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  <title>La technique et la peur</title>
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  <description>Les innovations technologiques nous donnent un pouvoir d'intervention immense sur notre environnement et sur nous-mêmes. L'humanité est ainsi devenue une &quot;force géologique&quot;, capable d'influer sur des paramètres aussi énormes que l'évolution de la température de l'atmosphère terrestre ou la biodiversité planétaire. Notre nombre, couplé à la puissance de notre technologie, nous a permis d'accéder à cet état, pour le meilleur comme pour le pire. Pour le moment nous découvrons avec effarement que ce serait plutôt pour le pire; faut-il pour autant céder à la peur? La peur est un indicateur précieux du danger qu'il ne saurait être question d'éviter; aussi ce blog a-t-il pour vocation d'étudier ce danger et ses multiples implications. Mais la peur est aussi un état qui nous rend particulièrement sensibles à la manipulation et amoindrit nos capacités de jugement. Ce blog se propose donc, en plus de donner des connaissances susceptibles de mieux nous renseigner sur ce qui nous effraie, de remettre dans leur contexte les diverses tentatives de détournement de cette peur à des fins politiques.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Thu, 26 Jan 2012 16:57:58 +0100</pubDate>
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    <title>Between friends</title>
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    <pubDate>Sat, 29 Jan 2011 11:10:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
            
    <description>    Bitterly funny short clip made by the German NGO WEED about the financial
crisis, and the role of financial lobby groups in shaping policy.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;object data=&quot;http://www.youtube.com/v/bMc0HsWpjPU?fs=1&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;rel=0;&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; height=&quot;300&quot; width=&quot;480&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/bMc0HsWpjPU?fs=1&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;rel=0&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Copier-cloner : quand la ferme s'informatise...</title>
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    <pubDate>Sat, 30 Oct 2010 11:43:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
            
