considérer comme &amp;quot;document&amp;quot; que les seuls
documents enregistrés dans le système d'identification des documents par un
fonctionnaire; une porte ouverte à tous les abus. De plus, et c'est
particulièrement scandaleux, les institutions ne seraient plus tenues de
communiquer que les textes ayant trait à des mesures législatives. Des
centaines de milliers de documents n'ont pas, au sein des institutions de l'UE,
&amp;quot;trait à des mesures législatives&amp;quot;. &lt;em&gt;Last but not least&lt;/em&gt;, le délai
serait étendu à 30 jours ouvrables.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
De deux choses l'une : ou bien la Commission refuse tout simplement de
considérer que la transparence doit être autre chose qu'un slogan dépourvu
d'effets, ou bien elle a trop de travail pour accomplir ses différentes
missions et choisit donc de s'alléger de l'une d'entre elles, prenant pour
cible celle qui sera la moins bien défendue politiquement (on n'ose imaginer
les cris d'orfraie qu'auraient suscité une suspension des crédits à la
recherche sur les biotechnologies agricoles, par exemple : 100 millions d'euros
entre 2002 et 2007...). Les citoyens apprécieront.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On le voit, demander plus de transparence n'est pas si simple, en dépit des
déclarations d'intention. Le diable est, comme à son habitude, blotti bien au
chaud dans les détails. Le vote du 8 mai prochain est essentiel pour poser un
acte fort, mais &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.europarl.europa.eu/members/public.do?language=fr&quot;&gt;les députés&lt;/a&gt;
vont être soumis à de fortes pressions. À toutes les âmes de bonne volonté de
faire en sorte que ces pressions s'opèrent dans le sens de leur mandat : nous
représenter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Mise à jour du 9 mai 2008 :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les députés ont voté le texte... mais en l'amendant. Les avocats et les
organisations religieuses, notamment, ont réussi à se faire exempter
d'inscription au registre, et les députés ne sont pas parvenus à se mettre
d'accord sur une date de mise en œuvre du dispositif avant la fin de leur
mandat en juin 2009. Plus de détail dans le &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://verts-europe-sinople.net/Lobbying-le-vote-du-Parlement-europeen-sur-le-lobbying-demontre-le-poids-des&quot;&gt;
communiqué de presse des Verts au Parlement&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.nepigo.net/post/2008/04/30/Lobbying-au-Parlement-Europeen-%3A-lheure-des-comptes#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2008/04/26/Dialogue-aux-enfers-entre-Machiavel-et-Montesquieu</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:cc517ac6f1333d333545537e5f9f24a1</guid>
    <pubDate>Sat, 26 Apr 2008 15:32:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
            
    <description>&lt;p&gt;Amateurs de complots, de manipulations, paranoïaques persuadés que l'on vous
nuit et conspire à vous nuire, ce livre est pour vous. Paru en 1864 à Bruxelles
sous un pseudonyme, ce pamphlet violent de Maurice Joly, avocat, contre
Napoléon III est un dialogue entre les conceptions libérales de la politique,
incarnées par Montesquieu, et les apologues de la force et de la ruse incarnés
pour l'occasion par Machiavel. Les deux penseurs sont aux enfers et discutent
de leurs conceptions politiques respectives, et sur les moyens d'acquérir et de
conserver indéfiniment le pouvoir. C'est l'occasion pour Machiavel d'énoncer
quelques-unes de ses recettes, qui sont en fait une description crue des
pratiques du pouvoir impérial de l'époque : créer sa propre opposition pour
mieux identifier et contrôler les opposants, manipuler constamment la presse en
entretenant le flou sur les actions et les finalités du pouvoir, étourdir
l'opinion publique par le mouvement perpétuel, associer au pouvoir personnel
l'image de la jeunesse, du dynamisme et de la rupture... Tout parallèle avec
des gouvernants actuels ne serait bien sûr que fortuit.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;    Ce livre connut un sort funeste : identifié, l'auteur fut jeté en prison
pendant deux ans pour &amp;quot;excitation à la haine et au mépris du gouvernement&amp;quot;.
Malgré ses prises de position courageuses contre le régime impérial, ses amis
républicains l'écartent du pouvoir lors de l'avènement de la IIIe République
car ils jugent l'homme &amp;quot;incontrôlable&amp;quot;. Écœuré, Joly pense que la République ne
fait pas mieux que l'Empire dans ce domaine et finit par se suicider en
1878.&lt;br /&gt;
La carrière de l'ouvrage ne s'arrête pas là puisqu'il sert de base au
tristement célèbre &lt;em&gt;Protocole des Sages de Sion&lt;/em&gt;, pamphlet anti-sémite
fabriqué par la police tsariste. Ce plagiat, diffusé dans toute l'Europe de la
première moitié du XXe siècle par des russes blancs ayant fui la Révolution
bolchévique, fut un best-seller dès sa traduction en 1920, particulièrement en
Allemagne, et joua un rôle important dans l'histoire et l'instrumentalisation
de l'antisémitisme moderne. Il est encore utilisé aujourd'hui par certains
mouvements islamiques comme le Hamas - qui s'y réfère - pour diaboliser leur
adversaire israélien, et fait l'objet d'adaptations télévisées dans le monde
musulman (Égypte,  Iran). Il est remarquable, et significatif, que ce
chef-d'œuvre de manipulation policière soit basé sur une des critiques sociales
les plus violentes de son temps; ce simple fait pourrait donner raison, à titre
posthume, à la dénonciation de Maurice Joly...
&lt;p&gt;&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://blog.nepigo.net/public/Dialogue_aux_enfers_entre_Machiavel_et_Montesquieu_-_Maurice_Joly.pdf&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://blog.nepigo.net/public/Dialogue_aux_enfers_entre_Machiavel_et_Montesquieu_-_Maurice_Joly.pdf&quot;&gt;
Télécharger&lt;/a&gt; une copie de l'édition originale&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://fr.wikisource.org/wiki/Dialogue_aux_enfers_entre_Machiavel_et_Montesquieu&quot;&gt;
Texte sur Wikisource&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.nepigo.net/post/2008/04/26/Dialogue-aux-enfers-entre-Machiavel-et-Montesquieu#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>L'autre Europe</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2008/04/25/Lautre-Europe</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:95817420f1c24cb7cb495ae6baf1989d</guid>
    <pubDate>Fri, 25 Apr 2008 15:46:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;On a coutume de représenter l'Europe d'une certaine façon. En voici une
autre... &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2008/04/trait-de-lisb-1.html#comment-112098830&quot;&gt;
qu'affectionne certain général russe&lt;/a&gt;, semble-t-il. On le comprend :
Impossible d'échapper au fait que la Russie, dans cette configuration, est
évidemment le plus vaste pays d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 1em 1em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.nepigo.net/public/./.the_other_europe_m.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://blog.nepigo.net/public/the_other_europe.jpg&quot;&gt;Plus grande
image.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Image:Europe_satellite_globe.jpg&quot;&gt;Image
originale.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.nepigo.net/post/2008/04/25/Lautre-Europe#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>L'homme qui plantait des arbres</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2008/04/12/Lhomme-qui-plantait-des-arbres</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:85225316f0187949962ea128a6a4a552</guid>
    <pubDate>Sat, 12 Apr 2008 13:41:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
        <category>arbres</category><category>nature</category>    
    <description>    Pour changer un peu de ton, après la peur, je vous propose de regarder ce
superbe film de Frédéric Back, inspiré d'une histoire de Jean Giono et raconté
par Philippe Noiret. L'histoire d'un homme qui, à lui seul, régénère un pays,
de la façon la plus simple qui soit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Première partie :&lt;br /&gt;
&lt;object data=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/xuhkt&amp;amp;v3=1&amp;amp;colors=background:DDDDDD;glow:FFFFFF;foreground:333333;special:FFC300;&amp;amp;related=1&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; height=&quot;338&quot; width=&quot;420&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/xuhkt&amp;amp;v3=1&amp;amp;colors=background:DDDDDD;glow:FFFFFF;foreground:333333;special:FFC300;&amp;amp;related=1&quot; /&gt;
&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Seconde partie :&lt;br /&gt;
&lt;object data=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/xuhqs&amp;amp;v3=1&amp;amp;colors=background:DDDDDD;glow:FFFFFF;foreground:333333;special:FFC300;&amp;amp;related=1&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; height=&quot;338&quot; width=&quot;420&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/xuhqs&amp;amp;v3=1&amp;amp;colors=background:DDDDDD;glow:FFFFFF;foreground:333333;special:FFC300;&amp;amp;related=1&quot; /&gt;
&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous pouvez lire le texte original de la nouvelle, déposé dans le domaine
public dès sa création par son auteur, &lt;a href=&quot;http://fr.wikisource.org/wiki/L%27Homme_qui_plantait_des_arbres&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.nepigo.net/post/2008/04/12/Lhomme-qui-plantait-des-arbres#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Vivre le risque, vivre seul</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2008/04/10/Vivre-le-risque-vivre-seul</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:df2832b27e1842e5750ef166f76f5200</guid>
    <pubDate>Thu, 10 Apr 2008 19:57:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
        <category>individu</category><category>isolement</category><category>peur</category><category>politique</category><category>risque</category><category>travail</category>    
    <description>&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: right&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: right&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: right&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;« &lt;em style=&quot;&quot;&gt;La solitude désole le cœur et contente
l’esprit&lt;/em&gt; »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: right&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;Camille Belguise&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;Fuir est une stratégie
possible lorsque nous avons peur. Mais aujourd’hui, la mondialisation limite
cette possibilité car il n'y a plus d'extérieur où se réfugier. Le monde, du
fait du développement des systèmes de transport, s'est considérablement
rétréci. Les risques deviennent des risques internes, globaux, systémiques, qui
nous hantent parce que nous ne pouvons plus y échapper.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;Ulrich Beck parlait déjà, au
moment de Tchernobyl en 1986, de l’apparition de la « &lt;a href=&quot;http://pagesperso-orange.fr/marxiens/egep/pub/livres/beck.htm&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;société du risque&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; », une société ayant peur
d’elle-même et se critiquant parce qu’ayant trop bien réussi. Pour lui, cette
critique s’opère selon trois axes :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;- Les progrès de la
productivité, en diminuant la pression de la nécessité, mènent à une inversion
des priorités entre profits et risques, le progrès et ses effets secondaires.
La critique de la science et de l’économie se développe.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;- L’individualisation
résultant de l’État-providence, de la diversification des parcours et de la
division du travail fait éclater la famille et les normes salariales,
généralisant incertitude et insécurité.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;- La victoire de la démocratie
vide de sa substance le centralisme politique, qui perd de son pouvoir sur la
société. Celle-ci voit se développer l’action citoyenne sub-politique, plus ou
moins autonome, dirigée contre un pouvoir central sourd et une science aveugle
à ses effets. On peut parler d’une remise en cause du monopole de la science et
de la politique, du savoir et du pouvoir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;Vingt ans sont venus préciser
le diagnostic de Beck, l'infirmer sur certains points. Mais la peur est
toujours là, lancinante, avec ses effets.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt; &lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.nepigo.net/public/carte_radioactivite_tchernobyl.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;(Contamination radioactive à Tchernobyl aujourd'hui - voir
&lt;a href=&quot;http://www.dissident-media.org/infonucleaire/novozybkov_oubliers.html&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;carte originale&lt;/a&gt; )&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;La perception du risque,
puissamment entretenue et développée par la caisse de résonance que sont les
médias, génère des peurs qui doivent trouver à se résoudre sur le plan
politique ; pour autant que le politique puisse avoir prise sur leurs
causes. La peur des accidents industriels et de la pollution, la peur des
guerres, la peur des conséquences écologiques des activités humaines, la peur
de l'insécurité économique… sont des peurs auxquelles la politique pourrait
remédier. Mais les gouvernements européens y répondent actuellement en
installant des dispositifs de surveillance des individus &lt;a style=&quot;&quot; href=&quot;http://blog.nepigo.net/post/2008/04/10/#_ftn1&quot; name=&quot;_ftnref1&quot; title=&quot;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;(1), en
envoyant des troupes en Afghanistan, en privatisant des services publics qui
deviendront souvent plus chers, en détruisant des quartiers d’habitation pour
en faire des bureaux, en autorisant des OGM agricoles aux conséquences
écologiques, sociales et économiques désastreuses… le tout en allant se frapper
la poitrine lors de grand-messes médiatiques pour « sauver la
planète » : est-ce bien utile ? Si l’idée était d’approfondir les
causes de la peur, c’est réussi. Si l’objectif était de rassurer et sortir du
cercle vicieux de la peur qui s'auto-entretient, en revanche, il va falloir
trouver autre chose.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;Mais la peur est aussi un
cercle vicieux à l’échelle personnelle. Notre individualisation contemporaine
est potentiellement angoissante, et cette angoisse s’auto-perpétue. En effet,
notre vision de nous-mêmes comme « centre décisionnel », « lieu
de choix » tend à nous responsabiliser individuellement toujours
davantage, ce qui, en retour, suscite une crainte de l’échec individuel. Nous
sommes confrontés à des décisions qui auront un impact sur notre vie et, si
tout ne se passe pas comme prévu, nous percevrons ces échecs comme des échecs
personnels là où auparavant nous les aurions considérés comme de simples
« coups du sort »… ou, pour ceux qui n’ont pas encore oublié que
l’homme est à l’origine un animal social, comme la conséquence de logiques
collectives dépassant les marges de manœuvre individuelles. C’est
particulièrement le cas dans le monde du travail.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;La tension née de cette
volonté de performance individuelle diffuse des attitudes de condamnation
morale à l’encontre de ceux qui échouent, ou prennent leurs distances, avec ce
registre de l’hyperresponsabilité individuelle (« &lt;em style=&quot;&quot;&gt;c'est de sa
faute, il n'avait qu'à travailler&lt;/em&gt; »). Ce qui renforce la pression
pour tout le monde. De plus, cette tension se renforce dans la mesure où les
injonctions auxquelles l’individu est soumis sont contradictoires. Par exemple,
dans les entreprises, le discours managérial sur le travail diffère de celui
qui est réellement vécu par les salariés, qui, du coup, ne se voient jamais
reconnus dans la réalité de ce qu’ils font (2). Ou encore, on impute à des
individus la responsabilité de problèmes collectifs (un cadre sera menacé de
licenciement si l'équipe qu'il dirige n'atteint pas ses objectifs). Cette
violence et cette injustice structurelles créent un sentiment de peur
diffus.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt; &lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.nepigo.net/public/hundertwasser_-_noel_rate.jpg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial;&quot;&gt;&lt;a hreflang=&quot;en&quot; href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Friedensreich_Hundertwasser&quot;&gt;F.
