En ce début d’après-midi, il fait beau. Devant ma fenêtre, un vent léger agite les branches d’un saule. Je suis tranquillement assis dans un bureau donnant dans une rue près de la place du marché, à Liège ; autour de moi, les pièces sont silencieuses, je suis seul dans les bureaux, les bruits du dehors me parviennent mais un peu étouffés. J’aime beaucoup ce calme d’après le repas de midi, ce pas de côté dans la journée. Je parcours les dernières informations sur mon écran, mais c’est plus pour m’occuper le regard qu’autre chose. Au menu : des politiciens qui s’agitent – c’est temps d’élections –, des morts au Moyen-Orient, des marchands qui vendent, des journalistes qui donnent leur opinion sur tout et appliquent à leur culture personnelle le traitement dit «de la confiture» ; «il faut que tout change pour que rien ne change», a-t-on écrit, il semble que pour aujourd’hui l’immobilité brute suffira. Je m’assoupis quelques instants.
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