    <description>    Produit en 2009, &amp;quot;Copier Cloner&amp;quot; est un film d'animation expliquant de façon
drôle et pourtant juste les dangers du modèle industriel de production
agricole. Une belle réussite, signée &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://ludocube.fr/&quot;&gt;Louis Rigaud&lt;/a&gt;, un jeune artiste parisien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://www.koreus.com/video/copier-cloner&quot; height=&quot;320&quot; width=&quot;400&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.koreus.com/video/copier-cloner&quot; /&gt;
&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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    <title>H20 et les eaux de l'oubli</title>
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    <pubDate>Wed, 01 Sep 2010 12:21:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
        <category>écologie</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Texte d'une conférence prononcée par Ivan Illich à Dallas, aux
Etats-Unis, en 1984. L'auteur revient sur l'histoire de notre rapport à l'eau,
sa place dans nos rêves, les fonctions dont nous l'investissons et qui donnent
des indications puissantes sur l'évolution de notre rapport à la vie et à la
mort... Traduction française tirée du site &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://eau.apinc.org/?p=28&quot;&gt;Planètebleue.info&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait soixante-dix ans, me dit-on, qu’à Dallas des habitants réclament
l’aménagement d’un lac au coeur de la ville. Ils attendent de ce lac qu’il
irrigue le commerce et le rêve, le budget municipal et la santé. Une équipe de
spécialistes est en train d’étudier la faisabilité d’une telle pièce d’eau
artificielle en plein centre-ville. L’Institute of Humanities and Culture de
Dallas souhaite apporter sa contribution spécifique à cette étude : il nous
convie à réfléchir sur les rapports entre l’eau et les rêves, dans la mesure où
ce lien participe de « Ce qui fait fonctionner une ville ». De tout
temps des rêves ont donné forme à des villes, des villes ont inspiré des rêves
et, traditionnellement, l’eau vivifiait les uns et les autres. Aujourd’hui, je
doute fort qu’il reste une eau capable d’associer les rêves et la ville. La
société industrielle a transformé H20 en une matière avec laquelle les eaux
archétypales ne peuvent fusionner. C’est pourquoi j’ai divisé mon exposé en
deux parties. La première évoque les eaux du rêve, celles du Léthé, et la
seconde présente l’histoire de la chasse d’eau. En conclusion, je reviendrai à
la question initiale : qu’en est-il de l’imaginaire dans un environnement
d’objets mécanisés qui ont perdu le pouvoir élémentaire de refléter les
insondables eaux des rêves ? A proximité de Cassel, un prince allemand de l’âge
baroque s’était fait construire le château de Wilhelmsh?he, entouré d’un jardin
anglais qui sollicite de ses eaux qu’elles révèlent tout ce qu’elles savent.
Celles-ci ne sont pas seulement amenées à s’exposer au regard et au toucher,
mais à parler et à chanter dans dix-sept registres différents. Ainsi les eaux
du rêve marmonnent et disparaissent, s’enflent et mugissent, suintent ou
éclaboussent, ruissellent ou musardent, elles vous lavent et sont capables de
vous emporter. Elles peuvent tomber de haut ou jaillir des profondeurs,
détremper ou seulement humecter. Parmi tous ces prodiges de l’eau, je retiens
son pouvoir de laver : le pouvoir du Léthé qui emporte les souvenirs, et de H20
dont la fonction est d’éliminer les déchets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rêves accomplissent la catharsis, ce qui signifie qu’ils purifient, et
les eaux du rêve peuvent laver de différentes façons. L’aspersion d’eau bénite
lustrale dissout le miasme ; elle jugule les malédictions, elle chasse la
pollution qui stagne en certains lieux, elle peut être versée sur les mains, la
tête ou les pieds pour laver la souillure de l’impureté, du sang ou du forfait.
Mais il est une autre catharsis que seules accomplissent les eaux noires du
Léthé : elles dépouillent ceux qui les franchissent de leurs souvenirs, leur
accordent l’oubli. Mon temps de parole étant limité à trente minutes, je ne
puis traiter devant vous que de cette dernière. Ma réflexion sur la possibilité
de créer un lac au coeur de la ville sera donc très circonscrite : l’âme du
fleuve de l’oubli qui coule dans la fontaine sociale du ressouvenir peut-elle
se refléter dans le désinfectant liquide qu’on a épuré, cubé, canalisé et puis
déversé dans un bassin situé au coeur de la ville ? Les rêves
« d’insouciance et d’oubli » du jeune citadin peuvent-ils être
irrigués par le liquide que dispensent les robinets, les douches et les
toilettes ? Les eaux-vannes, lorsqu’elles ont été épurées, sont-elles encore
capables de « circuler » dans des fontaines ou des lacs qui reflètent
les rêves ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les eaux lustrales du Léthé coulent ; elles ne circulent pas comme le sang,
l’argent, l’eau courante qui soulevaient l’imagination sociale au début de
l’ère industrielle. Dès 1616, William Harvey avait déclaré devant ses pairs du
Royal Collège of Physicians de Londres que le sang circulait dans le corps
humain. Sa découverte attendit plus d’un siècle avant d’être généralement
admise par les praticiens. En 1750, le médecin allemand Johannes Storch (dit
Pelargus), auteur d’un manuel de gynécologie en huit volumes qui faisait
autorité, ne pouvait admettre la validité générale de la théorie de Harvey. Il
ne doutait pas que le sang pét circuler dans le corps des Anglais et l’épurer
de ses déchets, mais, chez ses patientes de Basse-Saxe, il observait le sang
fluant et refluant dans les chairs. Storch avait compris ce que nous nous
efforçons à présent de saisir : une redéfinition du sang comme substance en
circulation exigeait une reconstruction sociale du corps. La chair et le sang
palpitants et chargés de symboles, tels que les léguait la tradition, devaient
être repensés comme un système fonctionnel de conduites et de filtres. Vers la
fin du XVIIIe siècle, la théorie de Harvey était, de manière générale, admise
en médecine. L’idée que la santé humaine dépend de la circulation rapide du
sang s’insérait bien dans le modèle mercantiliste de la richesse – juste avant
Adam Smith – basé sur l’intensité de la circulation monétaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu du XIXe siècle, plusieurs architectes britanniques se mirent à
parler de Londres en se référant à ce même paradigme, et en ne manquant aucune
occasion de reconnaître leur dette à l’égard de « l’immortel
Harvey ». Ils concevaient la ville, comme un corps social à travers lequel
l’eau devait constamment circuler et repartir en charriant ce qui la souillait.
Il fallait que l’eau coule continuément dans la ville pour la débarrasser de sa
sueur et de ses déchets. Plus ce flot sera vigoureux, moins il y aura de poches
stagnantes engendrant une « pestilence congénitale », et plus la cité
sera saine. Que l’eau ne soit plus constamment amenée dans la cité et
constamment rejetée par ses égouts, et la ville nouvelle qu’ils imaginaient ne
pourrait que stagner et être en proie à la putrescence. A l’instar de Harvey,
qui avait découvert quelque chose d’inimaginable avant lui, à savoir que le
sang est un véhicule en circulation, et ouvert ainsi la voie de la médecine
moderne, Chadwick et ses confrères, en inventant le circuit de l’eau,
redéfinissaient la ville comme un espace nécessitant constamment d’être
débarrassé de ses déchets. A l’image du corps et de l’économie, la ville
pouvait désormais être visualisée comme un système de conduits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible d’écrire de maintes façons l’histoire de l’eau archétypale.
Je ne traite ici que de la dégradation technique de la matière eau, qui la rend
impropre à véhiculer la métaphore dont nous souhaiterions la parer. Tout ce que
je peux faire présentement, c’est insister sur le fait que l’ »eau »,
contrairement à H20, est une construction historique qui reflète – pour le
meilleur ou pour le pire – l’élément fluide de l’âme, tandis que le H20 de
l’imagination sociale est bien loin de s’accorder avec l’eau si désirable de
nos rêves. Aujourd’hui, l’eau de la ville en franchit constamment les limites :
elle y pénètre comme une marchandise et en sort comme un déchet. A l’inverse,
dans tous les mythes indo-européens l’eau est en elle-même la limite. Elle
sépare ce monde où nous vivons de l’autre monde ; elle dresse un obstacle entre
le présent, le passé ou l’avenir. Dans la grande famille des mythes
indo-européens, l’autre monde n’a pas une localisation immuable sur la carte
mentale : il peut être situé sous terre, au sommet d’une montagne, dans une
île, au ciel ou dans une grotte. Mais c’est toujours un royaume s’étendant
au-delà d’une eau – par-delà l’océan, sur l’autre rivage d’une baie. Pour
l’atteindre, il faut franchir un fleuve : là un rocher vous transporte,
ailleurs vous devez traverser à gué. Dans tous les mythes cependant, cette
traversée des eaux conduit, sur l’autre rive, à une source, et le fleuve que
vous avez franchi alimente aussi cette eau de l’au-delà.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bruce Lincoln a montré que les pèlerins grecs, indiens, nordiques et celtes,
en chemin vers l’au-delà, traversent tous le même paysage funèbre et sont
confrontés à la même hydrologie mythique. Les flots lents que rencontre le
voyageur sont ceux du fleuve de l’oubli. Ce fleuve a le pouvoir de dépouiller
de leurs souvenirs ceux qui le franchissent. Le balancement léthargique de la
tête des pleureuses pendant le thrène dont elles bercent les héros de Thèbes
dans leur dernier sommeil rappelle à Eschyle la cadence monotone des rames
d’une rive à l’autre de l’Achéron. Cependant, ce que le fleuve détache des
pieds des voyageurs en les lavant n’est pas détruit : le pèlerin en route vers
l’au-delà est seulement dépouillé des actions pour lesquelles on se souviendra
de lui. Le fleuve les charrie jusqu’à une source bouillonnante qui les brasse
comme du sable fin au fond d’un bassin cosmique, pour servir de breuvage à
l’élu : le chanteur, le rêveur, le voyant, le sage. Cette eau provoque chez lui
une ivresse de nature sobre, « sobria ebrietas ». Et ce messager,
revenu de son rêve ou de son voyage, rapporte un peu d’eau vivante du royaume
des morts, véhiculant les souvenirs des défunts dont ceux-ci n’ont que faire
mais qui sont extrêmement précieux pour les vivants. Ainsi les morts
dépendent-ils moins des vivants que les vivants des morts. Ce que le Léthé a
détaché des pieds des morts revient à la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Ciel reposait encore entre les bras de la Terre, Ouranos partageait
encore sa couche avec Gaïa « aux larges flancs » lorsque les Titans
virent le jour. Mnémosyne faisait partie de cette génération née avant les
dieux de l’Olympe. Elle est trop vieille, trop archaïque pour être la mère
d’Apollon, mais elle adopte ce fils de la nymphe Maïa et le dote d’une âme qui
remonte toujours jusqu’à la source, qui ne peut jamais oublier. Hermès -Apollon
a donc deux mères, ce qui fait de lui le messager des dieux, mais aussi leur
guide et celui des voyageurs. L’hymne dédié à Hermès appelle Mnémosyne la Mère
des Muses. Hésiode la décrit, les cheveux épars, étendue avec Zeus pour
concevoir leurs neuf filles. Elle est la fontaine dans laquelle se baigne la
muse de l’Enthousiasme, comme s’y baigne une autre de ses filles, l’oubli. Que
Mnémosyne compte au nombre des Titans, qui ont précédé les dieux, voilà qui est
capital pour notre histoire de l’eau. Rangé au nombre des Titans, un élément
cosmique devient la source de la remémoration, la fontaine de la culture,
l’origine d’une première sorte de ville – et l’eau -mémoire prend les traits de
la femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette source archaïque de la tradition orale n’a pas place dans les
cités de l’Antiquité gréco-latine. Les cités classiques de la Grèce et, plus
encore, de Rome, sont construites autour d’aqueducs canalisant l’eau jusqu’aux
fontaines. Ce n’est pas la source alimentant un bassin, ce n’est pas le
chanteur épique, mais des jaillissements artificiels et des textes consignés
dans des livres qui en modulent les eaux et les mots. Aucune cité grecque n’a
conservé un autel ou une fontaine dédiés à Mnémosyne. Seuls l’invoquent encore
des poètes cultivés qui aimeraient égaler Homère. Mnémosyne n’est plus la
source de la sobre ivresse. Désormais, son nom personnifie le dépôt écrit de la
mémoire dont Platon savait qu’il tarirait la remémoration, cette source
bouillonnante au-delà du fleuve de l’oubli, cette source alimentée par le
fleuve -frontière. A la remémoration, cette seconde mère d’Hermès, se substitue
un nouveau type de mémoire, au fur et à mesure que la culture écrite remplace
l’orale, que la légalité évince l’ancien ordre coutumier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la source au jaillissement, du bassin de la remémoration à la fontaine
sculptée, du champ épique à la mémoire référencée, l’eau en tant que métaphore
sociale subit une première et profonde transformation. Les eaux de la culture
orale qui coulaient par-delà les rivages de ce monde deviennent le plus
précieux approvisionnement que le pouvoir peut garantir à la ville. Voudrais-je
décrire cela que je commencerais par écrire l’histoire des formes variées de
l’eau et du sens que ses diverses perceptions donnent à la ville. Dans une
telle histoire, les fontaines de Rome, le système hydraulique d’Ispahan, les
canaux de Venise et ceux de Tenochtitlàn apparaîtraient comme des créations
exceptionnelles. La ville édifiée sur les bords d’un fleuve, la ville
construite autour d’une source comme si c’était son nombril, celle qui ne
dispose que de l’eau de pluie recueillie sur ses toits, constitueraient des
idéal-types parmi d’autres. Cependant, à de rares exceptions près, jusqu’à une
époque récente toutes les villes alimentées par des eaux lointaines avaient un
point commun : ce que l’aqueduc amenait dans leurs murs était absorbé par le
sol urbain. Les engins à vapeur étaient déjà courants lorsque l’idée que l’eau
acheminée jusqu’à la ville doit la quitter par des égouts devint un principe
directeur de l’urbanisme. Depuis lors, cette idée a pris le caractère d’une
obligation imparable – même si aujourd’hui l’égout aboutit souvent à une
station d’épuration. Ce qui sort de ces stations est plus éloigné que jamais de
l’eau des rêves. La nécessité d’une circulation continue de l’eau afin
d’évacuer des villes ce qui les pollue n’a fait que s’imposer toujours plus à
l’esprit des urbanistes. Pour libérer notre imagination de l’emprise de cette
construction sociale, je propose d’en étudier la naissance et l’évolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lamentations sur la saleté des villes s’exhalaient déjà dans
l’Antiquité. Même Rome, avec ses neuf cents fontaines, n’était pas sans danger
pour qui arpentait ses rues. Des magistrats subalternes, spécialement nommés,
siégeaient sous leur ombrelle dans un angle du Forum pour instruire les
plaintes des passants atteints par des excréments jetés d’une fenêtre. Au Moyen
Age, on comptait sur les cochons pour nettoyer les rues. Des dizaines
d’ordonnances, qui nous ont été conservées, réglementaient le droit des
bourgeois de posséder des porcs et de les nourrir des immondices publiques. Au
coeur des villes, les tanneries répandaient une puanteur infernale. Cependant,
la perception de la ville comme un espace qui doit être constamment lavé pour
le désodoriser a une origine historique clairement délimitée : elle apparaît au
début du siècle des Lumières. L’intérêt naissant pour le nettoyage et le
récurage traduit la volonté d’évacuer des matières qui ne répugnent pas
tellement à la vue mais qui agressent l’odorat des citadins. Pour la première
fois, la ville entière est perçue comme un espace nauséabond. Et apparaît
l’utopie de la ville inodore. Cependant, pour autant que j’en puisse juger,
cette aversion neuve à l’égard des odeurs de la cité reflète essentiellement
une transformation du sens olfactif et non un accroissement de la saturation de
l’air par des gaz ayant une odeur caractéristique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’histoire de la perception sensorielle n’est pas entièrement neuve, mais
l’évolution de l’odorat n’a été étudiée que dans une période récente. En 1961,
Robert Mandrou a fait ressortir pour la première fois la primauté du toucher,
de l’ouie et de l’odorat dans les cultures européennes prémodernes. Cette
texture complexe de perceptions sensorielles n’a cédé que lentement le pas, au
temps des Lumières, à la prédominance de l’oeil qui nous para »t si
naturelle. Lorsqu’un Ronsard ou un Rabelais touche les lèvres de sa
« mie », il en célèbre la saveur et le parfum qui l’enchantent.
Explorer la perception des odeurs constituerait une prouesse inégalable ; les
odeurs ne laissant pas de trace objective, l’historien peut seulement chercher
à savoir comment elles étaient perçues. Voici peu, Alain Corbin a publié une
monographie retraçant, pour la première fois, la perception des odeurs à la fin
de l’Ancien Régime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’ai une expérience directe de l’odeur traditionnelle des villes. Pendant
vingt ans j’ai passé beaucoup de temps dans les bidonvilles de Rio ou de Lima,
de Karachi ou de Bénarès. J’ai été long à surmonter ma répulsion naturelle pour
les odeurs d’excréments et d’urine croupie qui, à de légères variations
nationales près, sont les mêmes dans toutes ces excroissances industrielles non
raccordées aux égouts. Pourtant, ces odeurs auxquelles j’ai réussi à
m’accoutumer n’approchaient en rien le dense air ambiant du Paris de Louis XIV
et de Louis XV. C’est seulement vers la fin du règne de Louis XIV qu’une
ordonnance institua l’enlèvement hebdomadaire des excréments dans les couloirs
du palais de Versailles. Pendant des dizaines d’années, un charcutier tua les
cochons juste sous les fenêtres de l’aile des Ministres, dont les murs
restaient perpétuellement encroétés de sang séché. En plein coeur de Paris
fonctionnaient des tanneries, toutefois cantonnées aux bords de Seine. A tout
moment les gens se soulageaient contre les murs de la première église ou maison
venue. La puanteur des cimetières aux fosses peu profondes signalait la
présence des morts dans la ville. Que l’air soit chargé de miasmes, cela
entrait tellement dans les moeurs que les documents de l’époque l’évoquent
rarement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette indifférence olfactive prit fin lorsqu’un petit nombre de Parisiens ne
purent plus supporter la puanteur des trépassés. Depuis le Moyen Age, les
dépouilles des desservants et des bienfaiteurs d’une église étaient inhumées
près du maître-autel, et les procédés d’ouverture et de fermeture des caveaux
n’avaient guère changé avec les siècles. Mais au début du XVIIIe siècle leurs
émanations devinrent intolérables. En 1737, le Parlement de Paris nommait une
commission chargée d’étudier le danger que les inhumations dans les églises
représentaient pour la santé publique. On déclara dangereux pour les vivants
les miasmes s’échappant des caveaux. En 1745, l’abbé Charles-Gabriel Porée,
ancien bibliothécaire de Fénelon, publiait ses Lettres sur la sépulture dans
les églises. Dans cet ouvrage, plusieurs fois réimprimé, il invoquait des
considérations philosophiques et juridiques justifiant que les morts reposent
hors les murs de la ville. Philippe Ariès a montré que la sensibilité olfactive
neuve à l’égard de la présence des cadavres trahissait une peur de la mort,
elle aussi nouvelle. Au cours du dernier tiers du siècle, on ne comptera plus
les récits de trépas provoqués par la pestilence des corps en décomposition. De
l’Ecosse à la Pologne, elle offusque les narines, mais surtout, elle effraie.
Aux dires de témoins, les membres des congrégations sont fauchés en masse par
les miasmes s’échappant des caveaux ouverts lors des offices funèbres – ils
trépassent dans l’heure qui suit. En 1760, le cimetière des Saints-Innocents à
Paris était encore fort fréquenté : lieu de réunion l’après-midi, il abritait,
la nuit, des amours illicites. Vingt ans plus tard il était désaffecté, tant la
puanteur des corps en décomposition devenait insupportable pour le
voisinage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’intolérance à l’égard des odeurs d’excréments mit plus de temps à se
développer, bien que des doléances contre leur virulence se soient élevées dès
1740. Les premiers à alerter aux dangers des miasmes urbains furent des
scientifiques spécialisés en pneumatique ou étude des « airs » –
aujourd’hui, nous parlerions de « gaz ». Leurs instruments d’analyse
de ces substances volatiles étaient rudimentaires ; on ignorait encore
l’existence de l’oxygène et donc son rôle dans le processus de combustion. Les
chercheurs menaient leurs travaux en se fiant à leur odorat. Mais ils n’en
dissertaient pas moins sur les « exhalaisons » de la ville, et une
quinzaine de traités consacrés aux odeurs de Paris sont publiés durant la
seconde moitié du XVIIIe siècle. Ils répertorient les sept endroits malodorants
du corps humain situés entre le sommet du crâne et les creux entre les orteils,
ou les sept stades de décomposition d’une charogne. Ils distinguent, parmi les
sensations olfactives désagréables, entre la saine et vigoureuse odeur de la
bouse ou de l’excrément humain et celle, infecte et délétère, de la
putréfaction. Ils enseignent la technique pour recueillir et conserver les
odeurs dans des flacons en vue de comparaisons ultérieures permettant d’en
étudier l’évolution. L’auteur d’un de ces traités va jusqu’à calculer le poids,
par habitant, des émanations des citoyens, et il étudie leurs effets polluants
sur les alentours de la ville. Tous les auteurs ou presque dénoncent
l’indifférence du public aux dangers des airs putrides qu’ils ont débusqués et
qu’ils décrivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin du XVIIIe siècle, ces précurseurs de la désodorisation s’étaient
acquis, à Paris, un certain nombre d’adeptes influents. Les attitudes sociales
à l’égard de l’excrétion évoluaient. Les audiences qu’accordait le roi, assis
sur sa chaise percée, à quelques grands privilégiés, avaient été supprimées
deux générations plus tôt. Vers le milieu du siècle, à l’occasion d’un grand
bal, pour la première fois des cabinets d’aisances séparés sont aménagés pour
les femmes. Enfin la reine Marie-Antoinette fera poser une porte pour masquer
sa « garde-robe ». L’acte devient une fonction intime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’abord le processus, et ensuite également ce qui en résulte, sont relégués
loin des regards et des narines. Comme on découvre aussi que les êtres exhalent
de mauvaises odeurs, la vogue du bidet et du linge de corps susceptible de
nombreux lavages commence à se répandre. Dormir dans « son » lit et
entre des draps devient un impératif moral et médical. Bientôt, on proscrit
pour les jeunes gens les couvertures lourdes, car elles accumulent les
émanations corporelles et conduisent aux pollutions nocturnes. Les médecins
découvrent que l’odeur d’un malade est susceptible d’infecter les
bien-portants, et, à l’hôpital, le lit individuel devient une exigence
d’hygiène, sinon une pratique. Le 15 novembre 1793, la Convention décrétait
solennellement que la faculté d’avoir son lit à soi s’inscrivait dans les
droits de l’homme. La dignité du citoyen exige qu’une zone tampon privée
l’entoure au lit, à la garde-robe et dans la tombe. Quand s’achève le XVIIIe
siècle, des oeuvres de bienfaisance se constituent pour épargner aux démunis
l’horreur de la fosse commune. Tandis que la bourgeoisie se familiarise avec
les nouvelles habitudes de propreté, la toilette sociale de la ville passe au
premier rang des problèmes urbains. Depuis le début du XVIIIe siècle, dans
maints pays l’attention s’est portée sur le milieu particulièrement insalubre
des prisons et des asiles d’aliénés, tous endroits croupissant dans une telle
fange qu’en comparaison le reste de la ville pouvait para »tre propre. On
établit un lien entre le fort taux de mortalité dans ces établissements et leur
puanteur qui porte assez loin. Le ventilateur vient juste d’être inventé, et
les premiers installés dans les prisons y font circuler quelques bouffées d’air
frais, encore qu’ils soient réservés aux quartiers des détenus
« innocents ». Comme il semblait nécessaire, mais difficile, de faire
prendre l’air aux prisonniers, des villes de Belgique et de Suisse adoptèrent
la solution trouvée par la ville de Berne, qui permettait de concilier
l’enlèvement des immondices et la sortie des prisonniers en plein air. Tous les
matins, les forçats traînaient dans les rues de Berne de grands chariots, par
un timon auquel ils étaient enchaînés, tandis que les femmes, retenues par des
chaînes plus légères et plus longues, balayaient les rues et chargeaient les
immondices sur les chariots. Ces véhicules étaient dirigés vers les points de
la ville qui, par analogie avec le corps humain, étaient reconnus comme ses
zones les plus nauséabondes. Aux odeurs correspondaient désormais des
distinctions de classe. Les pauvres sont ceux qui sentent mauvais et, souvent,
n’en sont pas conscients. L’osmologie – l’étude des odeurs – se voudrait une
science à part entière. De prétendues expériences prouvaient que l’Européen, le
Samoyède, le Nègre et le Hottentot se reconnaissaient à l’odeur particulière de
leur race, qui persistait même s’ils changeaient de régime alimentaire et se
lavaient fréquemment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etre une personne de qualité en vint à signifier être propre : ne pas sentir
mauvais, avoir un chez-soi inodore. Au début du XIXe siècle, on éduque les
femmes à cultiver une fragrance qui les personnalise. Cet idéal était apparu à
la fin de l’Ancien Régime, en un temps où les puissants parfums traditionnels
d’origine animale, l’ambre gris, le musc, la civette avaient été abandonnés au
profit d’eaux de toilette et d’essences végétales. Sous Napoléon 1er, parvenu
qui inclinait à renouer avec la tradition, les parfums capiteux tirés des
poches ventrales de rongeurs connurent un bref regain de faveur, mais sous le
Second Empire leur emploi était l’indice de moeurs débauchées. A présent les
dames de la bonne société usaient de senteurs d’origine végétale
« collant » à leur personnalité. Comme ces substances sont assez
volatiles, il faut s’en réappliquer fréquemment et leur parfum, qui s’attarde
dans la sphère domestique, symbolise la consommation ostentatoire chez des gens
bien lavés. Lorsque Mlle Deschamps, une danseuse, fit installer dans son
appartement, en 1750, « deux cabinets, l’un de toilette, l’autre de lieux
à l’anglaise », cette nouveauté fut largement commentée. Un siècle plus
tard, ce genre d’équipement se trouve dans les beaux quartiers. Tandis que les
riches se parfument discrètement, que les bourgeois se « récurent »
le cuir et apprennent à se déchausser avant de franchir le seuil, l’un des
objectifs majeurs des services de la police sanitaire est de désodoriser ceux
qui sont en majorité : les pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de la première moitié du XIXe siècle, les Anglais avaient déjà
entrepris de purger leurs villes en polluant, de ce fait, la Tamise. En France
et, de manière générale, sur le continent, l’opinion publique n’était pas prête
à accepter pareil gaspillage. En 1835, un rapport de l’Institut rejetait la
proposition d’adopter pour Paris un système de tout-à-l’égout qui déverserait
les gadoues dans la Seine. Cette décision ne procédait pas d’un souci pour les
eaux du fleuve ou d’un sentiment anti-britannique mais de l’évaluation de
l’énorme potentiel économique qui serait ainsi perdu. Vingt ans plus tard, les
rédacteurs du Journal de chimie médicale invoquent Malthus et des arguments
empruntés à la physiologie sociale pour démontrer que canaliser les excréments
vers la Seine serait un « méfait public ». Quelques années plus tôt,
il avait été envisagé de lier le versement des pensions aux vieux invalides à
leur ramassage quotidien des vidanges – cet engrais par excellence. A présent
que le chemin de fer reliait la ville aux campagnes, les vidanges y seraient
transportées pour les fertiliser, en faire de grandes étendues maraîchères. Au
cours des années soixante, de part et d’autre de la Manche deux idéologies
nationales s’affrontaient sur l’intérêt des égouts. Victor Hugo exprima
littérairement la position française. Dans les chapitres des Misérables qu’il
consacre à ce qu’il appelle « l’intestin de Léviathan », il écrit :
« On pourrait dire que depuis dix siècles le cloaque est la maladie de
Paris. L’égout est le vice que la ville a dans le sang. » Toute tentative
pour faire se déverser encore plus de gadoues dans les égouts ne pourrait
qu’augmenter les horreurs inimaginables du cloaque de la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l’autre côté de la Manche, le prince de Galles, futur Edouard VII,
prenait en 1871 une position inverse quant à l’utilité des égouts. N’eût-il été
prince héritier de la couronne, disait-il, il aurait choisi l’état de plombier.
A peu près dans le même temps, Hellinger exhortait ses collègues de la Royal
Society of Arts : « Et la voici, la santé de cette ville immense, qui
repose et se love dans vos bras puissants, sommeillant paisiblement dans leurs
muscles durcis, S’abandonnant aux mains expertes et aux doigts exercés ! »
Le romancier Jules Verne transpose, dans un contexte français, cette attitude
anglaise : « Nettoyer, nettoyer sans cesse, détruire et annuler les
miasmes qui émanent d’une agglomération humaine, telle est l’oeuvre principale
du gouvernement central. » (Les Cinq cents millions de la Bégum – NdT)
Sentant mauvais, la sueur des classes laborieuses était dangereuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les architectes anglais se proposaient d’utiliser l’eau pour désodoriser la
ville. Dès l’an 1596, Sir John Harrington, filleul de la reine Elisabeth I,
avait inventé le water-closet et publié un traité sur cet appareil, mais
celui-ci ne demeura fort longtemps qu’un objet curieux. En 1851, George Jenning
installait des toilettes publiques au Crystal Palace de Londres qui abritait
l’Exposition universelle, et 827 280 personnes, soit 14% des visiteurs,
payèrent pour découvrir et utiliser cette nouveauté. Ces « commodités
convenant à une civilisation avancée » furent perfectionnées par Thomas
Crapper, patron d’une fonderie. Le clapet de la chasse d’eau, anus mirabilis,
fut breveté en Grande-Bretagne, et le terme WC entra dans toutes les langues
civilisées. Selon un rapport du gouvernement des Etats-Unis, Baltimore fut la
dernière ville de la côte Est à produire ses engrais « naturels »
grâce aux cabinets d’aisances jusqu’en 1912, date à laquelle elle fut
contrainte d’adopter la chasse d’eau.A la fin du XIXe siècle, on commence à
constater la dissémination, par l’eau courante, de germes pathogènes d’origine
fécale, en raison de la pollution des eaux vives par l’évacuation des
toilettes. Les ingénieurs se trouvaient placés devant un choix : soit employer
leurs ressources, toujours limitées, pour l’épuration des eaux-vannes avant
leur dispersion, soit assainir l’eau avant sa distribution. Durant la première
moitié du XXe siècle, on s’en tint à la stérilisation de l’eau. La
bactériologie n’avait abandonné que depuis peu l’ancienne théorie voulant que
la maladie résulte d’une altération interne par la nouvelle théorie des germes
qui tiennent le corps sous la menace constante d’une invasion microbienne. Les
citadins réclamaient avant tout qu’on leur fournisse une – eau potable -,
c’est-à-dire dépourvue de germes. Et puis, vers le milieu de notre siècle, ce
qui sort du robinet n’est plus inodore : c’est un liquide que beaucoup d’entre
nous n’osent plus boire. La transformation de H20 en produit détachant s’était
opérée. Dès lors, on pouvait se préoccuper publiquement de
l’ »épuration » des eaux-vannes et de la préservation des lacs. Aux
états-Unis, les coûts de fonctionnement du tout-à-l’égout et de l’épuration de
son contenu liquide représentent désormais le premier poste budgétaire des
gouvernements des états. Seul l’enseignement coûte plus cher aux contribuables
américains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me plais à penser que, dans la Grèce archaïque, les lustrations
exorcisaient le plus souvent les miasmes. Aujourd’hui, les efforts pour
débarrasser la ville de ses odeurs fétides ont échoué. Dans le club huppé de
Dallas où j’ai été logé pour la nuit, des flacons au goulot muni d’une mèche
diffusaient un puissant anesthésique paralysant les muqueuses nasales afin de
masquer l’échec d’un équipement sanitaire pourtant extrêmement coûteux. Le
désodorisant neutralise le nez. Nos villes constituent des espaces où sévit une
puanteur industrielle sans précédent. Et nous sommes devenus aussi insensibles
à cette pollution que les Parisiens du XVIIIe siècle l’étaient à l’odeur de
leurs cadavres et de leurs excréments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons suivi les eaux de l’histoire, de la Grèce archaïque au robinet
écologique. Nous avons contemplé les fontaines de Rome qui ont fait disparaître
la titanesque Mnémosyne de l’esprit de la cité alphabétisée qu’elles ont
peuplée de nymphes classiques. Et nous avons vu comment les systèmes
hydrauliques dissimulent H20 à notre vue. Nous avons écouté les improvisations
des fontaines sonores, la symphonie bien orchestrée de la fontaine de Trevi, et
puis le chuintement des robinets et le bruit de la chasse d’eau. Nous avons
compris que l’eau des villes, dans la culture occidentale, a un début et
pourrait donc avoir une fin. Cette eau est née lorsque l’artiste a domestiqué
chaque eau de Rome dans une fontaine où elle nourrit de son histoire
particulière les rêves des citadins, et elle est menacée lorsque la succion des
turbines hydrauliques en fait un détachant et un agent de refroidissement dont
une partie pourrait servir à alimenter un lac artificiel. Nous nous demandons
s’il est possible que le rêve et la richesse coexistent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En repensant aux eaux qui ont coulé dans les villes, nous pouvons mesurer
combien elles sont importantes pour les rêves. C’est seulement là où les rêves
se sont reflétés dans les eaux des communaux que les cités ont pu se tisser de
leur propre matière. Seules les eaux animées de nymphes et de remémorations ont
le pouvoir de fondre ensemble la face archétypale et la face historique des
rêves. H20 est d’une autre sorte. H20 est un liquide qui a été dépouillé à la
fois de son message cosmique et de son genius loci. Elle est opaque aux rêves.
L’eau de la ville a dévoyé les communaux du rêve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ivan Illich, mai 1984.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.nepigo.net/post/2010/09/01/H20-et-les-eaux-de-l-oubli#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Quelques réflexions sur le renvoi du général McChrystal</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2010/07/01/Quelques-r%C3%A9flexions-sur-le-renvoi-du-g%C3%A9n%C3%A9ral-McChrystal</link>
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    <pubDate>Thu, 01 Jul 2010 00:56:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
            