Hundertwasser&lt;/a&gt; - Noël raté - 1966&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;font-family: Arial;&quot; /&gt;
&lt;span style=&quot;font-family: Arial;&quot;&gt;Aquarelle, œuf, huile sur papier apprêté
collé sur chanvre et marouflé sur toile - 73 x 60 cm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;Cette peur devant l'échec
individuel est un moteur puissant, qui implique la mise en place de stratégies
défensives contre la souffrance. Comme toutes les agressions, la peur peut
aboutir à des comportements de fuite, de lutte et de soumission (3).&lt;br /&gt;
 &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;La soumission consiste à
inhiber ses actions de façon à laisser l’initiative à la personne qui nous
domine. Au travail, les stratégies de soumission deviennent vite, s’il n’y a
pas de reconnaissance du véritable travail accompli, des stratégies défensives
du silence, de la cécité et de la surdité : chacun finit d'abord par se
préoccuper de « tenir », en ayant recours le cas échéant à des
produits (tranquillisants, dopants…) qui permettent de prolonger l’endurance et
la résistance. Avec tous les risques pour la santé que cela
comporte !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;Mais il y a d’autres modes de
soumission : le zèle, la flatterie, le refuge dans des comportements
stéréotypés/conformistes... On peut même parler de soumission librement
consentie (4) dans le cas d’un procédé de persuasion donnant l’impression aux
individus concernés qu’ils sont les auteurs de certaines décisions ; il
existe ainsi des méthodes de vente directe qui utilisent l’affirmation répétée
à l’acheteur potentiel qu’il est libre d’acheter ou non un objet, tout en
l’amenant par un effet d’entonnoir à approuver cet achat par une succession de
questions/réponses préparées. L'acheteur potentiel finira par acheter par
simple désir de donner une cohérence à ses propres réponses…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;Fuir dans un monde globalisé,
on l’a dit, n’est pas simple. Côté travail, il est malaisé de quitter son
emploi sans garantie d'en retrouver un autre quand, comme la plupart des gens,
on est pauvre et/ou endetté et qu’on n’a pas de compétence rare et recherchée.
Dans la vie, on ne peut facilement fuir certains engagements : une femme,
des enfants, des responsabilités importantes... Il reste malgré tout possible
de s’enfuir un peu en partant en vacances, en regardant la télévision, en
prenant des substances psychotropes, en se retirant du monde social, en se
dissolvant/réfugiant dans la réalité virtuelle, en mentant... Certains partent
quand même, abandonnent tout et tentent de se refaire une nouvelle vie
ailleurs. Plus légèrement, fuir peut aussi passer par la procrastination
(remettre au lendemain), la mise à distance (se protéger derrière un dispositif
comme un appareil photo, une caméra, un bloc-notes... possibilité bien connue
des journalistes !)...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;Côté lutte, la panoplie est
vaste. Dans le cadre de son travail, cela peut commencer par revendiquer et
obtenir un certain contrôle sur le contenu et les conditions d’exécution de son
activité. La négociation, la dérision, sont des façons de lutter. Citons encore
la contestation, la critique, l’affrontement verbal, la grève du zèle,
l’activité politique ou syndicale, le sabotage… et, bien sûr, l’affrontement
physique pur et simple.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;Malheureusement, cette peur a
aussi pour conséquence l'affaiblissement important des revendications
collectives depuis une vingtaine d'années : la précarisation du travail
(individualisation des performances, mise en compétition des salariés entre
eux, affaiblissement du droit du travail…) a pour effet d'intensifier le
travail et d'augmenter la souffrance subjective, ce qui neutralise la
mobilisation collective. Le malheur d'autrui, non seulement « on n'y peut
rien », mais sa perception même constitue une gêne ou une difficulté
subjective supplémentaire qui nuit aux efforts d'endurance. La misère du monde,
d’accord, mais à la télé et si possible exotique ou pittoresque...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;De plus, la peur finit par
décourager toute prise de risque. C'est grave, quand on sait qu'entamer une
relation amoureuse, par exemple, est aussi courir le risque d'être déçu et
blessé. Dans un ordre d’idée voisin, un journaliste belge, Mehmet Koksal, a
cessé de publier son &lt;a href=&quot;http://allochtone.blogspot.com/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;blog&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; suite à des pressions&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;de la part de son entourage, qui supportait mal ses prises de
position et les menaces et les insultes qui en découlaient. Il aurait été moins
risqué pour lui, dans ce contexte, d’être seul… C’est ainsi que la peur de
l’échec individuel tend à favoriser l'isolement, qui, lui-même, est facteur
d'anxiété. On n’en sort pas !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;Or, le contexte social dans
lequel nous vivons n’est pas une fatalité. Nous avons tous le pouvoir d’agir
sur ce contexte. Nous pourrions préférer nous faire confiance, essayer de
trouver de nouvelles façons de vivre ensemble sans sacrifier nos conquêtes de
liberté. Il n’est d’ailleurs pas question ici de lutter contre le risque
lui-même, qui est aussi une contrepartie de la liberté humaine, mais de le
rendre supportable et acceptable. Cependant, pour être efficaces, les actions
que nous devons mener ne doivent pas être qu’individuelles. Jusqu’où nous
éloignerons-nous les uns des autres ? À quoi bon ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&quot;&quot;&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
---------------------------------------&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(1) La menace terroriste existe, mais lutter efficacement contre elle suppose
d’une part d’agir sur les causes, et d’autre part de mener un véritable travail
de police, d’infiltration et d’enquête. Les mesures de contrôle de masse de la
population sont surtout là pour « rassurer la population » et sont
liberticides (mais, disent les mauvais esprits, augmentent les profits du
« marché de la sécurité »).&lt;br /&gt;
(2) voir l’excellent &lt;em style=&quot;&quot;&gt;Souffrance en France&lt;/em&gt;, &lt;em style=&quot;&quot;&gt;la
banalisation de l’injustice sociale&lt;/em&gt; du psychiatre C. Dejours, Seuil, 1998.
&lt;span style=&quot;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&quot;http://1libertaire.free.fr/Dejours01.html&quot;&gt;http://1libertaire.free.fr/Dejours01.html&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;

(3) Il semble que la réponse « fuir ou lutter » décrive mieux la
réponse masculine que la réponse féminine ; les femmes tendront davantage
à se tourner vers leurs proches pour offrir ou demander de l’aide, à tenter des
comportements de coopération.
&lt;div style=&quot;&quot; id=&quot;ftn3&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;MsoFootnoteText&quot;&gt;&lt;a style=&quot;&quot; href=&quot;http://blog.nepigo.net/post/2008/04/10/#_ftnref4&quot; name=&quot;_ftn4&quot; title=&quot;&quot;&gt;http://www.surgeongeneral.gov/library/mentalhealth/chapter4/sec2_1.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoFootnoteText&quot;&gt;(4) Joule et Beauvois, &lt;em style=&quot;&quot;&gt;Petit traité de
manipulation à l’usage des honnêtes gens&lt;/em&gt;, 1987.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;&quot; id=&quot;ftn4&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;MsoFootnoteText&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Petit_trait%C3%A9_de_manipulation_%C3%A0_l%27usage_des_honn%C3%AAtes_gens&quot;&gt;
http://fr.wikipedia.org/wiki/Petit_trait%C3%A9_de_manipulation_%C3%A0_l'usage_des_honn%C3%AAtes_gens&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.nepigo.net/post/2008/04/10/Vivre-le-risque-vivre-seul#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://blog.nepigo.net/post/2008/04/10/Vivre-le-risque-vivre-seul#comment-form</wfw:comment>
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      </item>
    
  <item>
    <title>La loi de la honte : les votants</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2008/04/10/La-loi-de-la-honte-%3A-les-votants</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:da9f3bf5b32d170ad7e73dd9afc8c750</guid>
    <pubDate>Thu, 10 Apr 2008 01:42:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
            
    <description>&lt;p&gt;Pour mémoire : les résultats du scrutin sur le projet de loi sur les OGM à
l'Assemblée Nationale française, le 9 avril 2008. Que ces messieurs-dames ne
l'emportent pas en paradis!&lt;/p&gt;    &lt;div id=&quot;corps&quot;&gt;
&lt;div id=&quot;entete&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;entetegeneraliste&quot;&gt;ANALYSE DU SCRUTIN N° 98 - SÉANCE DU
09/04/2008&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;titre&quot;&gt;SCRUTIN PUBLIC SUR&lt;br /&gt;
l'ensemble du projet de loi, adopté par le Sénat après déclaration d'urgence,
relatif aux organismes génétiquement modifiés.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;repartitionvotes&quot;&gt;Nombre de votants : &lt;strong&gt;518&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;repartitionvotes&quot;&gt;Nombre de suffrages exprimés :
&lt;strong&gt;477&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;repartitionvotes&quot;&gt;Majorité absolue : &lt;strong&gt;239&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;repartitionvotes&quot;&gt;Pour l'adoption : &lt;strong&gt;249&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;repartitionvotes&quot;&gt;Contre : &lt;strong&gt;228&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;analyse&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;nomgroupe&quot;&gt;GROUPE UNION POUR UN MOUVEMENT POPULAIRE (316)&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;typevote&quot;&gt;Pour : &lt;strong&gt;245&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;noms&quot;&gt;MM. Élie &lt;strong&gt;Aboud&lt;/strong&gt;,
Manuel &lt;strong&gt;Aeschlimann&lt;/strong&gt;, Yves &lt;strong&gt;Albarello&lt;/strong&gt;,
Alfred &lt;strong&gt;Almont&lt;/strong&gt;,
Mme Nicole &lt;strong&gt;Ameline&lt;/strong&gt;,
MM. Jean-Paul &lt;strong&gt;Anciaux&lt;/strong&gt;,
Benoist &lt;strong&gt;Apparu&lt;/strong&gt;, Jean &lt;strong&gt;Auclair&lt;/strong&gt;,
Mme Martine &lt;strong&gt;Aurillac&lt;/strong&gt;,
M. Patrick &lt;strong&gt;Balkany&lt;/strong&gt;,
Mme Sylvia &lt;strong&gt;Bassot&lt;/strong&gt;,
MM. Patrick &lt;strong&gt;Beaudouin&lt;/strong&gt;,
Jean-Claude &lt;strong&gt;Beaulieu&lt;/strong&gt;,
Pierre &lt;strong&gt;Bédier&lt;/strong&gt;, Jacques
Alain &lt;strong&gt;Bénisti&lt;/strong&gt;, Jean-Louis &lt;strong&gt;Bernard&lt;/strong&gt;,
Marc &lt;strong&gt;Bernier&lt;/strong&gt;, Jean-Yves &lt;strong&gt;Besselat&lt;/strong&gt;,
Gabriel &lt;strong&gt;Biancheri&lt;/strong&gt;, Jérôme &lt;strong&gt;Bignon&lt;/strong&gt;,
Jean-Marie &lt;strong&gt;Binetruy&lt;/strong&gt;,
