La technique et la peur

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lundi 13 février 2012

débats à l'Assemblée nationale, 7 février 2012

Extrait du compte rendu de la séance de l'Assemblée Nationale française du 7 février, et particulièrement la déclaration du député de Martinique Serge Letchimy attaquant les déclarations de Claude Guéant, ministre de l'intérieur français, lors d'une réunion quelques jours auparavant devant un syndicat étudiant soutenant son parti, l'UNI (la photo ci-dessous est tirée de l'album de la section vendéenne dudit syndicat).

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samedi 29 janvier 2011

Between friends

Bitterly funny short clip made by the German NGO WEED about the financial crisis, and the role of financial lobby groups in shaping policy.



samedi 30 octobre 2010

Copier-cloner : quand la ferme s'informatise...

Produit en 2009, "Copier Cloner" est un film d'animation expliquant de façon drôle et pourtant juste les dangers du modèle industriel de production agricole. Une belle réussite, signée Louis Rigaud, un jeune artiste parisien.


mercredi 1 septembre 2010

H20 et les eaux de l'oubli

Texte d'une conférence prononcée par Ivan Illich à Dallas, aux Etats-Unis, en 1984. L'auteur revient sur l'histoire de notre rapport à l'eau, sa place dans nos rêves, les fonctions dont nous l'investissons et qui donnent des indications puissantes sur l'évolution de notre rapport à la vie et à la mort... Traduction française tirée du site Planètebleue.info.

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jeudi 1 juillet 2010

Quelques réflexions sur le renvoi du général McChrystal

L'article de Rolling Stone qui a précipité le renvoi de McChystal est un solide travail d'enquête : le journaliste a eu la chance d'être à Paris en même temps que McChrystal et son équipe pendant qu'ils y étaient coincés par l'éruption du volcan islandais en Avril dernier, et a donc pu vivre avec eux presque tout un mois. Il a fait de cette expérience un portrait fouillé, complexe... humain, simplement, de l'homme et de son entourage.

Mais cet homme et cet entourage sont aux commandes de la guerre la plus longue et probablement la plus coûteuse de l'histoire des États-Unis; il n'est donc pas pensable qu'ils n'aient pas posé de conditions à ce que le journaliste pouvait citer de leurs conversations, ne serait-ce que pour des questions de secret militaire. Cela pose la question de la confiance entre le journaliste et ceux qu'il interroge. Il me paraît impossible que le journaliste n'ait pas ici trahi la confiance de ses interlocuteurs compte tenu du ton de l'article (légèrement ironique, le type cultivé qui prend un malin plaisir à caser les plus beaux exemples d'humour viril-gras de ses interlocuteurs) et des citations : jamais un militaire haut gradé ne critiquerait un gouvernement étranger et Obama publiquement, et encore moins quelqu'un qui a dirigé la branche opérationnelle des services secrets américains juste avant!

Des journalistes professionnels m'ont dit que comme journaliste on pouvait se permettre deux ou trois incartades de ce type mais qu'après plus personne ne voulais vous parler: fin de la carrière de journaliste... En tout cas en France. Cela représente assez bien le fonctionnement de l'accès à l'information : je viens de lire (par Rue89) une magnifique description de l'exercice journalistique comme d'une "séduction-trahison", je trouve cela vraiment bien vu. D'autant que le jeu fonctionne dans les deux sens : l'interviewé cherche aussi à séduire le journaliste pour obtenir le meilleur compte rendu possible de l'entretien - lui aussi attend donc du journaliste qu'il trahisse.

Un argumentaire qui revient en faveur du journaliste est celui d'une nécessaire transparence. Je suis très partagé sur cette notion. La transparence est essentiellement un fantasme, à mon avis, et un fantasme dangereux en ce qu'il rêve de "déplier" le réel (je pense bien que la première occurrence du mot dans les politiques publiques a eu lieu dans le champ des banques centrales, il faudrait vérifier). Mais la transparence des individus, il faudrait plutôt dire leur lisibilité, est aussi une réalité en pleine croissance. Les technologies de l'information et de la communication "déplient" le réel qu'on le veuille ou non. http://blog.nepigo.net/post/2007/08/17/e-homo-%3A-encore-une-race-superi...

L'enjeu démocratique de ce développement est que cette transparence soit dirigée dans la direction de ceux exercent le pouvoir plutôt que vers ceux qui le subissent. En ce sens, la "trahison" de Hastings (le journaliste qui a écrit le reportage) se justifie.

Il reste que j'ai toujours du mal à voir un type devoir démissionner sur pression de l'opinion publique parce qu'un de ses subordonnés a fait des remarques désobligeantes devant un journaliste, ou qu'il se permet des jugements personnels sur son supérieur hiérarchique. Je trouve attristant que le renvoi de ce général (dont, je dois le dire quand même, le cynisme stratégique me répugne) soit advenu pour cette raison. Parce qu'une volonté de transparence totale mène aussi au risque que la politique devienne un monde où être un bon acteur totalement paranoïaque devient bien plus important pour survivre qu'être compétent et imaginatif. Quoi, c'est déjà le cas?... ;-)

jeudi 1 avril 2010

Morale à aimants

Un article du MIT fait état d'une expérience troublante. Une équipe de chercheurs de cette institution de recherche, dirigée par Rebecca Saxe, serait parvenue à agir sur les jugements moraux des participants d'une expérience dans le cadre d'une recherche sur le rôle d'une partie spécifique du cerveau dans le jugement moral.

En perturbant le fonctionnement d'une zone précise de l'hémisphère droit du cerveau, appelée carrefour temporo-pariétal, au moyen d'un champ magnétique localisé, les chercheurs sont parvenus à faire en sorte que les sujets de leur expérience soient plus susceptibles de juger moralement acceptable des tentatives avortées d'actes malveillants. Les participants devaient noter de tels scénarios sur une échelle de 1 à 7, de "complètement interdit" à "complètement permis", et ont mis en moyenne une note plus haute quand ils étaient soumis à l'action de ce champ magnétique.