    <description>    &lt;a hreflang=&quot;en&quot; href=&quot;http://www.rollingstone.com/politics/news/17390/119236&quot;&gt;L'article de Rolling
Stone qui a précipité le renvoi de McChystal&lt;/a&gt; est un solide travail
d'enquête : le journaliste a eu la chance d'être à Paris en même temps que
McChrystal et son équipe pendant qu'ils y étaient coincés par l'éruption du
volcan islandais en Avril dernier, et a donc pu vivre avec eux presque tout un
mois. Il a fait de cette expérience un portrait fouillé, complexe... humain,
simplement, de l'homme et de son entourage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cet homme et cet entourage sont aux commandes de la guerre la plus longue
et probablement la plus coûteuse de l'histoire des États-Unis; il n'est donc
pas pensable qu'ils n'aient pas posé de conditions à ce que le journaliste
pouvait citer de leurs conversations, ne serait-ce que pour des questions de
secret militaire. Cela pose la question de la confiance entre le journaliste et
ceux qu'il interroge. Il me paraît impossible que le journaliste n'ait pas ici
trahi la confiance de ses interlocuteurs compte tenu du ton de l'article
(légèrement ironique, le type cultivé qui prend un malin plaisir à caser les
plus beaux exemples d'humour viril-gras de ses interlocuteurs) et des citations
: jamais un militaire haut gradé ne critiquerait un gouvernement étranger et
Obama publiquement, et encore moins quelqu'un qui a dirigé la branche
opérationnelle des services secrets américains juste avant!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des journalistes professionnels m'ont dit que comme journaliste on pouvait se
permettre deux ou trois incartades de ce type mais qu'après plus personne ne
voulais vous parler: fin de la carrière de journaliste... En tout cas en
France. Cela représente assez bien le fonctionnement de l'accès à l'information
: je viens de lire (par Rue89) une magnifique &lt;a hreflang=&quot;en&quot; href=&quot;http://www.huffingtonpost.com/mayhill-fowler/seduction-and-betrayal-mc_b_625271.html?view=screen&quot;&gt;
description&lt;/a&gt; de l'exercice journalistique comme d'une &amp;quot;séduction-trahison&amp;quot;,
je trouve cela vraiment bien vu. D'autant que le jeu fonctionne dans les deux
sens : l'interviewé cherche aussi à séduire le journaliste pour obtenir le
meilleur compte rendu possible de l'entretien - lui aussi attend donc du
journaliste qu'il trahisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un argumentaire qui revient en faveur du journaliste est celui d'une nécessaire
transparence. Je suis très partagé sur cette notion. La transparence est
essentiellement un fantasme, à mon avis, et un fantasme dangereux en ce qu'il
rêve de &amp;quot;déplier&amp;quot; le réel (je pense bien que la première occurrence du mot dans
les politiques publiques a eu lieu dans le champ des banques centrales, il
faudrait vérifier). Mais la transparence des individus, il faudrait plutôt dire
leur lisibilité, est aussi une réalité en pleine croissance. Les technologies
de l'information et de la communication &amp;quot;déplient&amp;quot; le réel qu'on le veuille ou
non.
http://blog.nepigo.net/post/2007/08/17/e-homo-%3A-encore-une-race-superi...&lt;br /&gt;