Claude &lt;strong&gt;Birraux&lt;/strong&gt;, Etienne &lt;strong&gt;Blanc&lt;/strong&gt;,
Emile &lt;strong&gt;Blessig&lt;/strong&gt;, Claude &lt;strong&gt;Bodin&lt;/strong&gt;,
Philippe &lt;strong&gt;Boennec&lt;/strong&gt;, Marcel &lt;strong&gt;Bonnot&lt;/strong&gt;,
Jean-Yves &lt;strong&gt;Bony&lt;/strong&gt;,
Jean-Claude &lt;strong&gt;Bouchet&lt;/strong&gt;,
Gilles &lt;strong&gt;Bourdouleix&lt;/strong&gt;,
Mme Chantal &lt;strong&gt;Bourragué&lt;/strong&gt;,
MM. Michel &lt;strong&gt;Bouvard&lt;/strong&gt;,
Loïc &lt;strong&gt;Bouvard&lt;/strong&gt;,
Mmes Valérie &lt;strong&gt;Boyer&lt;/strong&gt;,
Françoise &lt;strong&gt;Branget&lt;/strong&gt;,
MM. Xavier &lt;strong&gt;Breton&lt;/strong&gt;,
Philippe &lt;strong&gt;Briand&lt;/strong&gt;, Bernard &lt;strong&gt;Brochand&lt;/strong&gt;,
Mme Chantal &lt;strong&gt;Brunel&lt;/strong&gt;,
MM. Michel &lt;strong&gt;Buillard&lt;/strong&gt;, Yves &lt;strong&gt;Bur&lt;/strong&gt;,
Dominique &lt;strong&gt;Caillaud&lt;/strong&gt;,
Patrice &lt;strong&gt;Calméjane&lt;/strong&gt;, Bernard &lt;strong&gt;Carayon&lt;/strong&gt;,
Pierre &lt;strong&gt;Cardo&lt;/strong&gt;, Olivier &lt;strong&gt;Carré&lt;/strong&gt;,
Gilles &lt;strong&gt;Carrez&lt;/strong&gt;,
Mme Joëlle &lt;strong&gt;Ceccaldi-Raynaud&lt;/strong&gt;,
MM. Yves &lt;strong&gt;Censi&lt;/strong&gt;,
Jean-Paul &lt;strong&gt;Charié&lt;/strong&gt;, Jérôme &lt;strong&gt;Chartier&lt;/strong&gt;,
Gérard &lt;strong&gt;Cherpion&lt;/strong&gt;, Jean-Louis &lt;strong&gt;Christ&lt;/strong&gt;,
Eric &lt;strong&gt;Ciotti&lt;/strong&gt;, Pascal &lt;strong&gt;Clément&lt;/strong&gt;,
Philippe &lt;strong&gt;Cochet&lt;/strong&gt;,
Mme Geneviève &lt;strong&gt;Colot&lt;/strong&gt;,
MM. Jean-François &lt;strong&gt;Copé&lt;/strong&gt;,
François &lt;strong&gt;Cornut-Gentille&lt;/strong&gt;,
Louis &lt;strong&gt;Cosyns&lt;/strong&gt;, Edouard &lt;strong&gt;Courtial&lt;/strong&gt;,
Alain &lt;strong&gt;Cousin&lt;/strong&gt;, Jean-Yves &lt;strong&gt;Cousin&lt;/strong&gt;,
Jean-Michel &lt;strong&gt;Couve&lt;/strong&gt;, Henri &lt;strong&gt;Cuq&lt;/strong&gt;,
Mme Marie-Christine &lt;strong&gt;Dalloz&lt;/strong&gt;,
MM. Olivier &lt;strong&gt;Dassault&lt;/strong&gt;,
Marc-Philippe &lt;strong&gt;Daubresse&lt;/strong&gt;,
Bernard &lt;strong&gt;Debré&lt;/strong&gt;, Jean-Pierre &lt;strong&gt;Decool&lt;/strong&gt;,
Bernard &lt;strong&gt;Deflesselles&lt;/strong&gt;, Rémi &lt;strong&gt;Delatte&lt;/strong&gt;,
Richard &lt;strong&gt;Dell'Agnola&lt;/strong&gt;,
Mme Sophie &lt;strong&gt;Delong&lt;/strong&gt;,
MM. Jean-Marie &lt;strong&gt;Demange&lt;/strong&gt;,
Yves &lt;strong&gt;Deniaud&lt;/strong&gt;, Patrick &lt;strong&gt;Devedjian&lt;/strong&gt;,
Nicolas &lt;strong&gt;Dhuicq&lt;/strong&gt;,
Michel &lt;strong&gt;Diefenbacher&lt;/strong&gt;,
Jacques &lt;strong&gt;Domergue&lt;/strong&gt;, Jean-Pierre &lt;strong&gt;Door&lt;/strong&gt;,
Jean-Pierre &lt;strong&gt;Dupont&lt;/strong&gt;, Mme Marie-Hélène
des &lt;strong&gt;Esgaulx&lt;/strong&gt;, MM. Gilles
d' &lt;strong&gt;Ettore&lt;/strong&gt;, Daniel &lt;strong&gt;Fasquelle&lt;/strong&gt;,
Jean-Michel &lt;strong&gt;Ferrand&lt;/strong&gt;,
Daniel &lt;strong&gt;Fidelin&lt;/strong&gt;, Jean-Claude &lt;strong&gt;Flory&lt;/strong&gt;,
Nicolas &lt;strong&gt;Forissier&lt;/strong&gt;,
Mme Marie-Louise &lt;strong&gt;Fort&lt;/strong&gt;,
MM. Jean-Michel &lt;strong&gt;Fourgous&lt;/strong&gt;,
Marc &lt;strong&gt;Francina&lt;/strong&gt;,
Mme Arlette &lt;strong&gt;Franco&lt;/strong&gt;,
MM. Pierre &lt;strong&gt;Frogier&lt;/strong&gt;,
Yves &lt;strong&gt;Fromion&lt;/strong&gt;,
Mme Cécile &lt;strong&gt;Gallez&lt;/strong&gt;,
MM. Sauveur &lt;strong&gt;Gandolfi-Scheit&lt;/strong&gt;,
Jean-Paul &lt;strong&gt;Garraud&lt;/strong&gt;, Daniel &lt;strong&gt;Garrigue&lt;/strong&gt;,
Claude &lt;strong&gt;Gatignol&lt;/strong&gt;, Gérard &lt;strong&gt;Gaudron&lt;/strong&gt;,
Jean-Jacques &lt;strong&gt;Gaultier&lt;/strong&gt;,
Guy &lt;strong&gt;Geoffroy&lt;/strong&gt;, Bernard &lt;strong&gt;Gérard&lt;/strong&gt;,
Alain &lt;strong&gt;Gest&lt;/strong&gt;, Franck &lt;strong&gt;Gilard&lt;/strong&gt;,
Georges &lt;strong&gt;Ginesta&lt;/strong&gt;, Louis &lt;strong&gt;Giscard
d'Estaing&lt;/strong&gt;, Claude &lt;strong&gt;Goasguen&lt;/strong&gt;,
Didier &lt;strong&gt;Gonzales&lt;/strong&gt;, Philippe &lt;strong&gt;Gosselin&lt;/strong&gt;,
Philippe &lt;strong&gt;Goujon&lt;/strong&gt;, François &lt;strong&gt;Goulard&lt;/strong&gt;,
Michel &lt;strong&gt;Grall&lt;/strong&gt;, Jean-Pierre &lt;strong&gt;Grand&lt;/strong&gt;,
Mmes Claude &lt;strong&gt;Greff&lt;/strong&gt;,
Pascale &lt;strong&gt;Gruny&lt;/strong&gt;,
M. Louis &lt;strong&gt;Guédon&lt;/strong&gt;,
Mme Françoise &lt;strong&gt;Guégot&lt;/strong&gt;,
MM. Jean-Claude &lt;strong&gt;Guibal&lt;/strong&gt;,
Gérard &lt;strong&gt;Hamel&lt;/strong&gt;, Michel &lt;strong&gt;Havard&lt;/strong&gt;,
Michel &lt;strong&gt;Heinrich&lt;/strong&gt;, Laurent &lt;strong&gt;Hénart&lt;/strong&gt;,
Michel &lt;strong&gt;Herbillon&lt;/strong&gt;, Antoine &lt;strong&gt;Herth&lt;/strong&gt;,
Mme Françoise &lt;strong&gt;Hostalier&lt;/strong&gt;,
MM. Philippe &lt;strong&gt;Houillon&lt;/strong&gt;,
Guénhaël &lt;strong&gt;Huet&lt;/strong&gt;,
Mme Jacqueline &lt;strong&gt;Irles&lt;/strong&gt;,
MM. Christian &lt;strong&gt;Jacob&lt;/strong&gt;,
Denis &lt;strong&gt;Jacquat&lt;/strong&gt;,
Mme Maryse &lt;strong&gt;Joissains-Masini&lt;/strong&gt;,
MM. Marc &lt;strong&gt;Joulaud&lt;/strong&gt;,
Didier &lt;strong&gt;Julia&lt;/strong&gt;, Christian &lt;strong&gt;Kert&lt;/strong&gt;,
Mme Fabienne &lt;strong&gt;Labrette-Ménager&lt;/strong&gt;,
MM. Marc &lt;strong&gt;Laffineur&lt;/strong&gt;,
Jacques &lt;strong&gt;Lamblin&lt;/strong&gt;,
Jean-François &lt;strong&gt;Lamour&lt;/strong&gt;,
Mmes Marguerite &lt;strong&gt;Lamour&lt;/strong&gt;, Laure de &lt;strong&gt;La
Raudière&lt;/strong&gt;, MM. Pierre &lt;strong&gt;Lasbordes&lt;/strong&gt;, Charles
de &lt;strong&gt;La Verpillière&lt;/strong&gt;, Thierry &lt;strong&gt;Lazaro&lt;/strong&gt;,
Robert &lt;strong&gt;Lecou&lt;/strong&gt;, Frédéric &lt;strong&gt;Lefebvre&lt;/strong&gt;,
Jean-Marc &lt;strong&gt;Lefranc&lt;/strong&gt;, Marc &lt;strong&gt;Le Fur&lt;/strong&gt;,
Jacques &lt;strong&gt;Le Guen&lt;/strong&gt;, Michel &lt;strong&gt;Lejeune&lt;/strong&gt;,
Pierre &lt;strong&gt;Lellouche&lt;/strong&gt;, Bruno &lt;strong&gt;Le Maire&lt;/strong&gt;,
Jean-Claude &lt;strong&gt;Lenoir&lt;/strong&gt;,
Jean-Louis &lt;strong&gt;Léonard&lt;/strong&gt;, Jean &lt;strong&gt;Leonetti&lt;/strong&gt;,
Pierre &lt;strong&gt;Lequiller&lt;/strong&gt;, Céleste &lt;strong&gt;Lett&lt;/strong&gt;,
Mme Geneviève &lt;strong&gt;Levy&lt;/strong&gt;,
MM. Michel &lt;strong&gt;Lezeau&lt;/strong&gt;,
François &lt;strong&gt;Loos&lt;/strong&gt;, Gérard &lt;strong&gt;Lorgeoux&lt;/strong&gt;,
Mme Gabrielle &lt;strong&gt;Louis-Carabin&lt;/strong&gt;,
MM. Guy &lt;strong&gt;Malherbe&lt;/strong&gt;,
Richard &lt;strong&gt;Mallié&lt;/strong&gt;,
Jean-François &lt;strong&gt;Mancel&lt;/strong&gt;,
Thierry &lt;strong&gt;Mariani&lt;/strong&gt;,
Mme Christine &lt;strong&gt;Marin&lt;/strong&gt;,
M. Hervé &lt;strong&gt;Mariton&lt;/strong&gt;,
Mme Muriel &lt;strong&gt;Marland-Militello&lt;/strong&gt;,
MM. Patrice &lt;strong&gt;Martin-Lalande&lt;/strong&gt;,
Alain &lt;strong&gt;Marty&lt;/strong&gt;, Jacques &lt;strong&gt;Masdeu-Arus&lt;/strong&gt;,
Jean-Claude &lt;strong&gt;Mathis&lt;/strong&gt;,
Jean-Philippe &lt;strong&gt;Maurer&lt;/strong&gt;,
Pierre &lt;strong&gt;Méhaignerie&lt;/strong&gt;,
Christian &lt;strong&gt;Ménard&lt;/strong&gt;, Philippe &lt;strong&gt;Meunier&lt;/strong&gt;,
Jean-Claude &lt;strong&gt;Mignon&lt;/strong&gt;,
Mme Marie-Anne &lt;strong&gt;Montchamp&lt;/strong&gt;,
MM. Pierre &lt;strong&gt;Morel-A-L'Huissier&lt;/strong&gt;,
Georges &lt;strong&gt;Mothron&lt;/strong&gt;, Etienne &lt;strong&gt;Mourrut&lt;/strong&gt;,
Alain &lt;strong&gt;Moyne-Bressand&lt;/strong&gt;,
Renaud &lt;strong&gt;Muselier&lt;/strong&gt;, Jean-Marc &lt;strong&gt;Nesme&lt;/strong&gt;,
Jean-Pierre &lt;strong&gt;Nicolas&lt;/strong&gt;,
Patrick &lt;strong&gt;Ollier&lt;/strong&gt;, Mme Françoise
de &lt;strong&gt;Panafieu&lt;/strong&gt;,
MM. Bertrand &lt;strong&gt;Pancher&lt;/strong&gt;,
Yanick &lt;strong&gt;Paternotte&lt;/strong&gt;,
Christian &lt;strong&gt;Patria&lt;/strong&gt;,
Mme Béatrice &lt;strong&gt;Pavy&lt;/strong&gt;,
MM. Jacques &lt;strong&gt;Pélissard&lt;/strong&gt;,
Dominique &lt;strong&gt;Perben&lt;/strong&gt;, Michel &lt;strong&gt;Piron&lt;/strong&gt;,
Henri &lt;strong&gt;Plagnol&lt;/strong&gt;, Serge &lt;strong&gt;Poignant&lt;/strong&gt;,
Mme Bérengère &lt;strong&gt;Poletti&lt;/strong&gt;,
MM. Axel &lt;strong&gt;Poniatowski&lt;/strong&gt;,
Daniel &lt;strong&gt;Poulou&lt;/strong&gt;, Jean &lt;strong&gt;Proriol&lt;/strong&gt;,
Didier &lt;strong&gt;Quentin&lt;/strong&gt;, Michel &lt;strong&gt;Raison&lt;/strong&gt;,
Eric &lt;strong&gt;Raoult&lt;/strong&gt;, Frédéric &lt;strong&gt;Reiss&lt;/strong&gt;,
Jean-Luc &lt;strong&gt;Reitzer&lt;/strong&gt;, Bernard &lt;strong&gt;Reynès&lt;/strong&gt;,
Franck &lt;strong&gt;Reynier&lt;/strong&gt;, Franck &lt;strong&gt;Riester&lt;/strong&gt;,
Jean &lt;strong&gt;Roatta&lt;/strong&gt;, Camille de &lt;strong&gt;Rocca
Serra&lt;/strong&gt;, Mme Marie-Josée &lt;strong&gt;Roig&lt;/strong&gt;,
M. Jean-Marie &lt;strong&gt;Rolland&lt;/strong&gt;,
Mme Valérie &lt;strong&gt;Rosso-Debord&lt;/strong&gt;,
MM. Jean-Marc &lt;strong&gt;Roubaud&lt;/strong&gt;,
Bruno &lt;strong&gt;Sandras&lt;/strong&gt;, François &lt;strong&gt;Scellier&lt;/strong&gt;,
André &lt;strong&gt;Schneider&lt;/strong&gt;,
Jean-Pierre &lt;strong&gt;Schosteck&lt;/strong&gt;,
Jean-Marie &lt;strong&gt;Sermier&lt;/strong&gt;,
Jean-Pierre &lt;strong&gt;Soisson&lt;/strong&gt;, Michel &lt;strong&gt;Sordi&lt;/strong&gt;,
Mme Michèle &lt;strong&gt;Tabarot&lt;/strong&gt;,
MM. Jean-Charles &lt;strong&gt;Taugourdeau&lt;/strong&gt;,
Guy &lt;strong&gt;Teissier&lt;/strong&gt;, Michel &lt;strong&gt;Terrot&lt;/strong&gt;,
Jean-Claude &lt;strong&gt;Thomas&lt;/strong&gt;, Dominique &lt;strong&gt;Tian&lt;/strong&gt;,
Jean &lt;strong&gt;Tiberi&lt;/strong&gt;,
Alfred &lt;strong&gt;Trassy-Paillogues&lt;/strong&gt;,
Georges &lt;strong&gt;Tron&lt;/strong&gt;, Jean &lt;strong&gt;Ueberschlag&lt;/strong&gt;,
Yves &lt;strong&gt;Vandewalle&lt;/strong&gt;,
Christian &lt;strong&gt;Vanneste&lt;/strong&gt;,
Mmes Isabelle &lt;strong&gt;Vasseur&lt;/strong&gt;,
Catherine &lt;strong&gt;Vautrin&lt;/strong&gt;,
MM. Patrice &lt;strong&gt;Verchère&lt;/strong&gt;,
Jean-Sébastien &lt;strong&gt;Vialatte&lt;/strong&gt;,
René-Paul &lt;strong&gt;Victoria&lt;/strong&gt;, Gérard &lt;strong&gt;Voisin&lt;/strong&gt;,
Michel &lt;strong&gt;Voisin&lt;/strong&gt;, Jean-Luc &lt;strong&gt;Warsmann&lt;/strong&gt;,
André &lt;strong&gt;Wojciechowski&lt;/strong&gt; et
Gaël &lt;strong&gt;Yanno&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;typevote&quot;&gt;Contre : &lt;strong&gt;10&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;noms&quot;&gt;MM. Jean-François &lt;strong&gt;Chossy&lt;/strong&gt;,
Dino &lt;strong&gt;Cinieri&lt;/strong&gt;, René &lt;strong&gt;Couanau&lt;/strong&gt;,
François &lt;strong&gt;Grosdidier&lt;/strong&gt;,
Christophe &lt;strong&gt;Guilloteau&lt;/strong&gt;, Jacques &lt;strong&gt;Le