"Les jugements moraux des gens ne sont pas inversés", explique Saxe, "seulement orientés".

Il faut se garder un peu des équivalences: ce que mesure cette expérience n'est pas "les jugements moraux des gens" mais l'appréciation morale par des gens différents de scénarios écrits ; un jugement se fait avec bien plus, ou parfois bien moins, que le cerveau. De plus un effet aussi net semble n'avoir été observé que pour des jugements sur des tentatives de malveillance.

C'est déjà beaucoup.




PS: l'article date du 30 mars, donc a priori immunisé contre les poissons d'avril....
PS2: l'image est tirée de l'article original, si cela pose problème merci de me contacter et je la retire.
PS3: un article décrivant l'expérience dans le détail a été publié dans la revue PNAS. Le résumé est lisible gratuitement.

mercredi 31 mars 2010

The Incredible String Band - The Half-Remarkable Question

Duo of hippies in 1968 improvising Indianish melodies... and doing very well :-) The presenter is very innocent, the two guys are handsome - although the blond one is almost a living caricature of Jesus Christ... the film in itself is very sweet, evoking times of plentifulness and insouciance... happy times.






(thanks to "The Always Blue Society" people for their excellent blog!)

jeudi 11 mars 2010

Mauvais Vert

Dans un article paru dans The Nation ("The Wrong Kind of Green"), un hebdomadaire de gauche américain, le journaliste anglais Johann Hari décrit comment certaines des plus puissantes associations écologistes états-uniennes en sont venues à défendre concrètement des positions contredisant l'objet même de leur existence. L'habitude qu'elles ont prise, au fil des années, d'accepter des contributions financières des grandes entreprises, particulièrement des plus polluantes qui ont tout intérêt à s'acheter une image, les a conduit à défendre des objectifs compatibles avec ceux de leurs généreux donateurs. Or ces objectifs sont insuffisants, et certains sont tout à tout fait dangereux - quand par exemple des ONG se mettent à se vendre de la certification dans le marché des compensations carbone que l'on veut construire (celui-ci, il faut le dire et le répéter, ne fonctionne pas et ne peut pas fonctionner car ce qui s'y vend est impossible à mesurer, quand il existe). Ou, ce qui est très détaillé ici, qu'elles défendent à Copenhague des objectifs de réduction des émissions de CO2 largement en-dessous de ce que la majorité scientifique du moment considère comme des seuils minimum (le fameux 350 ppm par exemple). À cette critique s'ajoute une autre : elles définissent leurs objectifs politiques en fonction de ce qui est audible sans trop d'effort par les gouvernements, et cela finit par leur faire faire du politiquement correct, du "réalisme" qui n'a de réalité que dans le monde de la politique (comme le dit J. Hari, allez expliquer à la mer qui monte qu'il faut attendre les prochaines élections...).

La mise en cause était violente et elle a suscité des réactions qui ne le sont pas moins ; dans un échange publié par le journal, certaines des associations incriminées ont répondu (National Wildlife Federation, Natural Resources Defense Council, Sierra Club, The Nature Conservancy), un directeur de Greenpeace s'en est mêlé (avec à-propos) ainsi que le fondateur de 350.org, qui avait lancé un mouvement planétaire un peu avant Copenhague. L'échange se termine sur une réponse détaillée et rageuse de Hari, qui convainc largement. Par ailleurs, certaines lettres envoyées au journal sont également excellentes (sur les compensations carbone ou "offsets", la professionnalisation des mouvements politiques...)

L'article de Johann Hari a au minimum le mérite d'avoir précipité un débat ouvert et public entre des ONG de premier plan sur leur rapport aux entreprises, mais il est plus que cela, c'est un beau et nécessaire pavé dans la mare de la part d'un grand journaliste qui gagne à être lu. Merci à lui.


mardi 26 janvier 2010

Growth isn't possible

Here is a simple, efficient and straightforward cartoon to illustrate the latest report by the New Economics Foundation, "Growth isn't possible". It is an exploration of the intuitive, and simple too, idea that infinite exponential growth in a finite environment is just not possible, as exemplify the two quotes introducing the report:

"If you spend your time thinking that the most important objective of public policy is to get growth up from 1.9 per cent to 2 per cent and even better 2.1 per cent we’re pursuing a sort of false god there. We’re pursuing it first of all because if we accept that, we will do things to the climate that will be harmful, but also because all the evidence shows that beyond the sort of standard of living which Britain has now achieved, extra growth does not automatically translate into human welfare and happiness."

Lord Adair Turner, Chair of the UK Financial Services Authority "


"Anyone who believes exponential growth can go on forever in a finite world is either a madman or an economist."

Kenneth E. Boulding, Economist and co-founder of General Systems Theory





Of course, although simple, this idea supposes an ability to project oneself at a global level and think about humanity and solidarity in abstract terms. But day-to-day reality is also made of keeping up with the Jones, so what if the Jones buy this new car, house, land? It's silly to say but this simple example also shows there won't be any change possible without a spiritual and cultural change, in other words a change that goes beyond political and planning abilities... Or?

dimanche 6 décembre 2009

"Augmented reality", or robotification of the human body?

A new IT device acting both as a spare pieces detector and an eye-to-computer interface is now being developed by Daimler, one of the giants of the German automobile industry. They call the concept "augmented reality". Such a device is born out of managers' will to reduce errors due to the "human factor", the usual control freakism. Only one "reassuring" fact: the more workers will be turned into robots, the more real robots will be likely to replace them as some point.


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