&lt;br /&gt;
L'enjeu démocratique de ce développement est que cette transparence soit
dirigée dans la direction de ceux exercent le pouvoir plutôt que vers ceux qui
le subissent. En ce sens, la &amp;quot;trahison&amp;quot; de Hastings (le journaliste qui a écrit
le reportage) se justifie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il reste que j'ai toujours du mal à voir un type devoir démissionner sur
pression de l'opinion publique parce qu'un de ses subordonnés a fait des
remarques désobligeantes devant un journaliste, ou qu'il se permet des
jugements personnels sur son supérieur hiérarchique. Je trouve attristant que
le renvoi de ce général (dont, je dois le dire quand même, le cynisme
stratégique me répugne) soit advenu pour cette raison. Parce qu'une volonté de
transparence totale mène aussi au risque que la politique devienne un monde où
être un bon acteur totalement paranoïaque devient bien plus important pour
survivre qu'être compétent et imaginatif. Quoi, c'est déjà le cas?... ;-)&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.nepigo.net/post/2010/07/01/Quelques-r%C3%A9flexions-sur-le-renvoi-du-g%C3%A9n%C3%A9ral-McChrystal#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Morale à aimants</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2010/04/01/Morale-%C3%A0-aimants</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:7a5324b52ca1b81b6220c492b0b28273</guid>
    <pubDate>Thu, 01 Apr 2010 22:24:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
            