Nay&lt;/strong&gt;, Damien &lt;strong&gt;Meslot&lt;/strong&gt;,
Yves &lt;strong&gt;Nicolin&lt;/strong&gt;, Daniel &lt;strong&gt;Spagnou&lt;/strong&gt; et
François &lt;strong&gt;Vannson&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;typevote&quot;&gt;Abstention : &lt;strong&gt;31&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;noms&quot;&gt;MM. Pierre-Christophe &lt;strong&gt;Baguet&lt;/strong&gt;,
François &lt;strong&gt;Calvet&lt;/strong&gt;, Georges &lt;strong&gt;Colombier&lt;/strong&gt;,
Bernard &lt;strong&gt;Depierre&lt;/strong&gt;, Vincent &lt;strong&gt;Descoeur&lt;/strong&gt;,
Eric &lt;strong&gt;Diard&lt;/strong&gt;, Dominique &lt;strong&gt;Dord&lt;/strong&gt;,
Yannick &lt;strong&gt;Favennec&lt;/strong&gt;,
Jacques &lt;strong&gt;Grosperrin&lt;/strong&gt;,
Mme Arlette &lt;strong&gt;Grosskost&lt;/strong&gt;,
MM. Sébastien &lt;strong&gt;Huyghe&lt;/strong&gt;,
Paul &lt;strong&gt;Jeanneteau&lt;/strong&gt;, Jacques &lt;strong&gt;Kossowski&lt;/strong&gt;,
Dominique &lt;strong&gt;Le Mèner&lt;/strong&gt;, Lionnel &lt;strong&gt;Luca&lt;/strong&gt;,
Daniel &lt;strong&gt;Mach&lt;/strong&gt;, Alain &lt;strong&gt;Marc&lt;/strong&gt;,
Jean-Pierre &lt;strong&gt;Marcon&lt;/strong&gt;, Franck &lt;strong&gt;Marlin&lt;/strong&gt;,
Jean &lt;strong&gt;Marsaudon&lt;/strong&gt;,
Philippe-Armand &lt;strong&gt;Martin&lt;/strong&gt;,
Jean-Marie &lt;strong&gt;Morisset&lt;/strong&gt;,
Bernard &lt;strong&gt;Perrut&lt;/strong&gt;, Etienne &lt;strong&gt;Pinte&lt;/strong&gt;,
Christophe &lt;strong&gt;Priou&lt;/strong&gt;, Jacques &lt;strong&gt;Remiller&lt;/strong&gt;,
Martial &lt;strong&gt;Saddier&lt;/strong&gt;,
Francis &lt;strong&gt;Saint-Léger&lt;/strong&gt;,
Eric &lt;strong&gt;Straumann&lt;/strong&gt;, Lionel &lt;strong&gt;Tardy&lt;/strong&gt; et
Mme Marie-Jo &lt;strong&gt;Zimmermann&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;typevote&quot;&gt;Non-votants : &lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;noms&quot;&gt;MM. Bernard &lt;strong&gt;Accoyer&lt;/strong&gt; (président de
l'Assemblée nationale), Yves &lt;strong&gt;Jego&lt;/strong&gt;(Membre du
gouvernement), Alain &lt;strong&gt;Joyandet&lt;/strong&gt;(Membre du gouvernement) et
Mme Nadine &lt;strong&gt;Morano&lt;/strong&gt;(Membre du gouvernement).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;nomgroupe&quot;&gt;GROUPE SOCIALISTE, RADICAL, CITOYEN ET DIVERS GAUCHE
(205)&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;typevote&quot;&gt;Contre : &lt;strong&gt;190&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;noms&quot;&gt;Mmes Patricia &lt;strong&gt;Adam&lt;/strong&gt;,
Sylvie &lt;strong&gt;Andrieux&lt;/strong&gt;,
MM. Jean-Marc &lt;strong&gt;Ayrault&lt;/strong&gt;,
Jean-Paul &lt;strong&gt;Bacquet&lt;/strong&gt;, Dominique &lt;strong&gt;Baert&lt;/strong&gt;,
Gérard &lt;strong&gt;Bapt&lt;/strong&gt;, Claude &lt;strong&gt;Bartolone&lt;/strong&gt;,
Jacques &lt;strong&gt;Bascou&lt;/strong&gt;,
Mmes Delphine &lt;strong&gt;Batho&lt;/strong&gt;,
Chantal &lt;strong&gt;Berthelot&lt;/strong&gt;,
M. Jean-Louis &lt;strong&gt;Bianco&lt;/strong&gt;,
Mme Gisèle &lt;strong&gt;Biémouret&lt;/strong&gt;,
MM. Serge &lt;strong&gt;Blisko&lt;/strong&gt;,
Patrick &lt;strong&gt;Bloche&lt;/strong&gt;, Daniel &lt;strong&gt;Boisserie&lt;/strong&gt;,
Maxime &lt;strong&gt;Bono&lt;/strong&gt;,
Mme Marie-Odile &lt;strong&gt;Bouillé&lt;/strong&gt;,
M. Christophe &lt;strong&gt;Bouillon&lt;/strong&gt;,
Mme Monique &lt;strong&gt;Boulestin&lt;/strong&gt;,
M. Pierre &lt;strong&gt;Bourguignon&lt;/strong&gt;,
Mme Danielle &lt;strong&gt;Bousquet&lt;/strong&gt;,
MM. François &lt;strong&gt;Brottes&lt;/strong&gt;,
Alain &lt;strong&gt;Cacheux&lt;/strong&gt;, Thierry &lt;strong&gt;Carcenac&lt;/strong&gt;,
Christophe &lt;strong&gt;Caresche&lt;/strong&gt;,
Mme Martine &lt;strong&gt;Carrillon-Couvreur&lt;/strong&gt;,
MM. Laurent &lt;strong&gt;Cathala&lt;/strong&gt;,
Bernard &lt;strong&gt;Cazeneuve&lt;/strong&gt;, Guy &lt;strong&gt;Chambefort&lt;/strong&gt;,
Gérard &lt;strong&gt;Charasse&lt;/strong&gt;, Alain &lt;strong&gt;Claeys&lt;/strong&gt;,
Jean-Michel &lt;strong&gt;Clément&lt;/strong&gt;,
Mme Marie-Françoise &lt;strong&gt;Clergeau&lt;/strong&gt;,
M. Pierre &lt;strong&gt;Cohen&lt;/strong&gt;,
Mmes Catherine &lt;strong&gt;Coutelle&lt;/strong&gt;,
Pascale &lt;strong&gt;Crozon&lt;/strong&gt;,
M. Frédéric &lt;strong&gt;Cuvillier&lt;/strong&gt;,
Mme Claude &lt;strong&gt;Darciaux&lt;/strong&gt;,
M. Pascal &lt;strong&gt;Deguilhem&lt;/strong&gt;,
Mme Michèle &lt;strong&gt;Delaunay&lt;/strong&gt;,
MM. Guy &lt;strong&gt;Delcourt&lt;/strong&gt;,
Michel &lt;strong&gt;Delebarre&lt;/strong&gt;, Bernard &lt;strong&gt;Derosier&lt;/strong&gt;,
Marc &lt;strong&gt;Dolez&lt;/strong&gt;, René &lt;strong&gt;Dosière&lt;/strong&gt;,
Julien &lt;strong&gt;Dray&lt;/strong&gt;, Tony &lt;strong&gt;Dreyfus&lt;/strong&gt;,
Jean-Pierre &lt;strong&gt;Dufau&lt;/strong&gt;, William &lt;strong&gt;Dumas&lt;/strong&gt;,
Mme Laurence &lt;strong&gt;Dumont&lt;/strong&gt;,
MM. Jean-Louis &lt;strong&gt;Dumont&lt;/strong&gt;,
Jean-Paul &lt;strong&gt;Dupré&lt;/strong&gt;, Yves &lt;strong&gt;Durand&lt;/strong&gt;,
Mme Odette &lt;strong&gt;Duriez&lt;/strong&gt;,
MM. Philippe &lt;strong&gt;Duron&lt;/strong&gt;,
Olivier &lt;strong&gt;Dussopt&lt;/strong&gt;, Christian &lt;strong&gt;Eckert&lt;/strong&gt;,
Henri &lt;strong&gt;Emmanuelli&lt;/strong&gt;,
Mme Corinne &lt;strong&gt;Erhel&lt;/strong&gt;,
MM. Laurent &lt;strong&gt;Fabius&lt;/strong&gt;,
Albert &lt;strong&gt;Facon&lt;/strong&gt;,
Mme Martine &lt;strong&gt;Faure&lt;/strong&gt;,
M. Hervé &lt;strong&gt;Feron&lt;/strong&gt;,
Mme Geneviève &lt;strong&gt;Fioraso&lt;/strong&gt;,
MM. Pierre &lt;strong&gt;Forgues&lt;/strong&gt;,
Michel &lt;strong&gt;Françaix&lt;/strong&gt;,
Jean-Claude &lt;strong&gt;Fruteau&lt;/strong&gt;,
Jean-Louis &lt;strong&gt;Gagnaire&lt;/strong&gt;,
Mme Geneviève &lt;strong&gt;Gaillard&lt;/strong&gt;,
MM. Guillaume &lt;strong&gt;Garot&lt;/strong&gt;,
Jean &lt;strong&gt;Gaubert&lt;/strong&gt;,
Mme Catherine &lt;strong&gt;Génisson&lt;/strong&gt;,
M. Jean-Patrick &lt;strong&gt;Gille&lt;/strong&gt;,
Mme Annick &lt;strong&gt;Girardin&lt;/strong&gt;,
MM. Joël &lt;strong&gt;Giraud&lt;/strong&gt;, Jean &lt;strong&gt;Glavany&lt;/strong&gt;,
Daniel &lt;strong&gt;Goldberg&lt;/strong&gt;, Gaëtan &lt;strong&gt;Gorce&lt;/strong&gt;,
Mme Pascale &lt;strong&gt;Got&lt;/strong&gt;,
MM. Marc &lt;strong&gt;Goua&lt;/strong&gt;, Jean &lt;strong&gt;Grellier&lt;/strong&gt;,
Mme Elisabeth &lt;strong&gt;Guigou&lt;/strong&gt;,
M. David &lt;strong&gt;Habib&lt;/strong&gt;,
Mme Danièle &lt;strong&gt;Hoffman-Rispal&lt;/strong&gt;,
M. François &lt;strong&gt;Hollande&lt;/strong&gt;,
Mme Sandrine &lt;strong&gt;Hurel&lt;/strong&gt;,
M. Christian &lt;strong&gt;Hutin&lt;/strong&gt;,
Mme Monique &lt;strong&gt;Iborra&lt;/strong&gt;,
M. Jean-Louis &lt;strong&gt;Idiart&lt;/strong&gt;,
Mme Françoise &lt;strong&gt;Imbert&lt;/strong&gt;,
MM. Michel &lt;strong&gt;Issindou&lt;/strong&gt;,
Eric &lt;strong&gt;Jalton&lt;/strong&gt;, Serge &lt;strong&gt;Janquin&lt;/strong&gt;,
Henri &lt;strong&gt;Jibrayel&lt;/strong&gt;, Régis &lt;strong&gt;Juanico&lt;/strong&gt;,
Armand &lt;strong&gt;Jung&lt;/strong&gt;,
Mme Marietta &lt;strong&gt;Karamanli&lt;/strong&gt;,
M. Jean-Pierre &lt;strong&gt;Kucheida&lt;/strong&gt;,
Mme Conchita &lt;strong&gt;Lacuey&lt;/strong&gt;,
MM. Jérôme &lt;strong&gt;Lambert&lt;/strong&gt;,
François &lt;strong&gt;Lamy&lt;/strong&gt;, Jack &lt;strong&gt;Lang&lt;/strong&gt;,
Jean-Yves &lt;strong&gt;Le Bouillonnec&lt;/strong&gt;,
Mme Marylise &lt;strong&gt;Lebranchu&lt;/strong&gt;,
MM. Patrick &lt;strong&gt;Lebreton&lt;/strong&gt;, Gilbert &lt;strong&gt;Le
Bris&lt;/strong&gt;, Jean-Yves &lt;strong&gt;Le Déaut&lt;/strong&gt;,
Michel &lt;strong&gt;Lefait&lt;/strong&gt;, Jean-Marie &lt;strong&gt;Le Guen&lt;/strong&gt;,
Mme Annick &lt;strong&gt;Le Loch&lt;/strong&gt;,
M. Patrick &lt;strong&gt;Lemasle&lt;/strong&gt;,
Mmes Catherine &lt;strong&gt;Lemorton&lt;/strong&gt;,
Annick &lt;strong&gt;Lepetit&lt;/strong&gt;, MM. Bruno &lt;strong&gt;Le
Roux&lt;/strong&gt;, Jean-Claude &lt;strong&gt;Leroy&lt;/strong&gt;,
Bernard &lt;strong&gt;Lesterlin&lt;/strong&gt;, Serge &lt;strong&gt;Letchimy&lt;/strong&gt;,
Michel &lt;strong&gt;Liebgott&lt;/strong&gt;,
Mme Martine &lt;strong&gt;Lignières-Cassou&lt;/strong&gt;,
MM. Albert &lt;strong&gt;Likuvalu&lt;/strong&gt;,
François &lt;strong&gt;Loncle&lt;/strong&gt;, Victorin &lt;strong&gt;Lurel&lt;/strong&gt;,
Jean &lt;strong&gt;Mallot&lt;/strong&gt;, Louis-Joseph &lt;strong&gt;Manscour&lt;/strong&gt;,
Mmes Jacqueline &lt;strong&gt;Maquet&lt;/strong&gt;,
Jeanny &lt;strong&gt;Marc&lt;/strong&gt;, Marie-Lou &lt;strong&gt;Marcel&lt;/strong&gt;,
MM. Jean-René &lt;strong&gt;Marsac&lt;/strong&gt;,
Philippe &lt;strong&gt;Martin&lt;/strong&gt;,
Mmes Martine &lt;strong&gt;Martinel&lt;/strong&gt;,
Frédérique &lt;strong&gt;Massat&lt;/strong&gt;,
MM. Gilbert &lt;strong&gt;Mathon&lt;/strong&gt;,
Didier &lt;strong&gt;Mathus&lt;/strong&gt;,
Mme Sandrine &lt;strong&gt;Mazetier&lt;/strong&gt;,
MM. Michel &lt;strong&gt;Ménard&lt;/strong&gt;,
Kléber &lt;strong&gt;Mesquida&lt;/strong&gt;, Jean &lt;strong&gt;Michel&lt;/strong&gt;,
Didier &lt;strong&gt;Migaud&lt;/strong&gt;, Arnaud &lt;strong&gt;Montebourg&lt;/strong&gt;,
Pierre &lt;strong&gt;Moscovici&lt;/strong&gt;,
Pierre-Alain &lt;strong&gt;Muet&lt;/strong&gt;, Philippe &lt;strong&gt;Nauche&lt;/strong&gt;,
Henri &lt;strong&gt;Nayrou&lt;/strong&gt;, Alain &lt;strong&gt;Néri&lt;/strong&gt;,
Mmes Marie-Renée &lt;strong&gt;Oget&lt;/strong&gt;,
Françoise &lt;strong&gt;Olivier-Coupeau&lt;/strong&gt;,
Dominique &lt;strong&gt;Orliac&lt;/strong&gt;,
MM. Michel &lt;strong&gt;Pajon&lt;/strong&gt;,
Christian &lt;strong&gt;Paul&lt;/strong&gt;,
Mme George &lt;strong&gt;Pau-Langevin&lt;/strong&gt;,
MM. Germinal &lt;strong&gt;Peiro&lt;/strong&gt;,
Jean-Luc &lt;strong&gt;Perat&lt;/strong&gt;, Jean-Claude &lt;strong&gt;Perez&lt;/strong&gt;,
Mmes Marie-Françoise &lt;strong&gt;Pérol-Dumont&lt;/strong&gt;,
Sylvia &lt;strong&gt;Pinel&lt;/strong&gt;, Martine &lt;strong&gt;Pinville&lt;/strong&gt;,
MM. Philippe &lt;strong&gt;Plisson&lt;/strong&gt;,
François &lt;strong&gt;Pupponi&lt;/strong&gt;,
Mme Catherine &lt;strong&gt;Quéré&lt;/strong&gt;,
MM. Jean-Jack &lt;strong&gt;Queyranne&lt;/strong&gt;,
Dominique &lt;strong&gt;Raimbourg&lt;/strong&gt;, Simon &lt;strong&gt;Renucci&lt;/strong&gt;,
Mmes Marie-Line &lt;strong&gt;Reynaud&lt;/strong&gt;,
Chantal &lt;strong&gt;Robin-Rodrigo&lt;/strong&gt;,
MM. Alain &lt;strong&gt;Rodet&lt;/strong&gt;,
Marcel &lt;strong&gt;Rogemont&lt;/strong&gt;, Bernard &lt;strong&gt;Roman&lt;/strong&gt;,
René &lt;strong&gt;Rouquet&lt;/strong&gt;, Alain &lt;strong&gt;Rousset&lt;/strong&gt;,
Patrick &lt;strong&gt;Roy&lt;/strong&gt;, Michel &lt;strong&gt;Sainte-Marie&lt;/strong&gt;,
Michel &lt;strong&gt;Sapin&lt;/strong&gt;,
Mme Odile &lt;strong&gt;Saugues&lt;/strong&gt;,
MM. Christophe &lt;strong&gt;Sirugue&lt;/strong&gt;,
Pascal &lt;strong&gt;Terrasse&lt;/strong&gt;,
Mme Marisol &lt;strong&gt;Touraine&lt;/strong&gt;,
MM. Jean-Louis &lt;strong&gt;Touraine&lt;/strong&gt;,
Philippe &lt;strong&gt;Tourtelier&lt;/strong&gt;, Jean
Jacques &lt;strong&gt;Urvoas&lt;/strong&gt;, Daniel &lt;strong&gt;Vaillant&lt;/strong&gt;,
