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  <title>La technique et la peur - transports</title>
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  <description>Les innovations technologiques nous donnent un pouvoir d'intervention immense sur notre environnement et sur nous-mêmes. L'humanité est ainsi devenue une &quot;force géologique&quot;, capable d'influer sur des paramètres aussi énormes que l'évolution de la température de l'atmosphère terrestre ou la biodiversité planétaire. Notre nombre, couplé à la puissance de notre technologie, nous a permis d'accéder à cet état, pour le meilleur comme pour le pire. Pour le moment nous découvrons avec effarement que ce serait plutôt pour le pire; faut-il pour autant céder à la peur? La peur est un indicateur précieux du danger qu'il ne saurait être question d'éviter; aussi ce blog a-t-il pour vocation d'étudier ce danger et ses multiples implications. Mais la peur est aussi un état qui nous rend particulièrement sensibles à la manipulation et amoindrit nos capacités de jugement. Ce blog se propose donc, en plus de donner des connaissances susceptibles de mieux nous renseigner sur ce qui nous effraie, de remettre dans leur contexte les diverses tentatives de détournement de cette peur à des fins politiques.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Wed, 20 Aug 2008 14:21:05 +0200</pubDate>
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    <title>Transports à outrance</title>
    <link>http://blog.nepigo.net/post/2007/03/19/Transports-a-outrance</link>
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    <pubDate>Mon, 19 Mar 2007 20:34:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>W. Nepigo</dc:creator>
        <category>transports</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nécessité et le goût de se déplacer... Le phénomène, aussi vieux
que nous-mêmes, a pris avec la mondialisation une ampleur inégalée et
problématique aujourd’hui que la population des &lt;em&gt;homo sapiens&lt;/em&gt; dépasse
déjà les six milliards et demi de représentants.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Les transports sont l'ensemble des moyens utilisés pour l'acheminement des
personnes et/ou des marchandises. Quand on regarde une carte, on constate que
les concentrations humaines sont toujours à l'intersection de routes, que
celles-ci soient terrestres, maritimes ou fluviales. Ces routes sont des
infrastructures, et si l'on y ajoute les véhicules qui les parcourent alors
vous avez devant vous ce qu'on appelle un système de transport. Il en existe un
certain nombre, du plus rapide (aérien) au plus lent (maritime, marche à pied).
Historiquement, leur progression a eu un rôle majeur dans la transformation des
civilisations : l'une des explications pour expliquer la longévité de
l'Empire romain, par exemple, est la qualité des systèmes de transport que
celui-ci avait créé (voies romaines, ports) par rapport à ses voisins. De même,
les inventions de la boussole puis de l'astrolabe permirent aux navigateurs de
s'aventurer en haute mer et de découvrir l'Amérique, découverte qui permit la
prospérité de l'Europe. La Belgique fut grâce à sa position de carrefour la
première nation du continent européen à se lancer dans la Révolution
industrielle. Pour le commerce, les transports sont indispensables : il
n'y a pas de commerce possible sans eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation est ainsi avant tout un phénomène technique : la
baisse incessante des coûts des transports a permis, avec la baisse des
barrières douanières, l'émergence de ce qu'on pourrait appeler improprement un
marché globalisé. Improprement car ce marché n'est pas, ne sera jamais
parfaitement fluide (sauf éventuellement dans le cas des marchandises
immatérielles) : on ne peut déplacer instantanément un bien d'un point à
un autre, cela prend du temps et de l'argent. Mais de moins en moins :
aujourd'hui, ces coûts sont suffisamment peu élevés pour que ce soit
financièrement intéressant de produire un bien très loin de son point de vente.