    <description>    &lt;a hreflang=&quot;en&quot; href=&quot;http://web.mit.edu/newsoffice/2010/moral-control-0330&quot;&gt;Un article du MIT&lt;/a&gt;
fait état d'une expérience troublante. Une équipe de chercheurs de cette
institution de recherche, dirigée par Rebecca Saxe, serait parvenue à agir sur
les jugements moraux des participants d'une expérience dans le cadre d'une
recherche sur le rôle d'une partie spécifique du cerveau dans le jugement
moral.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://web.mit.edu/newsoffice/articleimages.php?id=13872&amp;amp;iframe=true&amp;amp;width=378&amp;amp;height=420&quot; /&gt;
&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://web.mit.edu/newsoffice/articleimages.php?id=13872&amp;amp;iframe=true&amp;amp;width=378&amp;amp;height=420&quot; /&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/File:PET-image.jpg&quot; /&gt;&lt;img title=&quot;MRI brain scans showing the location of the right temporoparietal junction (blue circle). The purple triangle shows a nearby region that the researchers disrupted with magnetic stimulation as a control experiment. Images courtesy Rebecca Saxe laboratory,, avr. 2010&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.nepigo.net/public/20100330120705-2.jpg&quot; /&gt;En perturbant le fonctionnement d'une zone
précise de l'hémisphère droit du cerveau, appelée carrefour temporo-pariétal,
au moyen d'un champ magnétique localisé, les chercheurs sont parvenus à faire
en sorte que les sujets de leur expérience soient plus susceptibles de juger
moralement acceptable des tentatives avortées d'actes malveillants. Les
participants devaient noter de tels scénarios sur une échelle de 1 à 7, de
&amp;quot;complètement interdit&amp;quot; à &amp;quot;complètement permis&amp;quot;, et ont mis en moyenne une note
plus haute quand ils étaient soumis à l'action de ce champ magnétique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Les jugements moraux des gens ne sont pas inversés&amp;quot;, explique Saxe, &amp;quot;seulement
orientés&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut se garder un peu des équivalences: ce que mesure cette expérience n'est
pas &amp;quot;les jugements moraux des gens&amp;quot; mais l'appréciation morale par des gens
différents de scénarios écrits ; un jugement se fait avec bien plus, ou parfois
bien moins, que le cerveau. De plus un effet aussi net semble n'avoir été
observé que pour des jugements sur des tentatives de malveillance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est déjà beaucoup.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PS: l'article date du 30 mars, donc a priori immunisé contre les poissons
d'avril....&lt;br /&gt;
PS2: l'image est tirée de l'article original, si cela pose problème merci de me
contacter et je la retire.&lt;br /&gt;
PS3: un &lt;a hreflang=&quot;en&quot; href=&quot;http://www.pnas.org/content/early/2010/03/11/0914826107.full.pdf+html&quot;&gt;article&lt;/a&gt;
décrivant l'expérience dans le détail a été publié dans la revue PNAS. Le
&lt;a hreflang=&quot;en&quot; href=&quot;http://www.pnas.org/content/early/2010/03/11/0914826107.abstract%20&quot;&gt;résumé&lt;/a&gt;
est lisible gratuitement.&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.nepigo.net/post/2010/04/01/Morale-%C3%A0-aimants#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>The Incredible String Band - The Half-Remarkable Question</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2010/03/31/The-Incredible-String-Band-The-Half-Remarkable-Question</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:a71978eb7fe4c85c7a451539806c44b9</guid>
    <pubDate>Wed, 31 Mar 2010 21:08:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
        <category>video musique</category>    
    <description>    Duo of hippies in 1968 improvising Indianish melodies... and doing very well
:-) The presenter is very innocent, the two guys are handsome - although the
blond one is almost a living caricature of Jesus Christ... the film in itself
is very sweet, evoking times of plentifulness and insouciance... happy
times.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;object data=&quot;http://www.youtube.com/v/9xEaEALzyJo&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1&amp;amp;&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; height=&quot;300&quot; width=&quot;480&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/9xEaEALzyJo&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1&amp;amp;&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;

&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(thanks to &amp;quot;&lt;a hreflang=&quot;en&quot; href=&quot;http://thealwaysbluesociety.blogspot.com/&quot;&gt;The Always Blue Society&lt;/a&gt;&amp;quot; people
for their excellent blog!)</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.nepigo.net/post/2010/03/31/The-Incredible-String-Band-The-Half-Remarkable-Question#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Mauvais Vert</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2010/03/11/Mauvais-Vert</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:cbad49d122354442cb49713b749f6b8d</guid>
    <pubDate>Thu, 11 Mar 2010 22:52:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
        <category>politique ONG environnement USA Hari</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Dans un article paru dans &lt;em&gt;The Nation&lt;/em&gt; (&amp;quot;&lt;a hreflang=&quot;en&quot; href=&quot;http://www.thenation.com/doc/20100322/hari&quot;&gt;The Wrong Kind of Green&lt;/a&gt;&amp;quot;), un
hebdomadaire de gauche américain, le journaliste anglais &lt;a hreflang=&quot;en&quot; href=&quot;http://blog.nepigo.net/post/2010/03/11/johann%20hari&quot;&gt;Johann Hari&lt;/a&gt; décrit comment certaines des plus puissantes
associations écologistes états-uniennes en sont venues à défendre concrètement
des positions contredisant l'objet même de leur existence. L'habitude qu'elles
ont prise, au fil des années, d'accepter des contributions financières des
grandes entreprises, particulièrement des plus polluantes qui ont tout intérêt
à s'acheter une image, les a conduit à défendre des objectifs compatibles avec
ceux de leurs généreux donateurs. Or ces objectifs sont insuffisants, et
certains sont tout à tout fait dangereux - quand par exemple des ONG se mettent
à se vendre de la certification dans le marché des compensations carbone que
l'on veut construire (celui-ci, il faut le dire et le répéter, &lt;a hreflang=&quot;en&quot; href=&quot;http://www.carbontradewatch.org/index.php?option=com_content&amp;amp;task=view&amp;amp;id=322&amp;amp;Itemid=292&quot;&gt;
ne fonctionne pas&lt;/a&gt; et ne peut pas fonctionner car ce qui s'y vend est
impossible à mesurer, quand il existe). Ou, ce qui est très détaillé ici,
qu'elles défendent à Copenhague des objectifs de réduction des émissions de CO2
largement en-dessous de ce que la majorité scientifique du moment considère
comme des seuils minimum (le fameux 350 ppm par exemple). À cette critique
s'ajoute une autre : elles définissent leurs objectifs politiques en fonction
de ce qui est audible sans trop d'effort par les gouvernements, et cela finit
par leur faire faire du politiquement correct, du &amp;quot;réalisme&amp;quot; qui n'a de réalité
que dans le monde de la politique (comme le dit J. Hari, allez expliquer à la
mer qui monte qu'il faut attendre les prochaines élections...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en cause était violente et elle a suscité des réactions qui ne le
sont pas moins ; dans &lt;a hreflang=&quot;en&quot; href=&quot;http://www.thenation.com/doc/20100322/forum&quot;&gt;un échange publié par le
journal&lt;/a&gt;, certaines des associations incriminées ont répondu (National
Wildlife Federation, Natural Resources Defense Council, Sierra Club, The Nature
Conservancy), un directeur de Greenpeace &lt;a hreflang=&quot;en&quot; href=&quot;http://www.thenation.com/doc/20100322/forum/#radford&quot;&gt;s'en est mêlé&lt;/a&gt; (avec
à-propos) ainsi que le fondateur de 350.org, qui avait lancé un mouvement
planétaire un peu avant Copenhague. L'échange se termine sur &lt;a hreflang=&quot;en&quot; href=&quot;http://www.thenation.com/doc/20100322/forum/2#hari&quot;&gt;une réponse détaillée
et rageuse de Hari&lt;/a&gt;, qui convainc largement. Par ailleurs, &lt;a hreflang=&quot;en&quot; href=&quot;http://www.thenation.com/bletters/20100322/hari&quot;&gt;certaines lettres&lt;/a&gt;
envoyées au journal sont également excellentes (sur les compensations carbone
ou &amp;quot;offsets&amp;quot;, la &lt;a hreflang=&quot;en&quot; href=&quot;http://www.thenation.com/bletters/20100322/hari#brulle&quot;&gt;professionnalisation&lt;/a&gt;
des mouvements politiques...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article de Johann Hari a au minimum le mérite d'avoir précipité un débat
ouvert et public entre des ONG de premier plan sur leur rapport aux
entreprises, mais il est plus que cela, c'est un beau et nécessaire pavé dans
la mare de la part d'un grand journaliste qui gagne à &lt;a hreflang=&quot;en&quot; href=&quot;http://www.johannhari.com/&quot;&gt;être lu&lt;/a&gt;. Merci à lui.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.nepigo.net/post/2010/03/11/Mauvais-Vert#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Growth isn't possible</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2010/01/26/Growth-isn-t-possible</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:a6ffb68c7a669b556863d8307dd32d31</guid>
    <pubDate>Tue, 26 Jan 2010 10:52:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
            
    <description>    Here is a simple, efficient and straightforward cartoon to illustrate the
latest report by the New Economics Foundation, &amp;quot;&lt;a hreflang=&quot;en&quot; href=&quot;http://www.neweconomics.org/publications/growth-isnt-possible&quot;&gt;Growth isn't
possible&lt;/a&gt;&amp;quot;. It is an exploration of the intuitive, and simple too, idea that
infinite exponential growth in a finite environment is just not possible, as
exemplify the two quotes introducing the report:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&amp;quot;If you spend your time thinking that the most important objective of
public policy is to get growth up from 1.9 per cent to 2 per cent and even
better 2.1 per cent we’re pursuing a sort of false god there. We’re pursuing it
first of all because if we accept that, we will do things to the climate that
will be harmful, but also because all the evidence shows that beyond the sort
of standard of living which Britain has now achieved, extra growth does not
automatically translate into human welfare and happiness.&lt;/em&gt;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lord Adair Turner, Chair of the UK Financial Services Authority &amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;&lt;em&gt;Anyone who believes exponential growth can go on forever in a finite world
is either a madman or an economist&lt;/em&gt;.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kenneth E. Boulding, Economist and co-founder of General Systems Theory&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;object data=&quot;http://www.youtube.com/v/Sqwd_u6HkMo&amp;amp;color1=0x3a3a3a&amp;amp;color2=0x999999&amp;amp;hl=en_GB&amp;amp;feature=player_embedded&amp;amp;fs=1&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; height=&quot;300&quot; width=&quot;480&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/Sqwd_u6HkMo&amp;amp;color1=0x3a3a3a&amp;amp;color2=0x999999&amp;amp;hl=en_GB&amp;amp;feature=player_embedded&amp;amp;fs=1&quot; /&gt;
&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Of course, although simple, this idea supposes an ability to project oneself at
a global level and think about humanity and solidarity in abstract terms. But
day-to-day reality is also made of keeping up with the Jones, so what if the
Jones buy this new car, house, land? It's silly to say but this simple example
also shows there won't be any change possible without a spiritual and cultural
change, in other words a change that goes beyond political and planning
abilities... Or?</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>&quot;Augmented reality&quot;, or robotification of the human body?</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2009/12/06/%22Augmented-reality%22</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:e1e3bb8d06b510b8dca718281824dc55</guid>
    <pubDate>Sun, 06 Dec 2009 11:01:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
            