Jacques &lt;strong&gt;Valax&lt;/strong&gt;, Françoise &lt;strong&gt;Vallet&lt;/strong&gt;,
André &lt;strong&gt;Vallini&lt;/strong&gt;, Michel &lt;strong&gt;Vauzelle&lt;/strong&gt;,
Michel &lt;strong&gt;Vergnier&lt;/strong&gt;, André &lt;strong&gt;Vézinhet&lt;/strong&gt;,
Alain &lt;strong&gt;Vidalies&lt;/strong&gt;,
Jean-Michel &lt;strong&gt;Villaumé&lt;/strong&gt;,
Jean-Claude &lt;strong&gt;Viollet&lt;/strong&gt; et
Philippe &lt;strong&gt;Vuilque&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;nomgroupe&quot;&gt;GROUPE GAUCHE DEMOCRATE ET REPUBLICAINE (24)&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;typevote&quot;&gt;Contre : &lt;strong&gt;23&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;noms&quot;&gt;Mme Marie-Hélène &lt;strong&gt;Amiable&lt;/strong&gt;,
M. François &lt;strong&gt;Asensi&lt;/strong&gt;,
Mmes Huguette &lt;strong&gt;Bello&lt;/strong&gt;,
Martine &lt;strong&gt;Billard&lt;/strong&gt;,
MM. Alain &lt;strong&gt;Bocquet&lt;/strong&gt;,
Patrick &lt;strong&gt;Braouezec&lt;/strong&gt;,
Jean-Pierre &lt;strong&gt;Brard&lt;/strong&gt;,
Mme Marie-George &lt;strong&gt;Buffet&lt;/strong&gt;,
MM. Jean-Jacques &lt;strong&gt;Candelier&lt;/strong&gt;,
André &lt;strong&gt;Chassaigne&lt;/strong&gt;, Yves &lt;strong&gt;Cochet&lt;/strong&gt;,
Mme Jacqueline &lt;strong&gt;Fraysse&lt;/strong&gt;,
MM. André &lt;strong&gt;Gerin&lt;/strong&gt;,
Pierre &lt;strong&gt;Gosnat&lt;/strong&gt;, Maxime &lt;strong&gt;Gremetz&lt;/strong&gt;,
Jean-Paul &lt;strong&gt;Lecoq&lt;/strong&gt;, Noël &lt;strong&gt;Mamère&lt;/strong&gt;,
Alfred &lt;strong&gt;Marie-Jeanne&lt;/strong&gt;, Roland &lt;strong&gt;Muzeau&lt;/strong&gt;,
Daniel &lt;strong&gt;Paul&lt;/strong&gt;, François de &lt;strong&gt;Rugy&lt;/strong&gt;,
Jean-Claude &lt;strong&gt;Sandrier&lt;/strong&gt; et
Michel &lt;strong&gt;Vaxès&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;nomgroupe&quot;&gt;GROUPE : NOUVEAU CENTRE (22)&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;typevote&quot;&gt;Pour : &lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;noms&quot;&gt;MM. Jean &lt;strong&gt;Dionis du Séjour&lt;/strong&gt;,
Maurice &lt;strong&gt;Leroy&lt;/strong&gt;, Rudy &lt;strong&gt;Salles&lt;/strong&gt; et
Marc &lt;strong&gt;Vampa&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;typevote&quot;&gt;Contre : &lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;noms&quot;&gt;M. Pierre &lt;strong&gt;Lang&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;typevote&quot;&gt;Abstention: &lt;strong&gt;10&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;noms&quot;&gt;MM. Charles de &lt;strong&gt;Courson&lt;/strong&gt;,
Philippe &lt;strong&gt;Folliot&lt;/strong&gt;,
Francis &lt;strong&gt;Hillmeyer&lt;/strong&gt;, Michel &lt;strong&gt;Hunault&lt;/strong&gt;,
Olivier &lt;strong&gt;Jardé&lt;/strong&gt;, Yvan &lt;strong&gt;Lachaud&lt;/strong&gt;,
Claude &lt;strong&gt;Leteurtre&lt;/strong&gt;, Jean-Luc &lt;strong&gt;Préel&lt;/strong&gt;,
François &lt;strong&gt;Rochebloine&lt;/strong&gt; et
François &lt;strong&gt;Sauvadet&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;typevote&quot;&gt;Non-votant: &lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;noms&quot;&gt;M. Christian &lt;strong&gt;Blanc&lt;/strong&gt;(Membre du
gouvernement).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;nomgroupe&quot;&gt;DEPUTES NON INSCRITS (7)&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;typevote&quot;&gt;Contre : &lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;noms&quot;&gt;MM. François &lt;strong&gt;Bayrou&lt;/strong&gt;,
Thierry &lt;strong&gt;Benoit&lt;/strong&gt;,
Mme Véronique &lt;strong&gt;Besse&lt;/strong&gt; et
M. Jean &lt;strong&gt;Lassalle&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div id=&quot;map&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;mapentete&quot;&gt;MISES AU POINT AU SUJET DU PRESENT SCRUTIN (N° 98)&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;mapentete&quot;&gt;(Sous réserve des dispositions de l'article 68, alinéa 4,
du Règlement de l'Assemblée nationale)&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;itemmap&quot;&gt;M. Jean-Pierre &lt;strong&gt;Balligand&lt;/strong&gt;,
M. Jacques &lt;strong&gt;Desallangre&lt;/strong&gt;,
Mme Aurélie &lt;strong&gt;Filippetti&lt;/strong&gt;,
Mme Valérie &lt;strong&gt;Fourneyron&lt;/strong&gt;,
M. Paul &lt;strong&gt;Giacobbi&lt;/strong&gt;,
Mme Colette &lt;strong&gt;Langlade&lt;/strong&gt;,
M. Jean &lt;strong&gt;Launay&lt;/strong&gt;,
Mme Christiane &lt;strong&gt;Taubira&lt;/strong&gt;, qui étaient présents au
moment du scrutin ou qui avaient délégué leur droit de vote ont fait savoir
qu'ils avaient voulu voter &amp;quot;contre&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p class=&quot;itemmap&quot;&gt;Source :
http://www.assemblee-nationale.fr/13/scrutins/jo0098.asp&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.nepigo.net/post/2008/04/10/La-loi-de-la-honte-%3A-les-votants#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://blog.nepigo.net/post/2008/04/10/La-loi-de-la-honte-%3A-les-votants#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://blog.nepigo.net/feed/rss2/comments/228833</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Le siècle de la peur</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2008/04/08/Le-siecle-de-la-peur</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:e8357a7fd9a3574a164fd3940f5683a6</guid>
    <pubDate>Tue, 08 Apr 2008 00:13:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En effectuant des recherches sur la peur, je viens de tomber sur ce
très beau texte d'Albert Camus, un éditorial pour &lt;em&gt;Combat&lt;/em&gt; de 1948. 1948
: débuts de la guerre froide, reconstruction d'une Europe en ruines, les
cendres d'Hiroshima et de Nagasaki viennent à peine de refroidir ; l'année
suivante, l'URSS mettra à son tour au point la bombe H.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mes grands-parents mettent au monde leur premier
enfant.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La distance dans le temps permet de mesurer ce qui a changé, en quoi
Camus s'est trompé, en quoi il a eu raison. Les accents apocalyptiques de ce
texte ne sont pas sans rappeler ce que l'on peut lire aujourd'hui, y compris
sur ce blog. Une raison de se rassurer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;titre&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;txtgris&quot;&gt;Le XVIIe siècle a été le siècle des mathématiques, le XVIIIe
celui des sciences physiques, et le XIXe celui de la biologie. Notre XXe siècle
est le siècle de la peur. On me dira que ce n'est pas là une science. Mais
d'abord la science y est pour quelque chose, puisque ses derniers progrès
théoriques l'ont amenée à se nier elle-même et puisque ses perfectionnements
techniques menacent la terre entière de destruction. De plus, si la peur en
elle-même ne peut être considérée comme une science, il n'y a pas de doute
qu'elle soit cependant une technique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;txtgris&quot;&gt;Ce qui frappe le plus, en effet, dans le monde où nous
vivons, c'est d'abord, et en général, que la plupart des hommes (sauf les
croyants de toutes espèces) sont privés d'avenir. Il n'y a pas de vie valable
sans projection sur l'avenir, sans promesse de mûrissement et de progrès. Vivre
contre un mur, c'est la vie des chiens. Eh bien! Les hommes de ma génération et
de celle qui entre aujourd'hui dans les ateliers et les facultés ont vécu et
vivent de plus en plus comme des chiens.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;txtgris&quot;&gt;Naturellement, ce n'est pas la première fois que des hommes
se trouvent devant un avenir matériellement bouché. Mais ils en triomphaient
ordinairement par la parole et par le cri. Ils en appelaient à d'autres
valeurs, qui faisaient leur espérance. Aujourd'hui personne ne parle plus (sauf
ceux qui se répètent), parce que le monde nous paraît mené par des forces
aveugles et sourdes qui n'entendront pas les cris d'avertissements, ni les
conseils, ni les supplications. Quelque chose en nous a été détruit par le
spectacle des années que nous venons de passer. Et ce quelque chose est cette
éternelle confiance de l'homme, qui lui a toujours fait croire qu'on pouvait
tirer d'un autre homme des réactions humaines en lui parlant le langage de
l'humanité. Nous avons vu mentir, avilir, tuer, déporter, torturer, et à chaque
fois il n'était pas possible de persuader ceux qui le faisaient de ne pas le
faire, parce qu'ils étaient sûrs d'eux, et parce qu'on ne persuade pas une
abstraction, c'est-à-dire le représentant d'une idéologie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;txtgris&quot;&gt;Le long dialogue des hommes vient de s'arrêter? Et, bien
entendu, un homme qu'on ne peut pas persuader est un homme qui fait peur. C'est
ainsi qu'à côté des gens qui ne parlaient pas parce qu'ils le jugeaient
inutile, s'étalait et s'étale toujours une immense conspiration du silence,
acceptée par ceux qui tremblent et qui se donnent de bonnes raisons pour se
cacher à eux-mêmes ce tremblement, et suscitée par ceux qui ont intérêt à le
faire. &amp;quot;Vous ne devez pas parler de l'épuration des artistes en Russie, parce
que cela profiterait à la réaction&amp;quot;. &amp;quot;Vous devez vous taire sur le maintien de
Franco par les Anglo-Saxons, parce que cela profiterait au communisme.&amp;quot; Je
disais bien que la peur est une technique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;txtgris&quot;&gt;Entre la peur très générale d'une guerre, que tout le monde
prépare et la peur toute particulière des idéologies meurtrières, il est donc
bien vrai que nous vivons dans la terreur. Nous vivons dans la terreur parce
que la persuasion n'est plus possible, parce que l'homme a été livré tout
entier à l'histoire et qu'il ne peut plus se tourner vers cette part de
lui-même, aussi vraie que la part historique, et qu'il retrouve devant la
beauté du monde et des visages; parce que nous vivons dans le monde de
l'abstraction, celui des bureaux et des machines, des idées absolues et du
messianisme sans nuances. Nous étouffons parmi les gens qui croient avoir
absolument raison, que ce soit dans leurs machines ou dans leurs idées. Et pour
tous ceux qui ne peuvent vivre que dans le dialogue et dans l'amitié des
hommes, ce silence est la fin du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;txtgris&quot;&gt;Pour sortir de cette terreur, il faudrait pouvoir réfléchir
et agir suivant la réflexion. Mais la terreur, justement, n'est pas un climat
favorable à la réflexion. Je suis d'avis, cependant, au lieu de blâmer cette
peur, de la considérer comme l'un des premiers éléments de la situation, et
d'essayer d'y remédier. Il n'est rien de plus important. Car cela concerne le
sort d'un grand nombre d'Européens qui, rassasiés de violences et de mensonges,
déçus dans leurs plus grands espoirs, répugnant à l'idée de tuer leurs
semblables, fût-ce pour les convaincre, répugnent également à l'idée d'être