Les grandes entreprises ont ainsi disséminé dans le monde entier leurs unités
de production en fonction des coûts locaux, et la majorité de leur fret se
compose de produits intermédiaires qu'elles envoient d'une unité de production
à l'autre avant de les vendre sur le marché mondial. Les exportations ont ainsi
cru globalement de 170% entre 1970 et 1997 (1), avec les conséquences que l'on
connaît : délocalisation d'usines, effondrement des industries lourdes de
Wallonie à cause de la concurrence internationale, apparition d'un chômage de
masse durable, mais aussi profusion de biens et services à bas coûts pour les
consommateurs belges et européens (vêtements, produits électro-ménagers,
articles de téléphonie et d'informatique, etc.). De temps en temps, une petite
marée noire nous rappelle que tout cela n'est pas sans influence sur
l'environnement, et l'environnement, c'est nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance des transports à l'horizon 2050 est estimée, selon les
scénarios, entre 100 et 350%, avec une progression moins forte des déplacements
locaux et longue distance mais plus forte sur les déplacements à moyenne
distance (entre 50 et 1000 km) (2). Les différents scénarios considérés
prennent en compte la raréfaction des énergies fossiles, le déclin ou non de
l'Europe et sont de toute façon à prendre avec la plus extrême précaution; les
chiffres qu'ils annoncent correspondent à une poursuite modérée de la
croissance, sans chamboulement majeur de nos habitude de vie et de
consommation. Une première bonne nouvelle selon nos amis prévisionnistes :
il n'y aura pas beaucoup plus de voitures particulières en circulation, le
nombre de voitures par Belge en âge de conduire étant déjà très élevé (voir
note 3). Par contre il y aura encore plus de camions. Pour remédier à
l'encombrement des routes, on pourra en construire de nouvelles mais,
apparemment, le plus efficace sera encore de ne plus laisser les gens conduire
eux-mêmes : bientôt, votre chère progéniture à quatre roues sera guidée
automatiquement sans que vous ayez quoi que ce soit à faire. Des tests
concluants ont déjà été menés sur autoroute aux USA : ça optimise
l'utilisation des infrastructures et c'est moins dangereux pour vous et pour
les autres. Le cycliste que je suis savoure cette petite victoire sur les héros
du volant, réduits à l'état de bétail inoffensif par l'évolution technologique
de leurs chères prothèses motorisées. Passons. Car hélas, à ce moment-là je
devrai sans doute porter un masque à gaz vu le niveau de pollution engendré par
cet accroissement du trafic. Pollution sonore, visuelle, chimique, probablement
bientôt électromagnétique... Les transports sont le facteur qui progresse le
plus vite parmi toutes les formes de pollution. Et c'est comme on l'a vu une
question de vie ou de mort pour le commerce (4) : sans transport, le
fatidique signe « = » de cette bizarre équation commerciale capable
de mettre sur un même niveau des populations entières et un puits de pétrole
n'existe plus. La question commerciale serait donc, in fine, une question
technique, et donc quelque chose de l'ordre de la maîtrise. Cela vaudrait
peut-être la peine de se demander exactement qui maîtrise qui. Je peux survivre
sans mon portable, quoique à Paris ça devient difficile. Mais le jour où mon
masque à gaz tombera en panne...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Slater R., ministre des transports des États-Unis, Les transports, clé
de la mondialisation, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Démarche prospective Transports 2050, Ministère des Transports, de
l’Équipement, du Tourisme et de la Mer. Conseil Général des Ponts et Chaussées,
mars 2006, France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) au 31 décembre 2006, le parc automobile belge comptait 5.960.883
véhicules (http://www.febiac.be/public/statistics.aspx?FID=18&amp;amp;lang=FR) pour
une population de 10.511.382
(http://www.statbel.fgov.be/figures/d21_fr.asp)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) Tout le monde s'accorde à reconnaître la nécessité d'opérer un
« découplage » entre croissance économique et croissance des
transports, mais les seules stratégies retenues pour le moment ne reposent que
sur la diversification et le recours aux systèmes alternatifs à la route, en
aucun cas une remise en cause de la croissance des transports elle-même.
Voir : Etude prospective de la DATAR La France en Europe : quelle
ambition pour la politique des transports?, 2003, ainsi que le Livre Blanc La
politique européenne des transports à l’horizon 2010 : l’heure des choix,
Commission Européenne, 2006.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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