    <description>    A new IT device acting both as a spare pieces detector and an eye-to-computer
interface is now being developed by Daimler, one of the giants of the German
automobile industry. They call the concept &amp;quot;augmented reality&amp;quot;. Such a device
is born out of managers' will to reduce errors due to the &amp;quot;human factor&amp;quot;, the
usual control freakism. Only one &amp;quot;reassuring&amp;quot; fact: the more workers will be
turned into robots, the more real robots will be likely to replace them as some
point.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;object data=&quot;http://www.youtube.com/v/AqwzhHEDnYA&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1&amp;amp;&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; height=&quot;300&quot; width=&quot;480&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/AqwzhHEDnYA&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1&amp;amp;&quot; /&gt;&lt;/object&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Prix de la Sirène en Colère</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2009/11/24/Prix-de-la-Sir%C3%A8ne-en-Col%C3%A8re</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:787906b49ad438e00900feaa2a8bfb19</guid>
    <pubDate>Tue, 24 Nov 2009 12:58:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
            
    <description>    &lt;object data=&quot;http://www.youtube.com/v/7df0w56AbNg&amp;amp;hl=nl_NL&amp;amp;fs=1&amp;amp;&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; height=&quot;300&quot; width=&quot;480&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/7df0w56AbNg&amp;amp;hl=nl_NL&amp;amp;fs=1&amp;amp;&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;

&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des négociations cruciales de l'ONU sur le climat se dérouleront bientôt à
Copenhague. Tandis qu'un peu partout dans le monde des individus, des
organisations ou des mouvements sociaux appellent à une action d'envergure pour
modérer les changements climatiques et garantir l'adoption de solutions justes
et équitables pour tenter de remédier au problème, les milieux d'affaires font
du lobbying pour bloquer toute action efficace en termes de réduction réelle
des émissions de CO2 tout en cherchant le moyen de transformer un éventuel
accord en opportunité commerciale. Conjuguées aux hésitations des Etats, ces
menées hypothèquent dangereusement toute perspective d'accord à la hauteur des
enjeux à Copenhague. C'est pourquoi six ONG (&lt;a href=&quot;http://www.attac.dk/&quot;&gt;ATTAC Denmark&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.corporateeurope.org/&quot;&gt;Corporate Europe Observatory,&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.focusweb.org/&quot;&gt;Focus on the Global South&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.foei.org/&quot;&gt;Friends of the Earth International&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://priceofoil.org/&quot;&gt;Oilchange International&lt;/a&gt; and &lt;a href=&quot;http://www.spinwatch.org/&quot;&gt;Spinwatch&lt;/a&gt;) organisent un prix ironique, le prix
du pire lobbying climatique ou &amp;quot;Prix de la Sirène en colère&amp;quot; en référence à la
célèbre petite statue du port de Copenhague, pour souligner publiquement le
rôle des lobbies d'affaire, que l'on sache au moins à qui l'on doit cette
brillante réussite... Vous pouvez donc vous rendre sur le site &lt;a class=&quot;moz-txt-link-abbreviated&quot; href=&quot;http://www.angrymermaid.org/fr&quot;&gt;www.angrymermaid.org/fr&lt;/a&gt; pour élire le pire
lobby parmi ceux qu'elles ont identifiés. Pour ma part, le lobby promouvant
cette escroquerie monumentale que sont les marchés de droits d'émissions a ma
préférence :-)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.nepigo.net/post/2009/11/24/Prix-de-la-Sir%C3%A8ne-en-Col%C3%A8re#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>350 Hz à Bruxelles</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2009/10/25/350-Hz-%C3%A0-Bruxelles</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:0ccdc45f3be105cf8020c0aba363236d</guid>
    <pubDate>Sun, 25 Oct 2009 21:42:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;Ce samedi 24 octobre était une journée mondiale d'action pour réclamer aux
gouvernements qu'ils prennent des mesures à la hauteur des enjeux lors des
négociations sur la réduction des émissions de CO2 de Copenhague en décembre
(ça semble mal parti). Beaucoup d'actions ont eu lieu un peu partout dans le
monde, on peut dire que c'était un succès. À Bruxelles, dans le Parc Royal, ça
a donné ça :-)&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;object data=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/xaxswm&amp;amp;related=0&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; height=&quot;300&quot; width=&quot;480&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/xaxswm&amp;amp;related=0&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;Réalisation Jean-Philippe Rouxel, Bruxelles, 2009&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.nepigo.net/post/2009/10/25/350-Hz-%C3%A0-Bruxelles#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Coco chanel : &quot;la copie, c'est le succès!&quot;</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2009/10/01/Coco-chanel-%3A-%22la-copie%2C-c-est-le-succ%C3%A8s%21%22</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:10b3819800bd9ac484b9620e2ff5810c</guid>
    <pubDate>Thu, 01 Oct 2009 22:31:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
            
    <description>    Deux vidéos que j'aime beaucoup. Notez, à la fin du premier enregistrement, ce
que dit Coco Chanel à propos de la copie, à méditer à l'heure où des ânes
s'imaginent faire leur succès en empêchant les gens de recopier leurs
œuvres...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;object data=&quot;http://www.youtube.com/v/qu3-Z32ljIE&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;356&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/qu3-Z32ljIE&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;

&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;object data=&quot;http://www.youtube.com/v/EYxJ3Kf50Tw&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;356&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/EYxJ3Kf50Tw&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;&quot; /&gt;&lt;/object&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.nepigo.net/post/2009/10/01/Coco-chanel-%3A-%22la-copie%2C-c-est-le-succ%C3%A8s%21%22#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>La terre vue de la terre</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2009/06/08/La-terre-vue-de-la-terre</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:4503a494e118c4e7c0ed5d1049f133ba</guid>
    <pubDate>Mon, 08 Jun 2009 00:20:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
            
    <description>    À entendre Coline Serreau présenter son dernier film, on se dit qu'il s'y
trouvera sans doute exactement ce qui manque dans le film de Yann Arthus
Bertrand. J'ai regardé celui-ci hier soir, plutôt mal disposé à son encontre du
fait de son financement par le groupe PPR - coup marketing, etc. Cela commence
d'ailleurs très mal puisque la première séquence montre les noms de toutes les
marques de luxe possédées par le groupe s'assembler pour former &amp;quot;Home&amp;quot;, le
titre du film. J'ai cependant très vite changé d'avis. J'ai par exemple trouvé
la première moitié du film très belle dans son séquençage, et pour ce qu'elle
dit de la Vie avec un grand v. - une telle diffusion pour une aussi belle
explication du monde vivant est en soi un succès formidable. J'ai aussi
beaucoup aimé l'idée de la &amp;quot;boule de soleil&amp;quot; utilisée pour décrire le pétrole,
c'est exactement cela! Les chiffres défilent, obsédants et lointains, plus ou
moins effrayants. &amp;quot;Tout s'accélère&amp;quot;, répète-t-il, variant les exemples. Les
solutions? labels, énergies renouvelables, réduction des inégalités... Des
solutions qui sont suffisamment abstraites pour ne pas avoir besoin d'être
incarné dans un personnage de fiction : YAB est le seul personnage de son film,
les hommes présents dans le film étant filmés comme les animaux et les plants,
d'au-dessus - ce qui est en soi une trouvaille excellente.&lt;br /&gt;
Mais je ne suis pas ressorti de là avec une vision claire de ce qu'il faudrait
faire; être ému et informé de l'existence de technologies nouvelles ne suffit
pas pour agir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coline Serreau, elle, a filmé des gens, et des gens qui agissent. Espérons que
cela marche mieux :-)&lt;br /&gt;
http://www.terre.tv/#/fr/protection-de-lenvironnement/entretien/1605_coline-serreau-nous-presente-la-terre-vue-de-la-terre&lt;br /&gt;

&lt;p&gt;&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://www.terre.tv/swf/externalplayer.swf?movieName=01641&amp;amp;commercialMovieName=jingle01_fr&amp;amp;logoPath=http://www.terre.tv/logo/logo_terre_click.swf&quot; height=&quot;256&quot; width=&quot;320&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.terre.tv/swf/externalplayer.swf?movieName=01641&amp;amp;commercialMovieName=jingle01_fr&amp;amp;logoPath=http://www.terre.tv/logo/logo_terre_click.swf&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Oscuramento</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2009/05/07/Oscuramento</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:6d02a72c488a3d107c4d281a5bc4626b</guid>
    <pubDate>Thu, 07 May 2009 23:04:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
            
    <description>    &lt;object data=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/x5nh0u_oscuramento_music&amp;amp;related=1&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;356&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/x5nh0u_oscuramento_music&amp;amp;related=1&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;

a été réalisé et composé en 2008 par Pierrick Servais et Minizza (&lt;a href=&quot;http://www.tapasnocturn.com/&quot;&gt;TapasNocturn&lt;/a&gt;)</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Mes bras</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2009/03/12/Mes-bras</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:bae93ac0c146d4f469f3249e19cfae37</guid>
    <pubDate>Thu, 12 Mar 2009 00:15:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
            