convaincus de la même manière.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;txtgris&quot;&gt;&lt;span class=&quot;legende&quot;&gt;Albert Camus, &amp;quot;Le siècle de la peur&amp;quot;,
Combat, 1948&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;txtgris&quot;&gt;Trouvé sur
http://www.lettresenligne.net/bibliotheque/textes/camus_lesiecledelapeur.php&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.nepigo.net/post/2008/04/08/Le-siecle-de-la-peur#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>La peur</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2008/04/06/La-peur</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:b01695937b606181239a03288a680b65</guid>
    <pubDate>Sun, 06 Apr 2008 00:08:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
        <category>peur émotions comportements</category>    
    <description>La peur est une émotion de base, au même titre que la colère, la tristesse, la
joie, le dégoût et la surprise. Il s'agit d'une réponse émotionnelle à un ou
plusieurs dangers tangibles et immédiats ; c’est un mécanisme de survie, lié à
la douleur et à la perspective de celle-ci. Il s’agit d’une réaction ancienne
du point de vue de l’évolution des espèces, puisque, par exemple, tous les
mammifères la connaissent.    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;del&gt;La peur est un comportement inné&lt;/del&gt; La réponse
comportementale induite par la peur est innée. Cela dit, nous pouvons apprendre
à avoir peur de nouveaux objets tout au long de notre vie, comme l’a démontré
le conditionnement du Petit Albert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Albert, un petit bébé de 11 mois, fut placé sur un matelas avec un rat blanc de
laboratoire en 1920, dans le laboratoire du professeur John B. Watson, aux
États-Unis. Au début, il fut autorisé à jouer avec, et ne montrait aucun signe
de crainte. Comme tous les petits enfants, il tendait maladroitement les mains
vers le rat et gazouillait tranquillement. Un peu plus tard, Watson et son
assistante – qu’il épousa par la suite – se mirent à taper violemment sur une
barre de fer avec un marteau, produisant un son brutal, dès que le bébé
touchait le rat. Albert, très choqué, pleurait et semblait effrayé en entendant
le son. Après plusieurs répétitions de l’expérience, on présenta alors le rat
seul à Albert, qui montra des signes de grande agitation dès que le rat fut
dans la pièce et, pleurant, tenta de s'en éloigner autant que possible.
Apparemment, le bébé avait associé le rat au son, donc à une expérience
pénible. Malheureusement, l’association semble avoir été un peu plus loin que
le souhait de nos amis expérimentateurs. Suite à l’expérience, Albert n’avait
pas seulement peur des rats mais également des lapins (y compris de couleur
sombre), des chiens à poils longs, d’un manteau en peau de phoque et même d’un
masque de Père Noël à longue barbe… On ne sait rien de sa vie ultérieure, mais
espérons pour Albert et ses éventuelles futures compagnes que sa phobie du poil
n’aura pas pris des proportions excessives. Il semble que l’on puisse faire
désapprendre une peur apprise en exposant le sujet de façon répétée à l’objet
de son appréhension.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au niveau physiologique, il existe deux « routes » par lesquelles un stimulus
externe génère une réaction de peur : une route courte, rapide mais imprécise,
passe directement du thalamus à l’amygdale, tandis qu’une route longue, lente
mais précise passe par le thalamus, le cortex et éventuellement l’hippocampe
avant d’atteindre l’amygdale, organe essentiel au décodage des stimulus
menaçants pour l'organisme.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.nepigo.net/public/a_04_cr_peu_2a.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Par exemple, si vous marchez en forêt et que vous
entrevoyez, à vos pieds, une forme allongée enroulée sur elle-même, cette forme
aux allures de serpent va, en passant directement du thalamus à l’amygdale,
très rapidement déclencher des réactions physiologiques de peur très utiles
face au danger. En même temps, ce stimulus visuel va aussi, depuis le thalamus,
parvenir au cortex qui, grâce à sa faculté de discrimination, réalisera
quelques fractions de seconde plus tard que l’objet de votre alarme n’était
qu’un vieux bout de caoutchouc… Vous en aurez été quitte pour une bonne
frousse. Précisons que l’hippocampe joue également un rôle important en nous
renseignant sur le contexte ; ce système de mémoire explicite enregistre,
lors d’un traumatisme par exemple, différents aspects de l’événement (lieu,
date, présence de tiers, caractéristiques diverses…). Ainsi, c’est grâce ou à
cause de lui que non seulement un stimulus peut devenir une source de peur
conditionnée mais également les objets autour, la situation, le lieu...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les manifestations de la peur sont nombreuses et diversifiées selon les
individus. La première phase de peur, dite phase de choc, se caractérise par
l’inhibition de toute action, pendant que l’on évalue la menace. Cette phase
est la phase de stimulation de l’amygdale, qui va secréter de l’adrénaline et
d’autres neurotransmetteurs qui vont activer le système nerveux sympathique (il
dilate les bronches, accélère l’activité cardiaque et respiratoire, dilate les
pupilles, augmente la sécrétion de la sueur et la tension artérielle, diminue
l'activité digestive…). Notre réponse va être plus ou moins intense et
fréquente selon notre capacité de réaction à ces substances. Dans le meilleur
des cas, elle nous place sous une tension stimulante qui va renforcer notre
acuité mentale. À l’inverse, certaines personnes seront complètement paralysées
et perdront tous leurs moyens.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.nepigo.net/public/peur.gif&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;(sculpture : &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://ccaterreblanque.free.fr/fourcade/&quot;&gt;Claude Fourcade&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Alfred Brauner, dans son livre &lt;em&gt;Ces enfants ont vécu la
guerre&lt;/em&gt; de 1947, constate ainsi que les manifestations de la peur
« &lt;em&gt;se traduisent chez certains par des cris, des hurlements, une
agitation intense. Chez d’autres, par des tics, des bégaiements, de l’amnésie,
de l’insomnie. Certains plus calmes en apparence sont plus troublés
intérieurement. D’autres, enfin, apparaissent insensibles.&lt;/em&gt; » Chaque
individu réagit différemment à la peur. C’est principalement l’intensité des
sécrétions qui va déterminer les conséquences pour l’organisme. D’autres
facteurs entrent en ligne de compte : l’imagination (qui influe sur
la perception du danger) ; la composante génétique (facteurs
héréditaires) ; l’environnement social (culture, médias, dans le cas d'un
enfant l'anxiété et la surprotection des parents …) ; les hormones (la
puberté, la maternité et la ménopause provoquent des bouleversements hormonaux
chez la femme qui vont renforcer l’anxiété et donc la capacité à développer des
sentiments de peur)... Par ailleurs, nous ne sentons l’intensité de ces effets
physiologiques qu’une fois le péril écarté; c'est au moment où nous prenons
conscience du danger auquel nous avons fait face que nous sentons nos genoux
trembler, notre peau moite...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les comportements induits par la menace peuvent être rassemblés dans le
diptyque « fuir ou lutter » : si la menace se confirme, on
tentera de fuir ou de se cacher ; si la confrontation devient inévitable,
la lutte est l’ultime option pour tenter de défendre l'intégrité de son
organisme. Dans ce cas, l’organisme est capable d'atténuer la sensation de
douleur face au danger, phénomène bien connu des soldats au combat qui permet
de concentrer nos énergies là où il y a priorité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, il existe une dernière hypothèse : celle où il n’est possible
ni de fuir ni de lutter. Cela aboutit alors à la soumission et à l’acceptation
du statu quo. Du point de vue de l’organisme, cela consiste à mettre en jeu ce
qu’on appelle le système inhibiteur de l’action (SIA) ; ce dernier est
utile en fonctionnant de façon épisodique, dans les cas où toute action ne
ferait qu’empirer la situation. Malheureusement, dans nos sociétés basées sur
la compétitivité, nombreuses sont les personnes qui activent de façon chronique
ce circuit pour éviter des représailles. L’inhibition de l’action n’est alors
plus une simple parenthèse adaptative entre des actions d’approche ou de
retrait, mais une véritable source d’angoisse. Ce mal-être va peu à peu miner
la santé de l’individu, car les conséquences négatives de l’inhibition de
l’action sont nombreuses et ont été abondamment décrites : dépression, maladies
psychosomatiques, ulcères d’estomac, hypertension artérielle sont les plus
évidentes. Mais des dérèglements génétiques plus graves comme les cancers et
l’ensemble des pathologies associées à une diminution de l’efficacité du
système immunitaire sont aussi susceptibles de découler de l’activation
prolongée du SIA. Moralité : ne pas attendre le cancer pour fuir ou
lutter!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Sources :&lt;br /&gt;
« Le cerveau à tous les niveaux »,
http://lecerveau.mcgill.ca/flash/index_a.html (le schéma en est issu, si cela
pose problème merci de me contacter et je l'ôterai immédiatement)&lt;br /&gt;
http://fr.wikipedia.org/wiki/Peur&lt;br /&gt;
Brauner Alfred, Ces enfants qui ont connu la guerre, Les Éditions sociales
françaises, 1947&lt;br /&gt;
http://www.hypnose-fr.com/peur.php&lt;br /&gt;
http://www.peur.org/peur.php&lt;br /&gt;
http://en.wikipedia.org/wiki/Little_albert&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Rapport d'information parlementaire sur le lobbying à l'Assemblée Nationale - brève</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2008/03/14/Rapport-dinformation-parlementaire-sur-le-lobbying-a-lAssemblee-Nationale-breve</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:258d7e53226ec6adf50fa7fbc8104edf</guid>
    <pubDate>Fri, 14 Mar 2008 03:30:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
        <category>france</category><category>lobbying</category>    
    <description>    &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Préliminaire : &amp;quot;Pour être efficaces, les politiques doivent être
humbles.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le sommaire, le mot &amp;quot;transparence&amp;quot; n'apparaît que sous la rubrique
&amp;quot;Comparaisons internationales&amp;quot;. :-)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'enregistrement des lobbyistes est volontaire, avec déclaration de l'identité
des intérêts poursuivis... avec un seul lobbyiste responsable par personne
morale. Il n'est bien entendu tenu à aucune mesure de transparence
financière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Réaction unanime et positive des professionnels&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L’enjeu [du lobbying] est de servir les intérêts de notre pays, de servir une