    <description>    Pour un bras qui se tend&lt;br /&gt;
Un trou qui se creuse&lt;br /&gt;
Porte ouverte sur mes lointains&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici mon cerveau muni d'une porte d'entrée&lt;br /&gt;
Court, court sur le papier mon doux reptile&lt;br /&gt;
Écailles polies et bave abondante&lt;br /&gt;
Recap after use&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La ville rugit sourdement&lt;br /&gt;
Rumeurs, grondements,&lt;br /&gt;
Cris et sirènes&lt;br /&gt;
Bruxelles se déhanche pesamment&lt;br /&gt;
Sa gangue d'indolence ne cèdera pas&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qui est ce chien? Depuis des mois il hurle&lt;br /&gt;
Maigre et triste crevette,&lt;br /&gt;
Son aboiement déchire l'air chaque matin&lt;br /&gt;
Ses cris signalant d'étranges tortures&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Confusion du matin formes étranges&lt;br /&gt;
La bile aux lèvres l'âme malade&lt;br /&gt;
Je m'en vais rejoindre ma folie&lt;br /&gt;
Prier aux verbes en dérive&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fantômes, chutes et cauchemars&lt;br /&gt;
Mon monde crie sous le météore&lt;br /&gt;
Alluvions de la peur, grincements des pleurs&lt;br /&gt;
Pluie inutile sur un or silencieux</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Préambule aux instructions pour remonter une montre</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2009/01/29/Preambule-aux-instructions-pour-remonter-une-montre</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:77db1bb4b173f9c3b84914be66083c5f</guid>
    <pubDate>Thu, 29 Jan 2009 11:43:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
        <category>technique</category>
            
    <description>    &lt;em&gt;Ce très court texte de Julio Cortàzar, un écrivain argentin dont je viens
de me procurer un recueil de nouvelles intitulé&lt;/em&gt; &lt;a style=&quot;font-style: italic;&quot; hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2070385779/qid=1137321553/sr=1-1/ref=sr_1_10_1&quot;&gt;
&amp;quot;Cronopes et Fameux&amp;quot;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;, pourrait résumer à lui seul bien des choses que
j'ai écrites ici sur notre sujétion à la technique. Je n'ai pas eu beaucoup de
temps pour écrire dans ce blog ces derniers mois, au point de caresser l'idée
de mettre ce projet entre parenthèses; mais ceci devra au moins attendre la
publication de ce texte savoureux. Bonne lecture. (Pour le plaisir de lire, j'y
adjoins la nouvelle suivante, encore plus brève).&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Penses-y bien : lorsqu'on t'offre une montre, on t'offre un petit enfer
fleuri, une chaîne de roses, une geôle d'air. On ne t'offre pas seulement la
montre, joyeux anniversaire, nous espérons qu'elle te fera de l'usage, c'est
une bonne marque, suisse à ancre à rubis, on ne t'offre pas seulement ce
minuscule picvert que tu attacheras à ton poignet et promèneras avec toi. On
t'offre – on l'ignore, le plus terrible c'est qu'on l'ignore -, on t'offre un
nouveau morceau fragile et précaire de toi-même, une chose qui est toi mais qui
n'est pas ton corps, qu'il te faut attacher à ton corps par son bracelet comme
un petit bras désespéré agrippé à ton poignet. On t'offre la nécessité de la
remonter tous les jours, l'obligation de la remonter pour qu'elle continue à
être une montre ; on t'offre l'obsession de vérifier l'heure aux vitrines
des bijoutiers, aux annonces de la radio, à l'horloge parlante. On t'offre la
peur de la perdre, de te la faire voler, de la laisser tomber et de la casser.
On t'offre sa marque, et l'assurance que c'est une marque meilleure que les
autres, on t'offre la tentation de comparer ta montre aux autres montres. On ne
t'offre pas une montre, c'est toi le cadeau, c'est toi qu'on offre pour
l'anniversaire de la montre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Instructions pour remonter une montre&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Là-bas au fond il y a la mort, mais n'ayez pas peur. Tenez la montre d'une
main, prenez le remontoir entre deux doigts, tournez-le doucement. Alors
s'ouvre un nouveau sursis, les arbres déplient leurs feuilles, les voiliers
courent des régates, le temps comme un éventail s'emplit de lui-même et il en
jaillit l'air, les brises de la terre, l'ombre d'une femme, le parfum du
pain.&lt;br /&gt;
Que voulez-vous de plus? Attachez-la vite à votre poignet, laissez-la battre en
liberté, imitez-la avec ardeur. La peur rouille l'ancre, toute chose qui eût pu
s'accomplir et fut oubliée ronge les veines de la montre, gangrène le sang
glacé de ses rubis. Et là-bas dans le fond, il y a la mort si nous ne courons
pas et n'arrivons pas avant et ne comprenons pas que cela n'a plus
d'importance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.nepigo.net/post/2009/01/29/Preambule-aux-instructions-pour-remonter-une-montre#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://blog.nepigo.net/post/2009/01/29/Preambule-aux-instructions-pour-remonter-une-montre#comment-form</wfw:comment>
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      </item>
    
  <item>
    <title>L'Argent - Dette</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2008/10/07/L-Argent-est-une-Dette</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:ae15f6d69031eff77b520b943e846a4d</guid>
    <pubDate>Tue, 07 Oct 2008 19:43:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
        <category>films</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Le film suivant est utile pour comprendre la crise financière actuelle.
Pensiez-vous que la valeur de l'argent que vous possédez est basée sur des
réserves de métaux précieux ou de devises étrangères? Que la banque qui vous
fait un crédit ne vous prête que de l'argent qu'elle possède ou qu'on lui a
confié? Si oui, vous avez quelques trains de retard et ce film est pour
vous!&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;object data=&quot;http://video.google.com/googleplayer.swf?docid=2717439213901961611&amp;amp;hl=en&amp;amp;fs=true&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;400&quot; height=&quot;326&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://video.google.com/googleplayer.swf?docid=2717439213901961611&amp;amp;hl=en&amp;amp;fs=true&quot; /&gt;
&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Money as debt&amp;quot; est un film de l'artiste canadien Paul Grignon&lt;br /&gt;
http://www.paulgrignon.com/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NB : les allusions à une conspiration à la fin du film ne me convainquent pas :
je ne vois dans les évènements décrits que l'enchaînement aveugle des
circonstances et l'évolution en roue libre des mécanismes financiers. Elles
n'enlèvent cependant rien à la justesse des questions posées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NB2 : cette vidéo a soulevé un certain nombre de critiques parfois virulentes.
Au-delà de celle de &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.rue89.com/mon-oeil/2008/10/13/largent-dette-video-star-du-net-a-une-sale-petite-odeur&quot;&gt;
Pascal Riché dans Rue89&lt;/a&gt; qui n'a pas pu s'empêcher d'y voir un antisémitisme
larvé (il faudra un jour inventer l'équivalent du point godwin pour
l'antisémitisme ; pourquoi pas un &amp;quot;point philippe val&amp;quot; ?), la critique de
&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://jeanzin.fr/index.php?2008/11/02/155-l-argent-dette-un-monetarisme-de-plus&quot;&gt;
Jean Zin&lt;/a&gt; est intéressante en ce qu'elle démonte les aspects démagogiques du
film, insistant sur la nécessité de ne pas se satisfaire d'un seul facteur
explicatif (en l'occurence la monnaie) et de &amp;quot;considérer le système de
production dans son ensemble&amp;quot;. Il insiste par ailleurs sur une erreur manifeste
du film qui est de ne pas tenir compte de la destruction de dettes, autrement
dit le fait que les dettes sont remboursées par les capacités de production; et
le fait de considérer comme des choses équivalentes le prêt à intérêts et la
spéculation, ce qu'elles ne sont pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.nepigo.net/post/2008/10/07/L-Argent-est-une-Dette#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>BHL, Siné et l'indignation sélective</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2008/07/21/Sine-ou-l-indignation-selective</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:1422bdac7715877356e85dbe52bd9348</guid>
    <pubDate>Wed, 06 Aug 2008 19:09:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
            