société de progrès pour l’homme. Or cela est parfois incompris.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Petit coup de griffe aux associations et marquage de territoire des
&amp;quot;professionnels&amp;quot; :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Le lobbying remplit une fonction démocratique à part entière, mais il se&lt;br /&gt;
différencie des stratégies des groupes de pression qui mobilisent des citoyens
en dehors de la communauté politique dans le but d’influencer les décisions
publiques. Que des groupes de pression cherchent à influencer les politiques,
par lettre, par pétition, par manifestation, est une chose. Que des
professionnels informent les décideurs en est une autre.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le registre français naît sur la pointe des pieds...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/rap-info/i0613.pdf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.nepigo.net/post/2008/03/14/Rapport-dinformation-parlementaire-sur-le-lobbying-a-lAssemblee-Nationale-breve#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>ENTHOUSIASME</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2008/02/22/ENTHOUSIASME</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:7c7b2f5435fb7a823ac761e0a9c02be0</guid>
    <pubDate>Fri, 22 Feb 2008 12:27:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
            
    <description>    &lt;br /&gt;
Nom masculin. Est un emprunt savant de la Renaissance (1546) au grec
&lt;em&gt;enthousiasmos&lt;/em&gt; &amp;quot;transport divin&amp;quot;, &amp;quot;possession divine&amp;quot;, formé sur le
verbe &lt;em&gt;enthousiazein&lt;/em&gt; &amp;quot;être inspiré par la divinité&amp;quot;. C'est un dérivé de
l'adjectif &lt;em&gt;enthous&lt;/em&gt;, forme contractée de &lt;em&gt;entheos&lt;/em&gt; &amp;quot;animé d'un
transport divin&amp;quot;, composé de &lt;em&gt;en&lt;/em&gt; &amp;quot;dans&amp;quot; et &lt;em&gt;theos&lt;/em&gt; &amp;quot;dieu&amp;quot;
(-&amp;gt;athée, théologie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Au XVIe siècle, le mot est employé avec la valeur de l'étymon, au sens de
&amp;quot;délire sacré qui saisit l'interprète de la divinité&amp;quot; (&lt;em&gt;l'enthousiasme de la
Pythie&lt;/em&gt;); à la même époque, &lt;em&gt;enthousiasme&lt;/em&gt; est attesté avec le sens
étendu de &amp;quot;transport, exaltation du poète sous l'effet de l'inspiration&amp;quot; (1546;
Rabelais), d'où vient un emploi littéraire du mot en parlant de la force qui
pousse l'homme à créer.&lt;br /&gt;
- Au XVIIe siècle, par une seconde extension de sens (1664, Molière),
&lt;em&gt;enthousiasme&lt;/em&gt; prend la valeur moderne d'&amp;quot;exaltation poussant à agir
avec joie&amp;quot; (&lt;em&gt;élan, mouvement d'enthousiasme&lt;/em&gt;), d'où le sens
d'&amp;quot;admiration passionnée&amp;quot; (1689, Mme de Sévigné). Le mot est employé depuis le
XVIIe siècle en parlant d'une émotion collective suscitant une excitation
joyeuse (&lt;em&gt;débordement d'enthousiasme&lt;/em&gt;). &lt;em&gt;Enthousiasme&lt;/em&gt; a perdu,
dans la langue courante, sa force originelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Dictionnaire historique de la langue française&lt;/em&gt;, sous la direction d'A.
Rey. © Dictionnaires Le Robert, 1992&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notez la transition : on passe de &amp;quot;délire sacré&amp;quot; à &amp;quot;exaltation&amp;quot; pour en arriver
à &amp;quot;excitation&amp;quot;; est-ce le mot qui a faibli ou nous qui nous dirigeons vers
l'apathie ?&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.nepigo.net/post/2008/02/22/ENTHOUSIASME#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Mortel Tofu</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2008/01/26/Mortel-Tofu</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:97b89db2c5800f3d21d5822319cf8975</guid>
    <pubDate>Sat, 26 Jan 2008 17:49:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
            
    <description>C'est entendu : la nourriture est un aspect fondamental de notre existence.
Nous sommes en partie ce que nous mangeons, et notre façon de nous nourrir a un
impact direct sur notre santé et l'environnement. Ainsi, un conducteur de 4x4
végétalien n'a qu'une empreinte écologique légèrement supérieure (autour de
20%) à celle d'un cycliste qui mange de la viande tous les jours, tant
l'élevage animal intensif a un impact destructeur sur les écosystèmes. De même,
les modes industriels de production alimentaire et d'utilisation des animaux
sont une abomination, une barbarie d'autant plus atroce qu'elle est banale et
silencieuse (voir le film &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.lemonde.fr/cinema/article/2007/03/13/notre-pain-quotidien-dans-la-ferme-industrielle-europeenne_882478_3476.html#ens_id=849548&quot;&gt;
Notre Pain Quotidien&lt;/a&gt; qui devrait vous faire passer le goût du steak de
grande surface). Nous détruisons, nous annihilons, bref nous allons passer un
sale quart d'heure quand nous aurons transformé notre environnement en désert
et ce sera de notre faute. Ma faute ?&lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un jour, j'ai assisté à un barbecue végétarien: j'ai failli me faire casser la
figure pour avoir écrasé un moustique. Une autre fois, je me suis presque battu
avec la copine végétarienne d'un ami suite à une réflexion vaseuse de ma part
sur la nécessité de conférer la forme d'une saucisse à de la pâte de protéine
végétale. J'ai récemment échappé de peu à un sermon hargneux de la part d'une
militante pour ne pas avoir imprimé recto-verso un document d'une centaine de
pages (il m'a fallu sortir la preuve du crime en cachette des bureaux). Je
reconnais volontiers avoir la bêtise et la provocation faciles; pourtant je
suis d'un naturel pacifique, je préfère la discussion à l'affrontement, je
finis en général par reconnaître mes torts et il est rare que je subisse de
telles situations. Mais c'est plus fort que moi : je ne supporte pas les
moralisateurs, a fortiori quand leur morale est à vendre, sous forme
d'équivalents carbone ou d'alimentation bio par exemple. Pour moi, la morale
est affaire de conscience, pas de démonstration sociale (et encore moins de
marché, cela va sans dire). Il faut reconnaître que toute une frange de la
gauche prétend aujourd'hui à la bonne conscience au prétexte qu'elle ne mange
pas de viande, qu'elle émet moins de carbone que ses voisins de droite ou
qu'elle a les moyens de se payer une bonne conscience écolo. Bien que cela
parte d'une intention généreuse et d'un mouvement nécessaire, je trouve cela
pénible, injuste et dangereux. Pourquoi?&lt;br /&gt;
&lt;img style=&quot;margin: 0 1em 1em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.nepigo.net/public/./.mortel_tofu_m.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Pénible : les moralisateurs éliminent la discussion et l'humour, érigent des
interdits et des tabous, bref construisent une morale étanche et c'est
étouffant. J'ai quitté l'église catholique, ce n'est pas pour y revenir.
Combien de fois faudra-t-il répéter l'adage de Paracelse : « &lt;em&gt;Tout est
poison, rien n'est sans poison. Seule la dose fait qu’une chose n’est pas un
poison.&lt;/em&gt; » Nous pouvons manger tout ce que notre système digestif peut
supporter, le tofu à haute dose est mortel, qu'on se le dise ! Si vous voulez
sacrifier une chose que vous aimez dans votre alimentation, à votre aise, mais
ne faites pas payer aux autres les conséquences de votre sacrifice : un
sacrifice (du latin &lt;em&gt;sacrum facere&lt;/em&gt;, faire le sacré) est une violence et
dans ce cas dirigée contre vous-même, sachez ce que vous faites et
pourquoi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Injuste : hier vous étiez pauvre, aujourd'hui vous êtes en plus un salaud parce
qu'il se trouve qu'avec le commerce équitable, l'éthique est devenu un produit
qu'on peut acheter. Il est inique de faire reposer exclusivement sur l'individu
la responsabilité d'un problème collectif : les mêmes entreprises qui, poussées
par les gouvernements du moment et notre appétit de pouvoir à tous, font de
l'écoblanchiment, verdissent leur image et investissent dans les produits bio
sont les premières à courir derrière une compétitivité et une croissance dont
on connaît les conséquences environnementales. Personne n'a pu prouver que
l'écologie était soluble dans la croissance économique, le « développement
durable » est une contradiction dans les termes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dangereux : de tels comportements sont tout d'abord nuisibles au mouvement
écologiste lui-même. Le personnage de l'extrémiste moralisateur – ou, pire,
terroriste de type Unabomber – est une cible idéale pour la communication des
multinationales, qui peuvent ainsi prétendre se soucier d'écologie en évacuant
la radicalité du changement à mener (ou en la vendant, ce qui revient au même).
Ou comment servir efficacement ce contre quoi on croit lutter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais surtout, les comportements moralisateurs sont dangereux à l'ère des
possibilités de contrôle avancées des individus. Avec une chose comme la puce
RFID, il sera très prochainement possible de contrôler tout ce que vous faites
; comment vous vous déplacez, ce que vous mangez, ce que vous dites et à qui,
la quantité d'énergie que vous consommez. À partir du moment où ce n'est plus
un problème technique, c'est un problème politique ; et des comportements
moralisateurs, les prétentions de savoir le bien à la place d'autrui, font
qu'il sera possible à un homme politique de se faire élire sur un thème de
contrôle total des individus « pour sauver la planète » (qui, soit
dit en passant, se fiche bien d'être sauvée : elle en a vu d'autres. C'est nous
qui sommes en danger, pas elle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réfléchissez-y à deux fois : jusqu'où sommes-nous prêts à aller dans le
contrôle politique individuel pour des motifs écologiques ? La crise
environnementale actuelle peut-elle être résolue par les mêmes modes de pensée
qui l'ont créée ? « Gérer la planète » : quelle prétention ! Comme si
nous en étions capables ! La laisser davantage en paix me paraît bien la seule
manière de nous sauver... Et il existe des solutions en ce sens, comme la
&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://fr.ekopedia.org/Permaculture&quot;&gt;permaculture&lt;/a&gt;...
pour lesquelles les moralisateurs ne nous seront heureusement d'aucun
secours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.nepigo.net/post/2008/01/26/Mortel-Tofu#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Après la vertu - conversation entre Ivan Illich et Majid Rahnema, deuxième partie</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2008/01/20/Apres-la-vertu-conversation-entre-Ivan-Illich-et-Majid-Rahnema-deuxieme-partie</link>
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    <pubDate>Sun, 20 Jan 2008 23:50:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
        <category>développement/humanitaire</category>
            
    <description>&lt;strong&gt;Suite et fin de la conversation entre Ivan Illich et Majid Rahnema.
Cliquez ici pour &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://home.scarlet.be/%7Emp060204/site/sources/rahnema%20et%20illich%20-%20deuxieme%20partie.pdf&quot;&gt;
la version pdf&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;    &lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Majid Rahnema&lt;/strong&gt; : Vous avez fait partie des premières personnes à
rejeter la pertinence du développement, à le considérer comme une intervention
non-éthique et dangereuse dans la vie d'autrui. Je croyais alors, comme de
nombreux intellectuels du soi-disant Tiers-Monde, que le développement était
une revendication légitime des victimes de l'ordre colonial. Comme il nous
semblait que ce développement était une condition préalable à leur pleine
indépendance, votre attitude nous apparaissait comme une provocation totale.
Nombre d'entre nous considèrent aujourd'hui que vous aviez fondamentalement
raison, dans la mesure où le développement a servi des intérêts qui n'avaient
rien à voir avec les souffrances des gens. En fait il a été utilisé comme une
sorte de « défoliant culturel », un puissant moyen pour détruire le système
immunitaire des victimes. Pire encore, ce qui me paraît comme le nouveau SIDA
s'est rapidement développé à un tel point que même les mouvements populaires me
paraissent aujourd'hui avoir été cooptés dans le processus. Dans ces
circonstances, (a) pensez-vous qu'il y ait la moindre chance pour que les
victimes changent d'état d'esprit, ou trouvent des alternatives significatives
à leur condition présente? (b) Votre rejet du développement est-il encore basé
sur ses aspects non-éthiques, son incapacité à prendre en compte les
souffrances des gens, ses fausses prétentions à passer pour un acte de
solidarité, ou provient-il de votre position philosophique plus vaste
consistant à dire que toute institutionnalisation du geste du bon Samaritain
est vouée au désastre?&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ivan Illich&lt;/strong&gt; : Majid, à Puerto Rico j'ai démissionné de l'université
plutôt que de l'étendre au prix des ressources destinées aux écoles
élémentaires publiques. Plus tard, j'ai été sérieusement blessé dans mes
tentatives pour entraver l'invasion des missionnaires du développement en
Amérique Latine. Vous avez demandé que nous réfléchissions ensemble aux chemins
que nous avons tous les deux parcourus. Allons un peu plus loin. Dans un
premier temps, j'ai pris pour modèles les pamphlétaires des Lumières. Pendant
les années 50, j'appelai à ce que l'on reconnaisse les injustices silencieuses
véhiculées implicitement par les organisations professionnelles, financées
publiquement, de professeurs, de travailleurs sociaux et de médecins. Dans ma
bataille contre l'invasion des volontaires, j'en appelai à la raison. Mon livre
&lt;em&gt;Libérer l'Avenir&lt;/em&gt; exprime cette tentative. Dans un deuxième temps, ma
rhétorique s'est inspirée d'histoires de mythes. J'attirai l'attention sur la
fabrication de nouvelles mentalités où la soif fait dire « J'ai envie d'un
Coca-cola », « bien » se traduit par « plus » et le
désir devient mimétique. J'aurais aimé être un dramaturge comme Sartre ou
Beckett. J'aurais ainsi pu faire passer la cravate à Sisyphe, placer Prométhée
devant un ordinateur – comme j'ai mis le médecin qui niait la mort en blouse
blanche. Dans mes batailles contre les objectifs illusoires et donc
destructeurs, j'essayais de raconter des histoires, comme &lt;em&gt;Énergie et
Équité&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Le Travail Fantôme&lt;/em&gt;. Dans un troisième temps, j'ai
risqué de perdre mon public plutôt que d'écrire de nouvelles versions
d'histoires déjà publiées dans les années 60. Les performances de la
scolarisation, de la médicalisation, du rangement et des livraisons d'êtres
humains par le transport motorisé étaient à l'époque reproduites sur de
nombreuses scènes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous avez été de ceux qui me poussèrent à faire au droit ou au travail social
ce que j'avais déjà fait aux institutions d'éducation, de transport et de
santé. Je refusai. Je ne voulais pas restreindre mon analyse aux conséquences
techniques et sociales non-désirées de l'éducation, de la santé et de la
productivité. Je pensais que je devais regarder ces fantasmes comme un
terrifiant ogre grec, un destin funeste à la poursuite duquel tous, hormis
quelques-uns parmi les riches et les protégés, risquaient de se faire broyer
par les rituels mêmes créés pour le rejoindre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous me demandez à présent comment éviter de blâmer les victimes du
développement. Je ne pense pas que nous le puissions, ou que nous le devions.
L'entreprise de transformation de &lt;em&gt;la condition humaine&lt;/em&gt;* (*en français
dans le texte) a été couronnée de succès. Et cette condition
« humaine » est et demeure liée au développement, en dépit du fait
que ce dernier soit un désastre. Votre tâche, et la mienne, ne peut être que de
rechercher comment nous pouvons faire confiance, aimer et souffrir dans un
milieu qui noie nos voix et rend les lueurs de nos vies invisibles. Étant donné
ce que nous sommes, deux personnes très privilégiées qui ont été bien trop
lentes à reconnaître la vérité, nous devons à présent témoigner de ce que nous
savons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour en revenir aux « victimes » du développement. Toutes ne sont pas
semblables. Je dois vous demander : vous souvenez-vous du père de Charlie, au
Ghana? Avec son grand élevage de poulets, il a malgré tout fait faillite pour
envoyer son fils dans les écoles des missionnaires apprendre des techniques
qui, entre-temps, étaient devenues obsolètes. Ou encore, vous rappellez-vous
mon ancien collègue de l'université de Brème? Il avait tenté, trop tard, de se
libérer des tortures de la chimiothérapie afin de mourir d'une mort paisible,
adoucie par quelques grains d'opium. Ceux-là et leurs semblables ont obtenu ce
qu'ils avaient demandé; leur destin ne leur a pas été imposé. Ils ont été des
« victimes » parce que, d'un certain point de vue, ils étaient des
privilégiés : le père de Charlie parce qu'il était proche des missionnaires;
mon collègue parce qu'il avait une bonne assurance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais peut-être ne pensez-vous pas aux privilégiés mais aux
« masses », celles que l'on a introduites à la chaîne dans la
modernité, celles que l'on a convoyées vers la dépendance aux antibiotiques et
le remplacement de leurs stocks de semences traditionnelles par des variétés
« améliorées ». Peut-être pensez-vous à celles qui sont soumises aux
lois de scolarisation obligatoire mais qui n'ont pas la possibilité de se
rendre à l'école; à ces innombrables personnes que l'on a arrachés à leurs
cultures pour leur faire rejoindre la majorité mondiale des
sous-consommateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Majid, au cours de toutes ces années passées ensemble nous avons tous deux pris
une leçon d'impuissance. Il fut un temps où nous nous sentions impuissants à
agir; aujourd'hui nous nous sentons même impuissants à conseiller. Nous avons
tous deux découvert que la « responsabilité sociale » qui nous avait
motivés était elle-même le résultat de la croyance au même progrès que celui
qui engendrait l'idée de développement. La responsabilité sociale, nous le
savons maintenant, est le point vulnérable d'un étrange sentiment de puissance
par l'intermédiaire duquel nous nous imaginons capables de rendre le monde
meilleur. Nous nous empêchons ainsi de devenir véritablement présents à ceux
qui nous sont assez proches pour que nous puissions les toucher. Nous avons dû
voir clair à travers la notion de responsabilité – qui, dans son acception
non-légale, n'a pas plus d'un siècle – pour accepter la leçon
d'impuissance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons dû prendre ces leçons d'impuissance pour véritablement renoncer au
développement. Cela signifie que nous ne sommes pas plus puissants que nos
grands-pères : le vôtre, un saint homme de l'Islam historiquement influent en
Iran; le mien, un Juif finançant une kyrielle d'écoles Allemandes Luthériennes
avec de l'argent gagné en détruisant les forêts de Bosnie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;M.R.&lt;/strong&gt; : Il y a environ quatre ans, dans une déclaration rédigée
par vous et un groupe d'amis préoccupés par l'environnement, vous avez défini
la vertu comme « &lt;em&gt;cette forme, cet ordre et ce sens de l'action
renseignée par la tradition, liée au lieu, et qualifiée par les choix effectués
parmi la panoplie habituelle de l'acteur&lt;/em&gt; »; et vous notiez
qu' « &lt;em&gt;une telle vertu se trouve traditionnellement dans le
travail, l'artisanat, l'habitat et les souffrances nées du sol particulier que
ces actions-là ont enrichi de leurs traces, et non d'une terre, d'un
environnement ou d'un système abstrait&lt;/em&gt; ». Pour moi, cette déclaration
représente l'essence de vos critiques du développement, non seulement une
guerre contre les liens régénérants de ces gens avec ce sol mais aussi une
tentative stupide de destruction de cette vertu et de son remplacement par des
méthodes scientifiques de gestion et de contrôle des ressources. Depuis vos
premiers essais sur les dangers des projets de développement, même les ONG
« vertueuses » et les organisations populaires ont fini par dévaluer
la vertu en espérant trouver davantage de « ressources » afin que les
bénéfices du développement rejaillissent sur les exclus. Dans le même temps, au
Nord, la vertu semble avoir connu une forme de mutation par traitement
démocratique. Elle est remplacée par une forme universellement définie de soins
ou d'aides préparées par les politiques et leurs équipes choisies d'experts et
de professionnels.  &lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Dans ces circonstances (que vous aviez déjà prévues dans les
années 60), pensez-vous qu'il existe encore des espaces inexploités, aussi bien
dans les sociétés vernaculaires que dans les sociétés industrielles, où le
vieux modèle de vertu pourrait avoir une chance de pouvoir croître sans danger?
Des espaces qui pourraient pointer vers ce que vous avez appelé « un
changement majeur de direction à la recherche d'un futur d'espérance »?
Et, dans l'affirmative, pourriez-vous développer ? Veuillez, s'il vous plaît,
considérer que je ne vous pose pas cette question dans le cadre hypothétique de
la gestion d'un autre futur planifié, mais, pour utiliser une expression
foucaldienne, en vous considérant comme un historien du présent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;I.I.&lt;/strong&gt; : Majid, la réponse est simple. Oui, il existe de tels
espaces. La plupart d'entre nous, aussi précaires que soient nos situations,
peut encore en revendiquer ou en indiquer des traces. Nous pouvons également
faire cela avec le souvenir de quelqu'un d'absent. Nous pouvons, l'un pour
l'autre, être une source de clarté et de bonté; cela, ainsi que les spaghettis,
est tout ce que nous avons à partager.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Majid, lorsque je regarde votre visage, je devine que vous pensez à la
déconvenue, voire même au mépris de vos futurs lecteurs. Il existe des
personnes honnêtes qui veulent faire le bien, et qui pourraient permettre à
l'amitié d'être le germe d'actions politiques. Je reconnais que leur
interprétation politique de l'amitié prend sa source dans une tradition
vénérable. Cette notion sépare Aristote de son professeur, Platon. Pendant deux
millénaires, cette conception politique de l'amitié a été assez forte pour
illuminer la pratique politique occidentale. Mais cette période est révolue. La
possibilité qu'une ville soit un milieu propice à la recherche commune du bien
a disparu. Vous m'avez souvent parlé des temps où l'Islam pouvait encore former
une cité éthique. Cependant, aussi bien à l'Est qu'à l'Ouest, nous vivons à
présent « après l'ethos », ou, pour le dire comme Alasdair MacIntyre,
« après la vertu ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'engagement dans le progrès a éteint la possibilité d'une configuration
négociée au sein de laquelle une recherche du bien commun pouvait prendre
place. Les techniques d'information, de communication et de gestion définissent
à présent le processus politique, la vie politique est devenue un euphémisme.
L'amitié politique, qui pour Aristote était le résultat de la pratique des
vertus civiques aussi bien au foyer que sur le forum, est, dès lors,
inévitablement corrompue, aussi élevées soient les intentions de ceux qui la
promeuvent. Dans un monde réglé sur le développement, peu importe le stade
économique atteint, le bien ne peut venir que du type de complémentarité
personnelle que Platon, et non Aristote, avait en tête. Se dédier l'un à
l'autre génère le seul espace qui permet ce que vous demandez : un mini-espace
au sein duquel nous pouvons nous entendre sur la poursuite du bien.</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.nepigo.net/post/2008/01/20/Apres-la-vertu-conversation-entre-Ivan-Illich-et-Majid-Rahnema-deuxieme-partie#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Une lueur dans la nuit - conversation entre Ivan Illich et Majid Rahnema, première partie</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2007/12/02/Une-lueur-dans-la-nuit-conversation-entre-Ivan-Illich-et-Majid-Rahnema-premiere-partie</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:a40ea9905f6ed072b1cd4fa462314146</guid>
    <pubDate>Sun, 02 Dec 2007 23:35:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
            
    <description>Le livre &lt;em&gt;The Post-Development Reader&lt;/em&gt;, paru en 1997, contient &lt;a href=&quot;http://www.iranian.com/Opinion/March98/Rahnema/index.html&quot;&gt;une très
intéressante conversation&lt;/a&gt; entre Ivan Illich et Majid Rahnema. Le livre
n'ayant pas été traduit en français jusqu'à aujourd'hui, j'en ai effectué une
traduction personnelle, que je publie ici en deux parties. Voici la première :
une lueur dans la nuit. (utilisez plutôt &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://home.scarlet.be/%7Emp060204/site/sources/une%20lueur%20dans%20la%20nuit%20-%20Rahnema%20et%20Illich.pdf&quot;&gt;
la version pdf&lt;/a&gt; pour lire, c'est plus confortable). Bonne lecture.     &lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tiré de &amp;quot;Twenty-Six Years