    <description>    ----------------&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Mise à jour du 6 août 2008 :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le meilleur de l'histoire : ce n'est même pas Siné qui a écrit ces lignes mais
Christophe Ayad et Antoine Guiral, journalistes de Libération dans leur
&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.liberation.fr/actualite/monde/334081.FR.php&quot;&gt;article &lt;/a&gt; du
23 juin dernier &amp;quot;Sarkozy comme chez lui en Israël&amp;quot;. L'on y lit, information qui
a été démentie depuis :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Patrick Gaubert, président de la Licra et ami de Nicolas Sarkozy, assure
n’avoir jamais parlé de ces questions avec lui. &lt;em&gt;«Nous partions parfois en
vacances ensemble avec une bande de copains juifs à moi, mais ne parlions
jamais de religion.»&lt;/em&gt; &lt;strong&gt;Il remarque qu’aujourd’hui, le fils de
Nicolas Sarkozy, Jean, vient de se fiancer avec une juive, héritière des
fondateurs de Darty, et envisagerait de se convertir au judaïsme pour
l’épouser.&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;«Dans cette famille, on se souvient finalement
d’où l’on vient»,&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;strong&gt;s’amuse-t-il.&amp;quot;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La seule chose que Siné a ajouté est : &amp;quot;&lt;em&gt;il fera du chemin dans la vie, ce
petit!&lt;/em&gt;&amp;quot;. Ce n'est pas pour une telle ligne que l'on renvoie quelqu'un.
Tout ce tintamarre n'est peut-être que le fruit de la lâcheté d'un directeur
des ressources humaines qui a voulu garder le beau rôle en licenciant un
employé... En fait, accuser Siné d'antisémitisme était le moyen le plus
économique, moralement et financièrement, de le virer : pour faute grave,
puisqu'une opinion publiée, en France, peut être condamnée pénalement. Il
serait peut-être temps d'arrêter de jouer avec le feu : il est minable et
dangereux qu'une chose comme la mémoire de la Shoah puisse être utilisée à des
fins de gestion du personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----------------&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Article original)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques mots, très brefs et, pour une fois, à propos d'une polémique
médiatique, à la lecture de la tribune de Bernard-Henri Lévy (BHL) publiée par
&lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; d'aujourd'hui sur l'affaire du licenciement du caricaturiste
Siné par son journal, Charlie Hebdo, au motif qu'une chronique qu'il aurait
publiée avait un caractère &amp;quot;antisémite&amp;quot;.&lt;br /&gt;
Voici le passage de la chronique qui fait débat, tel qu'il a été publié par le
journal le 8 juillet dernier :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de
l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en
correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa
relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout : il vient
de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive,
et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit !
»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;En d'autres termes, Jean Sarkozy, fils du Président de la République
Française du moment, se déclare prêt à se convertir à la religion de la femme
qu'il aime et qui, ce qui permet de joindre l'utile à l'agréable, est
milliardaire. Il se trouve que cette dernière, en plus d'être l'héritière des
entreprises Darty, est de confession juive. Jean Sarkozy veut donc se convertir
au judaïsme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici maintenant comment BHL &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/07/21/de-quoi-sine-est-il-le-nom-par-bernard-henri-levy_1075542_3232.html#xtor=RSS-3208&quot;&gt;
présente&lt;/a&gt; l'affaire :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;&lt;em&gt;&lt;em&gt;Voilà un humoriste - Siné - qui donne à son journal une chronique où
il dit, en substance, que la conversion au judaïsme est, dans la France de
Sarkozy, un moyen de réussite sociale et qu'il préfère &amp;quot;une musulmane en
tchador&amp;quot;&lt;/em&gt; à &lt;em&gt;&amp;quot;une juive rasée&amp;quot;&lt;/em&gt; (sic).&lt;/em&gt;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Siné ne dit pas que &amp;quot;la conversion au judaïsme est [...] un moyen de réussite
sociale&amp;quot; mais qu'un homme, et pas n'importe lequel, est prêt à se convertir au
judaïsme pour épouser une milliardaire ! Pas que tous les milliardaires sont
juifs, ou que tous les juifs sont milliardaires ! C'est incroyable, quand même,
une telle myopie ! Notez le &amp;quot;&lt;em&gt;en substance&lt;/em&gt;&amp;quot; hautain qui permet de ne
pas citer le texte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une telle omission qui n'empêche pas monsieur BHL d'affirmer sans rougir que
&amp;quot;&lt;img src=&quot;http://blog.nepigo.net/post/2008/07/21/#&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;em&gt;Ce qui compte ce sont les mots&lt;/em&gt;&amp;quot;... Et d'enchaîner sur un
vaste panorama historique teinté de moralisme sur ce qu'il convient de dire, et
de ne plus dire, aujourd'hui, se payant même le luxe de terminer sur un
méprisant tutoiement au caricaturiste concerné - &amp;quot;&lt;em&gt;Allons, Siné. Tu as
encore le choix.&lt;/em&gt;&amp;quot; - pour lui enjoindre de choisir entre l'antisémitisme,
donc, et un humour qui soit &amp;quot;&lt;em&gt;l'aventure d'une liberté retrouvée et ajustée
aux libertés du jour - jeunesse à volonté, talent, modernité&lt;/em&gt;.&amp;quot; On croit
rêver : monsieur BHL, bientôt 60 ans, qui vient donner des leçons d'humour, de
jeunesse et de talent alors qu'il ne m'a jamais fait rire et que son œuvre
philosophique durera probablement bien moins longtemps que le souvenir de sa
chemise blanche entrouverte. Bref. Fin de la parenthèse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.nepigo.net/post/2008/07/21/Sine-ou-l-indignation-selective#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Acouphènes</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2008/07/24/Acouphenes</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:f12c2a244bcfe57f475803a80f3ed07f</guid>
    <pubDate>Thu, 24 Jul 2008 00:25:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
        <category>nucléaire</category><category>risque</category><category>tricastin</category><category>vidéo</category>    
    <description>    &lt;br /&gt;
On parle beaucoup, depuis quelques jours, de la centrale nucléaire du
Tricastin, en France, suite au déversement accidentel de plus de 75 kg
d'uranium dans un cours d'eau voisin de la centrale début juillet 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hier, à nouveau, un nouvel accident a eu lieu sur le site. On parle d'une
centaine de personnes &amp;quot;légèrement contaminées&amp;quot;. Alain Peckre, le directeur de
la centrale, explique qu' &amp;quot;&lt;em&gt;un tuyau à l'intérieur du bâtiment a été ouvert
dans le cadre des opérations de maintenance et de la poussière radioactive s'en
est échappée&lt;/em&gt;&amp;quot;. &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/07/23/nouvel-incident-au-tricastin-cent-personnes-legerement-contaminees_1076570_3244.html#ens_id=1067897&quot;&gt;
L'article&lt;/a&gt; du Monde du jour mentionne un risque &amp;quot;classé provisoirement au
niveau 0&amp;quot;, les commentaires de l'article sont partagés entre peur et
dénégations hautaines...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a quatre ans, en 2004, François-Xavier Drouet passait par là avec une
caméra. Il en avait tiré un court métrage remarquable, &lt;em&gt;Acouphènes&lt;/em&gt;.
Dans ce film de 17 minutes, le réalisateur incarne un jeune homme candide,
terrorisé depuis son enfance par l’idée d’un accident atomique. Pour apaiser
son angoisse, il se rend à Pierrelatte, près de la centrale...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Interrogeant avec humour le déni des habitants et la fabrique du consentement
par les autorités, le film, fable documentaire et vraie-fausse enquête aux
accents surréalistes, questionne l’adhésion à la société du risque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sélectionné dans une dizaine de festivals en France et à l’étranger, parmi
lesquels les États généraux du documentaire de Lussas, Entrevues à Belfort,
Visions du réel à Nyon, le Festival du film francophone de Namur ou encore
Cineambiente à Turin, &lt;em&gt;Acouphènes&lt;/em&gt; a reçu le prix Don Quichotte lors du
festival Doc en courts à Lyon en 2004.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;object data=&quot;http://video.google.com/googleplayer.swf?docid=7756713288169335191&amp;amp;hl=en&amp;amp;fs=true&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; height=&quot;326&quot; width=&quot;400&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://video.google.com/googleplayer.swf?docid=7756713288169335191&amp;amp;hl=en&amp;amp;fs=true&quot; /&gt;
&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diplômé en science politique et en anthropologie, François-Xavier Drouet est né
en France il y a 28 ans. Journaliste et réalisateur, il a suivi le master
« Réalisation documentaire de création » organisé à Lussas par
Ardèche Images et l’Université de Grenoble. Réalisé dans le cadre de cette
formation, &lt;em&gt;Acouphènes&lt;/em&gt; est son premier film.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Contact&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
François-Xavier Drouet&lt;br /&gt;
4 rue Jacques Flouvat&lt;br /&gt;
61 150 Ecouché&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Courriel : fxdrouet arobase yahoo.fr&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fiche technique&lt;br /&gt;
Auteur-réalisateur : François-Xavier Drouet&lt;br /&gt;
2004 - DVCAM – Mono- Couleur – 4\3- 17'10&lt;br /&gt;
Musique originale: Frédéric D. Oberland&lt;br /&gt;
Image : François-Xavier Drouet, Mathieu Petit –&lt;br /&gt;
Son : Collectif&lt;br /&gt;
Montage : FX Drouet</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.nepigo.net/post/2008/07/24/Acouphenes#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://blog.nepigo.net/post/2008/07/24/Acouphenes#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://blog.nepigo.net/feed/atom/comments/263025</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Cyborg Manifesto</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2008/07/11/Cyborg-Manifesto</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:d9223ed8d8f94222e074e2839139ec8b</guid>
    <pubDate>Fri, 11 Jul 2008 19:40:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
        <category>technique</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Le &amp;quot;Manifeste cyborg&amp;quot; est un texte génial de Donna Haraway paru aux
États-Unis en 1991 dont je viens de trouver une traduction en français! Loin
des alarmes technophobes dont je suis accoutumé, ce texte conçoit le cyborg, la
fusion homme-machine comme une possibilité de dépassement des anciens clivages
de genre et de pouvoir. Loin de considérer, comme Ellul a pu le faire, la
technique comme une entité autonome et excluante se développant en système, D.
Haraway postule que les machines ne sont qu'une excroissance de nous-mêmes et,
à ce titre, profondément et avant tout humaines.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;cyborg.gif, juil 2008&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.nepigo.net/public/cyborg.gif&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste un extrait pour vous mettre l'eau à la bouche :&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&amp;quot; Dans l’imagination occidentale, les monstres ont toujours
défini les limites de la communauté. Les Centaures et les Amazones de la Grèce
antique ont établi les limites de polis au centre du mâle grec humain en
interrompant le mariage et les pollutions de la frontière du guerrier avec
l’animalité et la femme. Les frères siamois et les hermaphrodites en France
fondèrent le discours sur le naturel et le surnaturel, le médical et le légal,
les prodiges et les maladies - tous importants pour établir une identité
moderne. Les sciences de l’évolution et du comportement des singes et des
gorilles ont marqué les multiples frontières des identités industrielles de
cette fin de siècle. Les monstres cyborgs dans la science-fiction féministe
définissent des possibilités politiques et des limites bien différentes de
celles proposées par la fiction banale de l’Homme et de la Femme.&lt;/p&gt;
Prendre au sérieux l’image des cyborgs et les considérer autrement que comme
nos ennemis a d’autres conséquences. Nos corps, nous-mêmes ; les corps
sont les cartes du pouvoir et de l’identité. Ces cyborgs ne sont pas des
exceptions. Un corps cyborg n’est pas innocent ; il n’est pas né dans le
jardin ; il ne cherche pas l’identité unitaire et donc ne génère pas des
dualismes antagonistes illimités (ou jusqu’à la fin du monde) ; pour lui,
l’ironie va de soi. Un est trop peu, et deux n’est qu’une possibilité. Le
plaisir intense dans la technique, la machine, cesse d’être un péché, mais il
devient un aspect de l’incarnation. La machine n’est pas ce qu’on doit animer,
vénérer et dominer. La machine est « nous », nos processus, un aspect
de notre incarnation. On peut être responsables de machines ; elles ne
nous dominent pas, elles ne nous menacent pas. Nous sommes responsables des
frontières, nous sommes elles.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le texte original anglais se trouve &lt;a hreflang=&quot;en&quot; href=&quot;http://www.stanford.edu/dept/HPS/Haraway/CyborgManifesto.html&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
et la traduction française, assurée par Multitudes, &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://multitudes.samizdat.net/spip.php?article800&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bonne lecture!&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.nepigo.net/post/2008/07/11/Cyborg-Manifesto#comment-form</comments>
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